Voilà pour l'exploration humaine. Mais la semaine prochaine, on se penchera plutôt sur les missions robotisés, ce qui nous permettra au passage de parler un peu d'un certain nombre de choses chouettes qu'on a pu apprendre grâce à la conquête spatiale. Si vous êtes toujours avec moi, bien sûr, donc merci par avance pour vos partages et retours !
Sur ces six missions, une seule a échoué : Apollo 13, au cours de laquelle l'explosion d'un réservoir d'oxygène (« Allo, Houston ? On a un problème ! ») a contraint l'équipage à se réfugier dans le module lunaire. Ne pouvant plus aller se poser, le véhicule a changé de trajectoire pour faire un tour de la Lune et revenir au plus vite sur Terre.
Pour les calculs, trois noms en particulier méritent d'être évoqués : celui des mathématiciennes Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson. Si vous voulez vous renseigner sur l'histoire de ces femmes, un roman leur a été dédié, adapté par la suite en film, et intitulé « Les Figures de l'ombre ».
Du côté informatique, je voulais bien sûr parler de Margaret Hamilton, qui a réalisé le système embarqué du programme Apollo, ce qui a visiblement été assez indispensable : https://hachyderm.io/@mralancooper/116360019561877316
« C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité », a déclaré Armstrong, mais tout le monde connaît déjà cette phrase. Notons que cette mission, baptisée Apollo 11, ne s'est pas tout à fait déroulée comme prévu : Armstrong a dû prendre le pilotage manuel pour gérer l'alunissage, le site initialement prévu étant impraticable.
La fusée qui en résulte, qui devait amener des cosmonautes sur la Lune, sera l'objet de quatre tentatives de lancement, du 21 février 1969 au 23 novembre 1972. Aucune ne fonctionnera, et la seconde en particulier, le 3 juillet 1969, générera ce qu'on considère comme la plus puissante explosion non-nucléaire d'origine humaine, endommageant gravement le site de lancement.
Et donc, c'est à ça que Blue Origins fait de la concurrence, si j'en crois l'article relayé ici par @Khrys : https://arstechnica.com/space/2026/05/blue-origins-new-glenn-rocket-just-exploded-during-a-static-fire-test/
Ces trois hommes sont donc les premiers à avoir vu la Lune de près… et sont restés les êtres humains partis le plus loin de la Terre pendant un certain temps, puisque leur mission les emmenait plus loin que la Lune. Ils ont toutefois été battus, sur ce dernier point, lors de la mission Apollo 13, puis de la récente mission Artémis Ⅱ, passées encore plus loin.
Il était nécessaire que le module parti se poser sur la Lune puisse au retour s'amarrer à un autre engin resté en orbite, et c'est que ce Scott et Armstrong devaient expérimenter au cours de cette mission. Ce fut à la fois un succès et un échec car, après un amarrage réussi, un souci technique les obligea à se séparer du module Agena qu'ils venaient de récupérer.
Et le premier succès de cette seconde course arriva avec la mission Gemini Ⅷ, lancée le 16 mars 1966. À son bord, Neil Armstrong et David Scott, qui allaient ensuite devenir le premier être humain à respectivement marcher et rouler sur la Lune, mais on va y revenir.
Rappelons qu'à cette époque, on était seulement en train de se rendre compte qu'ici sur Terre, les continents ont bougé au fil du temps : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B65nkH9C3qLzLhy5nU
Et il a failli rester coincé dehors, car, au moment de rentrer, cette combinaison spatiale avait un peu trop gonflé et ne repassait plus par le sas ! Il a dû expulser une partie de l'air qu'elle contenait dans l'espace pour pouvoir regagner la capsule.
Avant cette éjection, cependant, il est resté dans son Vostok pendant toute la mission, ne regardant la Terre au dessous de lui que par le hublot. Il faudra attendre le 19 mars 1965 et la mission Voskhod 2 pour qu'ait lieu la première sortie extra-véhiculaire.
On considère en effet que l'espace commence à cent kilomètres au dessus de nos têtes. Cette limite, appelée ligne de Kármán, est en fait totalement arbitraire et pourrait être discutée. Néanmoins, l'atmosphère terrestre est tellement raréfié à cette hauteur qu'on ne peut plus y faire voler d'avions ou de ballons : il faut donc une fusée pour s'y rendre.
Laïka n'est cependant pas, contrairement à ce qu'on lit souvent, le premier animal à avoir été envoyé dans l'espace, cet honneur revenant en fait à des mouches qui, elles, ont pu être récupérées vivantes. Ce qui n'a hélas pas été le cas d'Albert Ⅱ, un singe rhésus qui a lui aussi visité l'espace avant Laïka, mais n'a pas survécu à son retour sur Terre.
Néanmoins, il fut donc le premier engin à faire plusieurs fois le tour de la Terre depuis l'espace, survolant les USA et les faisant prendre conscience de l'avancée technologique adverse et de leur propre retard. C'est suite à cet événement que la NASA fut créée.
Après les capitulation de l'Allemagne nazie et du Japon, un autre conflit a pris le relai, la guerre froide : moins de combats directs, mais une rivalité importante où chaque progrès réalisé était une question de prestige et de fierté… mais aussi une menace pour le camp d'en face.
Pas trop une affaire de coopération internationale comme ce dont nous avons parlé la semaine dernière, donc : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B6nKDHGGGfbyQmQLgG
Par contre, si vous ça vous branche, n'hésitez pas à jeter un œil à ce que fait @revesdespace, qui vous en parlera donc beaucoup plus fréquemment et sans doute mieux que moi. Ici, je vais me contenter de pointer un peu quelques étapes importantes.
Ah, et si vous aviez manqué la vidéo de l'explosion vendredi dernier, vous pouvez aller voir ça là : https://mastodon.social/@coreyspowell/116658294009478023
Mais vous ne connaissiez peut-être pas la N-1 ? Alors on peut en parler un peu, d'autant que c'était dans les sujets en attente suite au dernier sondage. Donc, lors du dernier #VendrediVulga, nous avons vu comment on a réussi à reproduire le vide ici sur Terre ; aujourd'hui, consacrons seize pouets à la façon dont on a pu se rendre dans son milieu naturel : l'espace.
Si par exemple tu as un clavier azerty classique sur lequel tu ne te sers pas spécialement de la touche ² (celle au dessus de tab, au début de la ligne où on a les chiffres, ç'généralement pas la plus utile du clavier), tu peux lancer ça dans un terminal :
xmodmap -e "keycode 49 = dead_greek"
Et ensuite, appuyer sur cette touche puis sur a te sort α, sur cette touche puis sur z te sort ζ, etc.
Michel Onfray, avec la finesse et l’analyse qu’on lui connaît ses dernières années jette ses anciens collègues sous le bus avec des clichés qui étaient déjà plus éculés que des caligae lorsque ma grand-mère est entrée à Fontenay-aux-Roses en prépa.
(Oui parce que je sors d’une famille de profs à 8 quartiers, on a la noblesse qu’on peut et celle-là ben je la renierai pas).
Il y a en particulier un de ses « arguments » qui m’énerve tout particulièrement depuis genre... toujours :
Le sketch du prof qui « fait le même cours depuis sa sortie de l’IUFM* », c’te feignasse.
Ce qui me stupéfie dans cette critique marronnière », c'est qu'elle semble ne s'appliquer à absolument aucun autre métier.
Genre ma banquière va changer son formulaire de prêt, tous les six mois, c’est plus fun.
Et les maçons : construire encore des murs en 2026 ? Quel manque de créativité, un vrai professionnel devrait inventer un nouveau concept de gravité tous les deux ans.
Les médecins ? Vous n'allez pas soigner des angines toute votre carrière quand même ? Un peu de sérieux, au bout de vingt ans, il serait temps de proposer un organe inédit ou une nouvelle forme de boyau, en variant les formes et les couleurs.
Les musiciens ? Ah non, ça va pas du tout. Un pianiste qui joue encore Mozart après trente ans de métier ? Quel glandeur ! Il n'a qu'à inventer une nouvelle gamme de notes tous les matins.
Et puis les écrivains, n'en parlons pas. Toujours les mêmes vingt-six lettres. Franchement, où est l'effort , le mérite, le défi ?
Le plus con, c'est que les mêmes qui se moquent du « même cours » sont souvent les premiers à exiger de l'expérience et à râler parce qu’on a balancer un stagiaire (école) ou un interne (médecine) à leur bébé.
Moi, je croyais bêtement qu’en réalité on attendait d’un professionnel qu'il ait fait son métier suffisamment longtemps pour savoir ce qu'il fait.**
Oui, j'explique encore ce qu'est une métaphore (et j’aime ça, et c’est ma joie). Comme mon collègue de maths explique encore Pythagore. Comme un prof d'histoire parle encore et toujours de la Révolution française. Comme un moniteur d'auto-école explique encore où se trouve la pédale de frein. ***
Une des différences déjà, c'est qu'en face, ce ne sont jamais les mêmes élèves.
Car malheureusement, oui, avouons-le, les élèves ont la fâcheuse habitude d'intervenir dans le processus. C'est très gênant pour la reproductibilité industrielle du produit. Une classe de 2005, une classe de 2015 et une classe de 2025, c'est trois planètes différentes. Les références changent, le vocabulaire change, les difficultés changent, les programmes changent, les outils changent. Même les œuvres changent. Donc si j’avais voulu faire le MÊME cours qu’à l’IUFM toutes ces années-là, il m’aurait fallu des prodiges d’inventivité vachement plus éreintants que remettre tout à plat from scratch. Il faut parfois une énergie titanesque pour parvenir à rester immobile. Et puis on se fait chier. Forcément.
Et si faire toujours le même cours était si facile, il suffirait d'enregistrer une vidéo une bonne fois pour toutes et de fermer les établissements. On a essayé pendant le COVID, ça n’a pas rencontré une adhésion nationale, il me semble.
Il y a un vieux fantasme qui consiste à croire qu'un cours est un objet. Un truc qu'on sort d'un tiroir comme une vieille chaussette, propre, repassée mais un poil trouée quand même.
En réalité, un cours, c'est une conversation de 55mn renouvelée toutes les heures de votre vie de prof, avec trente êtres humains dont quinze ont mal dormi, cinq sont amoureux, trois sont en guerre contre l'univers, leur mère, leur père, le voisin et le reste, deux ont oublié leur trousse et un est persuadé que Napoléon a combattu les dinosaures avec un sabre laser prêté par Katniss.
Si quelqu'un pense qu'on peut faire exactement le même cours dans ces conditions pendant quarante ans, je l'invite cordialement (dans son cul) à venir essayer.
Je lui prête même ma place.
Juste après les corrections, parce que les copies, elles aussi, ont l'insolence d'être différentes chaque année. Quelle absence de professionnalisme de leur part !
* Ou l’ESPE si vous n’êtes pas un dinosaure.
** Mai bon, prof est aussi le seul métier que je connaisse où tout le monde sait mieux que le professionnel.
*** Je sais pas comment font ces gens, je serai moniteur mon pied serait calé à mort sur la pédale de frein justement et on démarrerait jamais, je connais mes élèves.
Et sinon, on ne remercie jamais assez les gens qui font de l'art libre, donc en tant que lecteur autant que personne qui a déjà utilisé tes dessins pour écrire un bouquin, merci !