Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

On est mardi. D'habitude, c'est le moment de la semaine où je me dis « tiens, ça fait trois jours que je fais autre chose, je pourrais commencer à me poser la question de ce que je mets dans le prochain #vulgadredi… »

Là non seulement le thread du vendredi qui vient est rédigé (il reste encore à trouver les illustrations et écrire leurs alts), mais j'ai déjà l'intro de celui de la semaine prochaine.

Ç't'à dire qu'à un moment, j'aime bien faire ça, mais j'aimerais bien faire d'autres choses, aussi, y aurait pas moyen de pas laisser mon cerveau bloqué là-dessus ? 🤔

Mettons que vous allez voir le stand d'un fournisseur d'accès à Internet associatif comme @Illyse lors d'un évènement comme les @jdll.

Vous aimeriez y voir quoi ? À part les services que peut fournir le FAI lui même.
En terme d'éducation populaire, y'a des connaissances / compétences que aimeriez y trouver ?
Par exemple, il pourrait y avoir de quoi essayer de souder de la fibre optique. Mais peut-être aussi d'autres choses ?

: 2ème au premier tour.
Bah dit donc, le poulain des médias qui devait encore des semaines avant écraser la gauche, il a bien reculé !

Vous savez, c'est son anniversaire dimanche prochain, rendons son anniversaire mémorable

@Khrys C'est bien là, mais les résultats y arrivent quand ils ont été validés manuellement après comptage dans tous les bureaux de vote concernés, donc ça prend du temps (sur mon département il y a 4 communes où c'est prêt actuellement).

@paul_denton En même temps, vu que les listes d'opposition ont des sièges, « entrer dans une centaine de conseils municipaux », ça fait très… peu, non ?

@Sobex @gbetous @michaelzemmour Notre façon de dépouiller actuelle, effectivement la plus robuste contre la fraude parmi les possibilités actuelles, est parfaitement compatible avec un vote par approbation, qui est, selon mes critères à moi en tout cas, le système de vote présentant les meilleures priorités :

– Suffisamment simple pour que tout le monde puisse comprendre comment ça marche et revérifier les résultats sans avoir besoin d'un bagage mathématique ou informatique particulier,
– Permet au vote d'avoir une dimension stratégique (j'ajouterais : qui soit davantage qu'un pari hasardeux) sans pour autant empêcher d'exprimer son vote de préférence dans le même temps,
– L'absence de classement par préférences, qui peut être vue comme une limite, évite quand même pas mal des effets de bord gênants de la multiplicité des candidatures proches,
– Et surtout, c'est une méthode de vote qui vise la recherche d'un consensus, ou si pas possible du compromis le plus acceptable, plutôt que d'essayer de respecter ce foutu principe de Condorcet qui est anti-démocratique.

Du coup, sur mon bureau de vote : 483 personnes ont voté (soit ≃55% de participation), une vingtaine de votes blancs et nuls (dont la moitié juste à ma table alors qu'il y en avait trois).

À priori on n'aura pas de second tour, mais la liste LFI ne fait que ≃35 voix contre ≃65 pour la liste très très à droite, ce qui est quand même assez gênant quand de mémoire, les deux listes concurrente étaient à peu près ex-æquo autour de 10% les dernières fois, alors que la liste de droite était moins à droite.

@PrincessConnasse Ça ne s'appelle pas plutôt une raclettine ?

(Je sors, loin.)

Sinon, le vrai truc qui change, c'est qu'aucune des têtes de liste n'a son nom de famille qui commence par la lettre B, alors que ça a été le cas de tous les maires élus depuis que je suis mioche.

On va dire qu'on va progresser dans l'alphabet, à défaut de progresser sur le reste.

On note que la liste conquérante met comme entête qu'elle veut que notre ville soit « sûre, fière et libre ». C'est marrant, ce sont précisément trois trucs dont on peut avoir la certitude qu'on va les perdre si on leur donne le pouvoir.

Par contre à moins que je n'aie loupé quelque chose, c'est la seule qui porte une mention « ne pas jeter sur la voie publique ». C'est vrai que c'est celle que tu as le moins envie de garder en main, mais une poubelle est en effet plus adaptée.

Bon, je viens de jeter quand même un œil par acquis de conscience à l'enveloppe reçue pour demain.

Lors de la dernière élection, sauf erreur de ma part, il y avait une liste PS, une liste PC et une liste de droite (me semble-t-il LR, mais bon, curieusement, ç'pas celle à laquelle j'ai prêté le plus d'attention). Là il y a une liste PS/PC/EELV/Place Publique, une liste LFI, et une liste sur laquelle aucun parti n'est mentionné mais qui est imprimée en bleu foncé et avec l'adjectif « conquérant » qui revient un bon paquet de fois.

Ça a l'air cohérent avec l'évolution du paysage politique national depuis la dernière élection municipale.

@mf Effectivement ^^" Je me relis, mais il reste toujours des fautes de frappe. D'habitude j'évite de corriger celles que je repère sur les messages qui ont été likés/partagés pour éviter de spammer les gens de notifs, mais vu que celle-ci est signalée explicitement et que ça peut gêner pour la lecture, je viens de corriger :-)

(Et pas la peine de supprimer ton message, t'en fais pas ^^)

Beh la route était un peu longue. Ça aurait été mieux sans l'heure et demie de retard, et sans doute aussi si les autres passagers n'avaient pas discuté d'astrologie et de pouvoir des pierres une bonne partie du trajet. Enfin, je suis arrivé, c'est le principal.

16/16 La recherche scientifique prend parfois des allures d'enquête policière. D'ailleurs, Agatha Christie concluait son très chouette Une poignée de seigle en comparant l'impression de succès ressentie par Miss Marple après avoir identifié le coupable à celle d'un paléontologue parvenu à reconstituer le squelette d'un animal disparu à partir d'un morceau de mâchoire et de quelques dents.

Allez, il faut que je file pour ce soir, mais j'espère voir plein de retours et de partages demain ! :-) Et la semaine prochaine, on conclura notre petite balade dans le temps en retournant à l'eau pour parler de quelques bestioles qu'on peut ou qu'on a pu rencontrer là-dessous.
Vue d'artiste (trouvée sur Wikimédia Commons) d'un spinosaure datée de 2020, donc avec une représentation plutôt proche de ce que l'on imagine actuellement, qui peut donc représenter une réponse à l'image du premier pouet de ce thread. On voit l'animal en train de nager sous l'eau, avec des formes et couleurs qui évoquent celles d'un crocodile moderne, une queue ressemblant à celle d'un agame voilier (une variété actuelle d'iguanes) et une voile dorsale qui évoque peut-être celle d'un dimétrodon, un autre animal disparu dont on avait parlé il y a quelques threads.

15/16 Si nous avons fait pas mal de progrès par rapport à Cuvier et à ses collègues, c'est aussi parce que nous disposons d'instruments beaucoup plus perfectionnés, autant pour étudier les fossiles (avec des spectromètres, notamment) que pour tester nos hypothèses par des simulations informatiques.

D'ailleurs, si vous voulez en apprendre un peu plus sans vous plonger dans un ouvrage trop spécialisé, le dernier chapitre de l'excellent livre de (Jean-)Sébastien Steyer intitulé La Terre avant les dinosaures, que je vous avais déjà conseillé, donne quelques informations assez utiles à ce sujet. Donc voilà, encore un #VendrediLecture pour vous.
Photo, trouvée sur Wikipédia, d'un spectromètre de masse, globalement une grosse machine avec des boutons et des voyants lumineux. Je ne rentre pas dans le détail de pourquoi et comment on utilise ce genre d'appareils dans l'étude des fossiles, d'autant que je ne maîtrise pas spécialement cette partie-là, mais si ça vous intéresse, le documentaire dont je viens de parler, Espèces d'espèces, contient une séquence qui parle un peu de l'usage d'un synchrotron pour l'analyse de certains fossiles (pour le coup, celle-ci a été gardée dans la version courte, ce qui me paraît beaucoup moins pertinent que celle sur les taupes, mais bon). En ce qui me concerne, je trouve juste très amusant qu'on utilise un instrument dont le nom parle de mesure de « spectres » pour l'étude des formes de vies du passé, même si c'est le sens du mot qui n'a rien à voir avec les fantômes.

14/16 Des détails anatomiques, mêmes incomplets, peuvent déjà pas mal renseigner sur le mode de vie de l'animal, notamment sur son régime alimentaire. On peut ensuite comparer aux formes de vie actuelles occupant des niches écologiques proches, donc soumises à des pressions sélectives assez semblables, qui peuvent donner des indices sur leur aspect et leur comportement.

Bien sûr, c'est d'autant plus délicat qu'un fossile diffère des formes de vies actuelles. Dans le thread sur le gigantisme, par exemple, j'ai mentionné la difficulté à estimer les tailles réelles des plus gros ptérosaures, les animaux volants actuels ayant une morphologie globale assez différente (en plus d'être beaucoup plus petits).

D'ailleurs, si vous avez manqué le thread sur le gigantisme, il est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B3kqO4JxCCSj8iul4C

13/16 La convergence évolutive laisse toutefois souvent quelques différences. Ainsi, notre taupe commune creuse la terre en la dégageant sur les côtés, avec un mouvement horizontal des bras. La taupe marsupiale, pour parvenir au même résultat, bouge ses bras de façon verticale, comme des pioches. De même, le faux pouce des pandas est assez différent de notre pouce opposable, bien qu'ayant un rôle proche.

Voilà donc le type de connaissances que les paléontologues peuvent mobiliser pour tenter de reconstruire la forme d'un animal à partir d'un fossile : tout d'abord, identifier les structures caractéristiques (squelette osseux, nombre de doigts…) permet de rapprocher plus ou moins le fossile d'un groupe d'espèces déjà connu.
Autre capture d'écran du même documentaire, quelques secondes plus tard, où l'on voit une image aux rayons X d'une taupe commune en train de creuser la terre avec son mouvement latéral. Un autre chercheur, qui n'apparaît pas ici, nous explique ensuite (gestes à l'appui) la différence entre les façons de creuser de ces deux taupes. Je précise que ces images proviennent d'une séquence qui a malheureusement été coupée dans la version courte, donc bon, si vous pouvez, voyez plutôt la version longue.

12/16 Un autre bon exemple peut être celui de la taupe commune européenne et de la taupe marsupiale d'Australie. Ces deux animaux vivent en creusant dans un terrain meuble : leur corps s'est donc adapté, avec des mains puissantes pour dégager la terre, une forme plus adaptée à la glisse qu'à la marche, et des yeux réduits, car peu utiles (les animaux ayant une bonne vue ont besoin d'y consacrer pas mal de ressources).

S'ils sont extérieurement très semblables, leur morphologie interne raconte une histoire différente : les taupes communes (du genre Talpa) sont assez proches de nos hérissons, tandis que les taupes australiennes (du genre Notoryctes) sont plus apparentées aux kangourous, ce qui se voit notamment dans leur mode de reproduction (comme tous les marsupiaux, elles gardent un certain temps leurs petits dans une poche spécialisée).
Capture d'écran du documentaire Espèces d'espèces, dont je vous avais déjà parlé et que je vous recommande toujours, et dans lequel j'ai trouvé cet exemple, où l'on voit un homme (il s'agit en l'occurrence de Guillaume Lecointre, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, mais on ne voit pas son visage sur ce plan) tenir dans ses mains deux spécimens taxidermisés de taupes, une de chacun des deux genres sus-mentionnés, pour nous parler de leur convergence évolutive. Effectivement, à part la couleur du pelage (la taupe australienne est assez claire, l'européenne plutôt sombre), les deux sont visuellement très ressemblantes.

11/16 Un bon exemple de ça peut être celui des pandas. Ce mot désigne en effet deux espèces assez différentes : les pandas géant, dont on vient de parler, mais aussi les pandas roux. Ces derniers ne sont pas des ours (ils sont plus proches des mustélidés), mais ils vivent dans les mêmes régions riches en bambous, et les deux ont développé le même trait particulier : une extension de l'os du poignet qui leur permet de saisir les branches.

Cette extension particulière leur fait une sorte de sixième doigt, et, puisqu'elle joue un rôle analogue à celui du pouce opposable chez les primates, on l'a baptisée « faux pouce ». Ce détail anatomique a d'ailleurs servi de titre à un ouvrage de Stephen Jay Gould, « Le Pouce du Panda », je vous pose ça là au cas où pour le #VendrediLecture.
Photo d'un panda roux, ou petit panda (Wikipédia, où j'ai trouvé l'image, m'apprend qu'on les appelle aussi « ailures »… même si à la base, c'est pour eux que le nom de « panda » a été inventé, les pandas géants l'ayant récupéré ensuite, à une époque où on les pensait un peu plus apparentés qu'ils ne le sont réellement). Comme le panda géant de tout à l'heure, on voit ce panda roux manger une feuille de bambou qu'il tient dans sa main, ce qui illustre la convergence évolutive entre les deux espèces.

10/16 Pourquoi des organes prennent-ils des formes similaires alors qu'ils ne sont pas forcément très apparentés ? Parce que leurs porteurs vivent dans des environnements qui se ressemblent, et qui vont donc leur imposer des contraintes plus ou moins identiques. C'est ce que l'on appelle la « convergence évolutive ».

Si les mutations se produisent au hasard, le mécanisme de sélection naturelle va favoriser celles de ces mutations qui présentent un avantage dans un environnement donné. La même pression de sélection va donc favoriser des mutations aux effets proches, ce qui peut entraîner une certaine ressemblance même si les espèces concernées sont plutôt éloignées l'une de l'autre.
Je parle ici surtout des animaux, mais une bonne partie est valable aussi pour les plantes (et tout le reste du vivant). Ici, une juxtaposition de photos (trouvées sur la page Wikipédia anglophone dédiée à l'analogie et à la convergence évolutive) d'une euphorbe et d'un cactus (astrophytum), deux plantes adaptées pour vivre dans le désert et qui ont pris une forme assez similaire (ici globalement celle d'un cactus en boule).

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