Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

16/16 Si nous pouvions, sur Terre, assister à ce moment à une éclipse de Lune, ce robot situé sur notre satellite a donc de son côté vu ce qui s'apparentait plutôt à une éclipse de Soleil, mais une éclipse un peu spéciale, puisque dans des conditions ne correspondant pas à celles qu'on a ici sur Terre.

On parlera bien sûr plus en détails des conditions en question dans le thread sur les éclipses solaires la semaine prochaine, et bien sûr, si vous vous trouvez du côté de Lannion ou Perros-Guirec cet été, n'hésitez pas à venir voir la séance sur les éclipses au planétarium, elle est chouette :-) Et merci par avance pour vos likes et partages de ce thread.
Puisqu'on a ouvert le thread par le « coucher de Terre » d'Artémis Ⅱ, voici le « lever de Terre » pris par William Anders au cours d'Apollo 8. On voit la surface lunaire en bas de l'image, dont l'horizon est nettement moins courbe, à cause de la perspective, car Apollo 8 volait beaucoup plus près de la Lune que ne l'a fait Artémis Ⅱ. La Terre est plus haut sur l'image, et semble plus petite vue sous cette angle ; son ombre est toujours vers le bas mais notre planète est maintenant légèrement gibbeuse plutôt qu'en croissant.

15/16 Ce qui donne d'ailleurs un spectacle assez magnifique également depuis notre Lune, puisque c'est, dans ce cas, tout le paysage qui devient rouge, et la Terre, astre fixe dans le ciel sélénite, est alors toute entourée d'un halo rougeâtre, correspondant à notre atmosphère.

Aucun être humain n'a directement pu observer un tel spectacle, aucune des six missions habitées s'étant posées sur la Lune jusque là n'ayant eu lieu au moment d'une éclipse. Des robots, en revanche, ont pu le voir et le photographier, au cours de la relativement récente mission Blue Ghost M1.

Mon collègue David nous a d'ailleurs aussi déniché ce lien : https://www.flickr.com/photos/fireflyspace/albums/72177720313239766/with/54395222624

14/16 Les zones de la Terre qui sont situées au tout début de la partie nuit, juste après le coucher du Soleil, où à sa toute fin, juste avant son lever (donc juste à côté de ce qu'on appelle le terminateur, la limite entre le jour et la nuit) continuent donc de recevoir un peu de cette lumière déviée par l'atmosphère.

Et comme, dans la position d'une éclipse de Lune, le terminateur correspond pile aux limites de la partie visible de la Terre, une partie de cette lumière, aussi déviée vers l'espace, atteint donc notre Lune. Pendant une éclipse, la Lune est rouge, parce qu'elle n'est plus éclairée que par la lumière des levers et couchers de Soleils.
Succession d'images prises lors de l'éclipse du 31 janvier 2018 et trouvée sur Wikimédia Commons, constituée d'un carré de quatre images par quatre. Sur les deux premières lignes, on voit la Pleine Lune entièrement éclairée, puis l'ombre de la Terre qui avance progressivement à sa surface. Sur la troisième ligne, on voit une dernière image prise avec le même réglage d'exposition, où il ne reste plus qu'une toute petite partie de Lune éclairée, puis les images suivantes sont prises avec une plus grande exposition : la même zone que sur l'image précédente semble maintenant beaucoup plus éclairée, et un éclairage résiduel apparaît sur la partie qui est dans l'ombre. La partie éclairée diminue ensuite sur la ligne et demi qui reste, pour ne plus voir que la Lune totalement éclipsée. La lumière que reçoit la Lune de nos couchers et levers de Soleil est en effet beaucoup plus faible que celle reçue directement du Soleil, d'où le fait que la lune soit beaucoup plus sombre lorsqu'elle est rouge.

13/16 Et vous savez sans doute très bien que, lorsque le Soleil est au niveau de l'horizon, l'angle d'arrivée des rayons et la quantité plus importante d'atmosphère à traverser changent la couleur du ciel, qu'on voit alors prendre des teintes jaunes et surtout rouges.

Or, la diffusion de la lumière solaire par l'atmosphère se fait dans tous les sens. C'est d'ailleurs pour ça que, entre le moment où le Soleil se couche et celui où le fond de ciel ne reflète plus aucune lumière, ce qu'on appelle la nuit noire, il s'écoule un certain temps, au cours duquel on ne voit pas toutes les étoiles.
Combinaison de quatre captures d'écran de Stellarium montrant le ciel de la nuit prochaine, pour comparer la luminosité du fond de ciel. Toutes ont été prises en direction de l'est, donc du côté opposé au coucher du Soleil. L'image en haut à gauche est prise à 23h00, où le fond de ciel est encore en partie lumineux, bien que notre étoile soit déjà couchée, tandis que celle en haut à droite est prise à 0h30, où la nuit noire a commencé et où plus aucune lumière ne nous provient du Soleil : le fond de ciel est beaucoup plus sombre, permettant de mieux voir les étoiles. En bas, on voit les mêmes comparaisons, mais cette fois en demandant à Stellarium de retirer l'atmosphère : on voit un peu plus d'étoiles dans les deux cas, mais il n'y a plus de différence de luminosité sur le ciel lui-même. Tiens, et tant qu'on compare, on peut aussi en profiter pour remarquer que, en tout cas à Lannion où je me trouve pour écrire ces lignes, Saturne sera tout juste levée à minuit et demie, encore bas sur l'horizon, tandis qu'en une heure et demie, la Lune se sera déjà décalée par rapport aux étoiles (ainsi qu'au nom affiché de la constellation du verseau où elle se trouve en ce moment).

12/16 Sauf que, quand la Terre s'interpose entre la Lune et le Soleil, c'est précisément que la partie de la Terre que le Soleil éclaire tourne le dos à la Lune, et que la partie de la Terre tournée vers la Lune n'a rien à refléter. On est, en quelque sorte, en phase de « nouvelle Terre » vue depuis notre Lune.

Mais notre Terre possède quelque chose de très pratique pour nous et qui joue aussi dans ce cas : une atmosphère, capable de diffuser la lumière solaire. Elle le fait même tellement bien que, dans notre journée, le ciel est tout bleu et tellement lumineux qu'il nous empêche de voir les étoiles.
Photo de l'atmosphère de la Terre, prise depuis la station spatiale internationale et trouvée sur Wikimédia Commons. L'image est prise au niveau du terminateur, et la partie basse est noire car totalement dans l'ombre (la partie du haut est noire aussi, mais ça, c'est l'espace). Dans le lointain, on voit l'atmosphère au dessus de la partie éclairée de la Terre, qui est bleu-blanc et fait as mal de lumière, mais à la limite de l'ombre, on peu voir une partie du ciel colorée de rouge et de jaune, et nous envoie aussi pas mal de lumière, même si très nettement moins que l'autre. C'est celle lumière-là qui donne sa couleur à la Lune pendant les éclipses.

11/16 Mais donc, d'où vient ce phénomène ? Comme on l'a vu la semaine dernière, l'éclipse se produit lorsque la Lune passe dans l'ombre de la Terre, c'est-à-dire que la Terre s'interpose entre elle et le Soleil, et masque donc sa lumière. La Lune n'est donc plus éclairée directement…

…mais elle peut l'être indirectement. On a (aussi) vu, la semaine dernière, qu'il est par exemple possible de voir pas mal de détails de la surface de notre planète quand elle n'est éclairée que par ce que la Pleine Lune nous renvoie de la lumière du Soleil qu'elle, de son côté, continue de recevoir.

Ah oui, au fait, je n'avais pas encore remis le lien du dernier thread, donc si vous l'avez manqué : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B8fceKtpfY2Ffmrqsa

10/16 D'abord, un mot sur le vocabulaire. Pas mal d'articles de presse aiment bien présenter ça comme une « Lune de sang », certains précisant que ce serait ainsi que l'appellent les astronomes, ce qui est juste faux. « Lune de sang » est un terme marketing inventé par la presse, les astronomes parlent simplement d'une éclipse.

C'est vrai qu'elle devient rouge, mais bon, pas franchement de la couleur du sang, et on peut quand même pas mal regretter tous ces superlatifs. C'est évidemment joli à regarder, mais je ne pense pas qu'inventer des noms qui en jettent soit le meilleur moyen d'intéresser vraiment les gens à l'astronomie. Ça reste mieux que « super-Lune » quand elle est juste un peu plus grosse, ceci dit.
Planche d'xkcd numéro 1394. On voit une unique case dans laquelle un personnage essaye comme il peut de retirer un objet du haut d'une étagère un peu trop grande pour lui, et un autre personnage portant une cape rouge se précipite pour l'aider en disant (en anglais, je traduis) « Je m'en occupe ! Je fais douze centimètres et suis 7% plus fort que l'homme moyen ! ». Une légende en dessous de l'image indique « Le nouveau reboot de Superman, inspiré des super-Lunes. »

9/16 Et maintenant que la moitié du thread est passée et que nous sommes revenus dans le présent, intéressons-nous plus spécifiquement à quelque chose que j'ai évoqué rapidement plus haut : ce qui aurait surpris les soldats d'Alexandre n'était pas de voir la Lune disparaître, mais de la voir devenir rouge.

On peut en effet constater lors d'une éclipse de Lune que, au moment où l'ombre de la Terre couvre entièrement notre Lune, celle-ci reste visible dans le ciel, mais change de couleur. Et donc on peut aussi se demander pourquoi.
Photo d'une éclipse totale de Lune, trouvée sur Wikimédia Commons. On voit donc maintenant la Lune totalement dans l'ombre de la Terre, qui présente donc cette couleur rouge-orange très caractéristique. On peut noter que les reliefs à la surface de la Lune ne semblent pas disposés dans le même sens que sur la précédente image d'éclipse, comme si notre Lune avait tourné. Cela peut être effectivement une histoire de rotation (cette image-ci a été directement prise en numérique, lors de l'éclipse du quinze avril 2014, mais la précédente était apparemment une photo argentique numérisée, ce qui a pu jouer). Toutefois, on peut aussi noter que notre Lune semble bien tourner sur elle-même selon l'endroit d'où on la regarde sur notre planète, en raison de l'angle dû à la forme de la Terre. C'était d'ailleurs le troisième des trois grand argument d'Aristote pour dire que la Terre était sphérique.

8/16 Mais une autre méthode a été d'utiliser… les éclipses de Lune, justement. On peut en effet voir l'ombre de la Terre sur notre satellite, et pour peu qu'on dispose d'une bonne estimation de la taille de notre planète, on peut donc plus ou moins facilement estimer à quelle distance notre Lune doit se trouver pour que l'ombre ait cette taille-là là-bas.

Et des estimation de la taille de la Terre, on en a essayé quelques unes aussi au cours de l'antiquité, on pourra peut-être par exemple parler des travaux d'Ératosthène une autre fois. (J'en profite d'ailleurs pour rappeler que si vous avez des idées de trucs à aborder dans ces threads, il ne faut surtout pas hésiter à les suggérer !)

Évidemment, maintenant qu'on peut aller sur place, on peut quand même affiner les mesures, on en a déjà parlé : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B7GRh0gWnSRoyGfl8S

7/16 En tout cas, j'en ai déjà parlé dans un autre thread⁽*⁾, les gens de l'antiquité (même si on a bien sûr pas mal progressé depuis) avaient une compréhension du ciel franchement pas mauvaise par rapport aux moyens dont ils disposaient.

Par exemple, iels arrivaient déjà à estimer la distance à laquelle se trouve notre satellite par plusieurs méthodes. L'une des plus anciennes repose sur le principe de la parallaxe : en observant la Lune au même moment depuis deux lieux différents, on peut noter qu'elle n'est pas tout à fait dans la même position par rapport aux étoiles lointaines, et l'angle de ce décalage peut nous donner une estimation.

(∗) C'était le thread sur le géocentrisme et l'héliocentrisme, où d'ailleurs on parlait également de parallaxe : https://fadrienn.irlnc.org/notice/Azm7oxzbjuzK2vMu8G

6/16 Et donc, moins d'une heure plus tard, j'ai appris grâce à lui deux choses. D'une part, il semble que les chroniques de l'époque mentionnent bien une telle éclipse, mais que ce soit surtout l'effet sur l'armée perse qui ait été retenu (cela l'aurait désorganisée, entraînant sa défaite, sans que les réactions du côté macédonien n'aient été spécialement rapportées).

D'autre part, puisqu'on peut aisément déterminer à quel moment les éclipses se produisent, on a pu retrouver par la suite que celle-ci a en fait eu lieu deux semaines avant la date retenue pour la bataille. Donc on peut quand même douter que l'issue de cette bataille ait été à ce point déterminée par les astres.
Alors, je ne savais pas du tout comment illustrer ce pouet… et puis j'ai réalisé qu'on était bientôt à la moitié de ce thread parlant d'éclipses, et qu'il n'y avait encore aucune photo d'éclipse dedans, ce qui est un peu dommage, donc en voici une, trouvée sur Wikimédia Commons. Il s'agit donc d'une image de la Pleine Lune sur laquelle l'ombre de la Terre commence à passer, ce qui donne une impression assez différente des phases que l'on voit d'habitude, puisque, bien qu'encore éclairée sur plus de sa moitié, elle n'a pas du tout la forme d'une Lune gibbeuse, on dirait plutôt un croissant beaucoup trop épais.

5/16 Je me souvenais que le livre parlait justement des différences de points de vue : pour rassurer ses soldats effrayés de voir la Lune prendre une couleur de sang, Alexandre avait consulté des prêtres égyptiens fraîchement recrutés dans son armée. Ceux-ci comprenaient parfaitement le mécanisme des éclipses, mais avaient préféré donner une explication plus mythique, qui avait remotivé les soldats et facilité la victoire.

J'ai donc exhumé le livre et retrouvé le passage en question (pour ceux qui l'ont : ce sont les pages 90 et 91) pour le montrer à mes collègues. Et David, avec sa rigueur et sa méthode habituelles, a immédiatement entrepris de fact-checker le bouquin.
Image, trouvée sur Wikimédia Commons, représentant une bataille entre l'armée d'Alexandre et celle de Darius Ⅲ. Elle est souvent associée à la bataille d'Issos, mais une note l'accompagnant indique qu'elle pourrait aussi décrire celle de Gaugamela, qu'en français on appelle aussi la bataille d'Arbèles, et qui est celle s'étant déroulée juste après l'éclipse. Cette mosaïque est une des rares retrouvées représentant ces deux souverains, au point que la quasi-totalité des illustrations d'Alexandre comme de Darius que j'ai croisé jusque là soit sont découpées dans cette image, soit, comme la couverture du livre présentée dans le pouet précédent, en sont visiblement très fortement inspirées. On voit globalement un enchevêtrement assez chaotique de chevaux, soldats et lances, avec sur la gauche Alexandre sur Bucéphale (mais tête nue, contrairement à la couverture du livre, et personne sur l'image ne tire de flèches), et au milieu à droite Darius sur son char qui tend la main. Plusieurs parties de l'image sont manquantes, notamment deux morceaux du ciel, un bout de la roue du char de Darius, et surtout toute la partie inférieure du corps d'Alexandre, dont on ne voit plus que l'épée tenue un peu en dessous de sa ceinture, et de Bucéphale, dont on ne voit que la tête et une patte avant.

4/16 Tiens, vu qu'on parle de compréhensions farfelues, une petite anecdote au sujet de la séance sur les éclipses qu'on a prévu spécialement pour cet été au planétarium. Mes collègues et moi aimons bien parler de la façon dont notre rapport au monde a évolué, et on s'est donc dit que ce serait bien de parler ce qu'on savait des éclipses durant l'antiquité.

Ce qui m'a soudainement rappelé que dans un des vieux livres que j'adorais quand j'étais môme, il était question d'une éclipse. C'était un récit de la conquête de la Perse par Alexandre, et ça parlait d'une éclipse de Lune survenue juste avant une bataille.
Couverture de ce livre. On voit en haut le nom de l'auteur, Pierre Grimal, puis le titre, « Contes et récits du temps d'Alexandre ». On voit ensuite une image représentant Alexandre sur Bucéphale, dans une position très proche de celle de la fresque qui illustrera le prochain pouet, mais le roi macédonien est ici représenté avec un casque et entouré de flèches qui lui sont tirées dessus. En bas se trouve le nom de l'éditeur, Fernand Nathan. Ce livre est issu d'une collection de pas mal d'ouvrages plus ou moins ressemblants et dont tous ceux que j'ai lu sont plutôt chouettes, mais la plupart d'entre eux sont des « Contes et légendes » et rapportent des histoires traditionnelles qui n'ont pas forcément de rapport avec une quelconque réalité historique.

HS/16 (Sur le sujet du platisme, on peut en revanche noter qu'un autre argument d'Aristote fait pour sa part toujours parfaitement le taff : on voit les étoiles tourner dans un sens dans l'hémisphère nord et dans l'autre dans l'hémisphère sud. C'est parfaitement logique sur une Terre sphérique qui tourne sur elle-même, mais totalement impossible à expliquer avec un dôme surmontant un disque plat. Bon, on va arrêter là concernant le platisme, mais c'est quand même intéressant d'essayer de comprendre la logique du truc et de voir quels arguments marchent ou pas, je trouve.)

3/16 Mais que l'ombre soit à chaque fois ronde alors que la Terre n'est a priori pas toujours dans la même position a quand même été un bon indice. C'est en tout cas l'un des arguments d'Aristote⁽*⁾ en faveur de la sphéricité de la Terre.

Au passage, cet argument ne marcherait plus pour rejeter le platisme actuel, puisque dans le modèle de la Flat Earth Society, le Soleil et la Lune sont toujours du même côté de la Terre. Mais du coup, expliquer les éclipses de Lune avec leur modèle nécessite d'inventer un corps céleste supplémentaire jamais observé, donc bon…

(∗) Et il était loin d'être le premier à avancer ça : https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_eclipses-lune/stlp-rotondite-terre.html

2/16 On s'intéressait donc évidemment déjà à ce phénomène dès l'antiquité, et observer des éclipses de Lune a été une des premières manières de déterminer la forme de notre planète. En effet, à partir du moment où on a compris que ce qu'on voyait passer sur la Lune était l'ombre de la Terre, on n'a pu que constater que cette ombre est systématiquement ronde.

En soi, voir une ombre ronde ne veut pas dire que l'objet qui projette cette ombre soit forcément sphérique. Une des images que j'avais utilisée dans le thread sur la superposition d'états (…oui, on a causé de physique quantique avant de causer d'éclipses, niveau progression c'est un peu n'importe quoi) le montrait bien et je peux la recycler ici :
Image déjà présentée dans le thread sus-mentionné, trouvée sur Wikipédia à l'époque, sur laquelle on voit un objet cylindrique projeter son ombre selon deux angles différents. Éclairé par sa base ou par son côté, son ombre à la forme de cette face et est donc circulaire ; tandis qu'éclairé de côté, de façon précisément perpendiculaire, son ombre a plutôt la forme d'un carré (en tout cas pour cet objet dont la hauteur est environ égale au diamètre de la base ; d'une façon plus générale ce serait un rectangle). Évidemment, si on l'éclairait avec un angle différent, son nombre aurait encore une forme différente, on verrait une figure avec deux côtés droits et deux côtés arrondis, mais ce n'est pas représenté ici.

Comme prévu, en cette fin de semaine, continuons la série de threads sur les éclipses. #Vulgadredi dernier, nous avions posé les bases du phénomène et vu quelques photos prises par l'équipage d'Artémis ; pour les seize pouets de ce #VendrediVulga, nous allons imiter cet équipage et partir nous-mêmes pour la Lune !

…en commençant par remonter un peu dans le temps, parce que pourquoi pas. Évidemment, des éclipses ont lieu environ depuis que notre Lune s'est formée (je vous explique comment c'est arrivé dans la vidéo sur Pluton que j'ai déjà pas mal spammée ici), et donc à notre échelle, c'est quelque chose qui a toujours eu lieu.
Photo du « coucher de Terre » prise par l'équipage d'Artémis Ⅱ autour de son voyage autour de la Lune, faisant écho à la photo du « lever de Terre » prise au cours de la mission Apollo 8. On voit donc, en bas de l'image, la surface arrondie de notre satellite, et plus haut, un croissant de Terre (le bas de notre planète étant dans l'ombre) en train de lentement disparaître derrière l'horizon lunaire. Rappelons qu'il ne s'agit de « levers » et de « couchers » de Terre que parce que ces photos sont prises depuis l'orbite lunaire : notre Lune tournant sur elle-même aussi vite qu'elle ne tourne autour de la Terre, vue depuis le sol lunaire, la Terre est un objet qui ne bouge pas dans le ciel.

Bon, je pensais que j'allais être encore à la bourre sur le #Vulgadredi de demain, mais en fait, je viens de terminer la rédaction et j'ai déjà environ un tiers des images. L'avantage de faire ça sur un sujet sur lequel je viens de pas mal bosser côté plané.

Il reste encore un peu de taff, mais du coup je pense que vous pouvez vous attendre à une mise en ligne entre 19 et 20h (si je ne suis pas trop claqué, je serai de service tout seul pour toutes les séances de demain donc pas impossible que je commence par une petite sieste en rentrant).

re: Citations exactes de la références
@Sobex Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit,
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit,
Mais d'esprit, ô, le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome ; et de lettres,
Vous n'avez que les trois qui forment le mot “sot” !

Eussiez-vous, d'ailleurs, l'invention qu'il faut
Pour pouvoir, là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permet pas qu'un autre me les serve !

@zorg Alors, éclipse est à la base un mot astronomique, toute utilisation dans un autre contexte est forcément plus ou moins un sens figuré.

Et, c'est du pinaillage, mais le truc est que si on veut être précis, le mot désigne deux trucs différents dans les deux cas : le Soleil disparaît parce que la Lune passe devant par rapport à nous, mais rien ne passe devant la Lune par rapport à nous quand c'est la Terre qui lui masque le Soleil. Donc, si on dit que ce qui est éclipsé c'est l'objet qui entre dans l'ombre de l'autre, c'est une éclipse de Lune d'un côté et de Terre de l'autre, ou si on dit que ce qui est éclipsé c'est l'objet qui est masqué par quelque chose qui lui passe devant, c'est une éclipse de Soleil dans les deux cas.

Ça a sans doute relativement peu d'intérêt de débattre là-dessus vu que le vocabulaire habituel se satisfait généralement de ce genre d'incohérences, mais bon, voilà, quoi ^^"

(Et avec plaisir !)

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