Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

Alors, @gee, j'n'ai pas testé avec « Working Class Heroic Fantasy » vu que je n'avais pas le bouquin en physique, mais ça fait deux personnes dans le week-end (une dans le train et une pendant l'AG où je suis) qui voient le bouquin à côté de moi, repèrent le titre « Sortilèges et Syndicats », et se montrent immédiatement intéressées.

@maelmorin @Sobex Pas nécessairement « une personne », quand c'est collégial, tous les membres du conseil d'administration (ou équivalent) sont responsables juridiquement, et ça marche aussi. Historiquement les préfectures n'aimaient pas trop ça, mais je crois que c'est rentré suffisamment dans les normes ces dernières années et que ça ne pose plus trop problème.

Par contre, les banques ont toujours tendance à exiger une personne spécifique, en effet (mais une asso n'a pas forcément de compte en banque dédié).

@Sobex D'avoir une collégiale plutôt qu'un bureau classique ? C'est possible depuis 1901, il me semble, c'est juste aux gens qui rédigent les statuts de décider ça, et dans la plupart des cas iels ne se posent pas la question et partent sur le truc habituel.

Et donc, la dernière asso dont je faisais partie à avoir encore les rôles classiques de président, trésorier et secrétaire vient officiellement d'acter son passage en collégiale.

Je n'suis donc plus président \o/

@elzen

La légende associe la Voie Lactée à Héra qui aurait allaité Héraclès par erreur (ou Hermès) :
"Junon [Héra] a donné son lait sans le savoir à Mercure [Hermès] quand il était bébé ; mais apprenant qu'il s'agissait du fils de Maia, elle le repoussa ; le lait se répandit, et ainsi sa blancheur apparut entre les astres. Selon d'autres, c'est Hercule [Heraclès] qui aurait été déposé contre Junon endormie, et à son réveil elle aurait fait ce que nous venons de raconter." Hygin, Fables

21/21 Moi en tout cas, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour qu'on parle un peu de la tectonique des plaques et de la façon dont on l'a découverte, ça fait un moment que ce sujet-là était en attente, et la semaine d'après pour un petit hommage où parlera d'un sujet spatial qui fait tourner la tête.

En attendant, et en comptant comme d'hab sur vos retours et vos partages, je vais retourner lire ma trilogie en cinq volumes préférée (en vrai, je vais surtout à une AG, d'ailleurs je vous envoie tous ces pouets depuis le train). À la semaine prochaine ! (Et n'oubliez pas votre serviette.)
Image d'un générique de fin façon Looney Toons où l'on voit un dauphin saluer de la nageoire, avec le texte « So long, and thanks for all the fish ! » (Traduit en français par « Salut, et merci pour le poisson »), qui est dans le roman le dernier message laissé par les dauphins aux humains au moment d'évacuer la Terre.

20/21 Bref, ce thread était un peu décousu, mais je pense quand même que vous aurez pu y grappiller quelques informations intéressantes. En tout cas, quarante-deux, quoi. Et ce n'est pas fini, puisque j'en ai encore au moins deux en cours de préparation.

Donc bah, je crois qu'on peut dire merci à @defakator et @mmontarges qui m'ont inspiré le tout premier thread de cette série, et d'ailleurs, j'en profite pour rappeler que @mmontarges viendra donner une conférence au Planétarium de Bretagne le mercredi 13 mai, donc si vous êtes dans le coin à ce moment-là, n'hésitez surtout pas à venir écouter ça !

Et tiens, pour le plaisir, je vous remet le lien du tout premier thread : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AwGiNCEL9iX8pAJcTw

19/21 En parlant de fiction et de réalisme, mentionnons aussi que, dans H2G2, Douglas Adams indique que l'être humain est le troisième être vivant le plus intelligent que compte notre planète, juste après le dauphin et la souris de laboratoire.

Alors, bon, peut-être, hein. N'empêche que si vous avez lu mon thread de la dernière fois, je pense quand même qu'il sous-estime quand même particulièrement les labres nettoyeurs, qui mériteraient sans doute une place sur le podium.

Et si vous ne voyez pas pourquoi, c'est qu'il faut que vous retourniez lire ça : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B5crdQyFu6Kw1Q0WES

18/21 En effet, notre planète elle-même fait déjà un tour complet de notre Soleil en une année, ce qui est déjà pas mal. Mais comme, dans l'espace, globalement tout tourne, notre Soleil lui-même n'est pas fixe et décrit une grande orbite autour du centre de notre galaxie, entraînant avec lui nos planètes, qui ne reviennent donc jamais à leur position initiale.

Ce qui n'est d'ailleurs pas sans poser quelques petits soucis dans certaines histoires de fictions, comme @gee y a consacré une B.D. récemment, mais en même temps, hein, bon, la fiction n'a pas forcément besoin d'être réaliste, c'est un peu le principe.

N'empêche que vous pouvez aller lire ça là-bas : https://grisebouille.net/localisation-temporelle/

17/21 Il s'agit d'un amas d'étoiles, donc un groupe de plein d'étoiles qui se tournent autour, et le premier à avoir compris ça en l'observant au télescope a été Edmond Halley, celui qui a compris la trajectoire des comètes. Et non, Omega du Centaure n'est pas non plus l'objet que je cherchais à montrer quand j'ai eu ce bug auquel j'ai consacré un hors-série récemment⁽*⁾.

Et puis bon, si on ne peut pas s'éloigner tant que ça de notre planète pour aller faire de l'autostop, il n'empêche que nous voyageons quand même dans notre univers, mine de rien, parce que notre Terre parcourt pour sa part pas mal de chemin.

(∗) Qui est là si vous l'avez manqué, mais je vous dirais quel objet je voulais montrer vraiment très bientôt : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B5IGAbQcMUhCakSpc0

16/21 Dans l'ensemble, nous sommes donc coincés sur notre petite planète, et notre meilleur moyen d'appréhender l'univers qui nous entoure reste de capter la lumière des étoiles lointaines grâce à nos télescopes. Ce qui nous permet quand même de voir pas mal de trucs assez chouettes dans notre ciel.

Par exemple, puisqu'on parlais de la constellation du Centaure, on peut en profiter pour dire un mot d'Omega Centauri, qui comme son nom l'indique est, à l'œil nu, un truc pas très brillant… Mais pointez-y un télescope, et vous verrez l'un des objets les plus magnifiques que l'on connaisse :
Vue zoomée sur Oméga du Centaure (image initialement trouvée sur le blog Big Picture, sur le site du Boston Globe, c'était une des images de leur calendrier de l'avent astronomique de 2009). On voit, littéralement, une myriade d'étoiles couvrant l'ensemble de l'image, ce qui est assez magnifique. Si on dézoome un peu (comme sur l'image qui illustre actuellement la page Wikipédia d'Oméga du Centaure, par exemple), on voit que ces images sont globalement réunies sous la forme d'une grosse boule.

15/21 Et donc, cette sonde qui voyage dans l'espace, à la plus grande vitesse que nous ayons réussi à lui donner, depuis maintenant presque cinquante ans, a réussi à parcourir la distance que la lumière parcourt en… environ une de nos journées.

Il y a plusieurs manières de définir la taille de notre système solaire, selon quel aspect précis on regarde, mais si on prend la plus grande d'entre elles, l'influence gravitationnelle de notre étoile, alors cette sonde est encore très loin d'avoir quitté le système… pas le temps de voir l'avis de démolition, donc.
Représentation conceptuelle du système solaire, trouvée sur la page Wikipédia qui y est dédiée et provenant à l'origine de la NASA. Les différents objets célestes ne sont pas à l'échelle, mais les distances qui les séparent sont représentés selon une échelle logarithmique, une même distance sur l'image multipliant à chaque fois la distance représentée par dix. On voit donc le Soleil et les huit planètes présentées dans l'ordre, puis, autour de 100 unités astronomiques de distance au Soleil, les limites (Choc terminal, Héliopause et Arc de choc) de l'Héliosphère, la bulle formée autour de notre étoile par les vents solaires, où le milieu est donc différent du milieu interstellaire rencontré plus loin. Au delà s'étend encore le nuage de Oort, qui va jusqu'à 100 000 unités astronomiques, et encore beaucoup plus loin, Alpha Centauri dont on a déjà parlé. Voyager 2 a dépassé l'héliosphère et se trouve donc maintenant dans le milieu interstellaire, mais elle reste bien en deçà du nuage de Oort et donc toujours dans la zone d'influence gravitationnelle de notre étoile.

14/21 Elles ont ainsi pu nous donner les premières images de ces planètes « vues de près », et ça nous a d'ailleurs réservé quelques surprises, mais on en reparlera dans un prochain thread. En tout cas, la trajectoire de Voyager 1 lui a permis de survoler Titan, une lune de Saturne très intéressante dont on a parlé récemment⁽*⁾.

Voyager 2, pour sa part, est passée un peu plus loin de Saturne, mais elle a pu ensuite continuer son chemin en direction d'Uranus et de Neptune, dont on ne s'est plus rapproché aussi près depuis. Elle allait cependant trop vite pour s'y attarder, et a ensuite poursuivi son chemin vers l'extérieur de notre système solaire.

(∗) C'était ce thread-ci, où on a aussi parlé de Star Wars et de détection d'exoplanètes : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B59spsqoXPe8KqBn7Y

13/21 D'ailleurs, pour nous qui ne voyageons pas aussi vite que la lumière, combien de temps nous faudrait-il pour aller là-bas ? On peut s'en faire une idée en parlant un peu de deux sondes qui ont été lancées il y a un moment, les sondes Voyager 1 et 2, parties toutes deux en 1977.

Plus précisément, Voyager 1 est partie le 5 septembre, et Voyager 2… le 20 août. Oui, la seconde est partie avant la première, même si elle a atteint ses cibles les plus importantes un peu plus tard. Voyager 1 et 2 sont en effet parties rendre visite à Jupiter et à Saturne, les deux plus grosses planètes de notre système.
Trajectoire des sondes Voyager 1 et 2, trouvée sur la page Wikipédia dédiée au programme Voyager. On voit les dates de leurs lancement (données dans le pouet), puis de leurs arrivées à proximité de Jupiter (5 mars et 9 juillet 1979) et de Saturne (10 novembre 1980 et 25 août 1981). Si leurs trajectoires étaient assez similaires jusque là, elles se séparent en revanche à partir de ce point, Voyager 1 continuant d'un côté sans plus rencontrer de planètes tandis que Voyager 2 passe à proximité d'Uranus le 24 janvier 1986 et de Neptune le 25 août 1989.

12/21 On lui donne donc ce nom parce qu'elle est actuellement l'étoile la plus proche de la nôtre. Mais vous aurez compris que ce ne sera pas toujours le cas : elle tourne autour des deux autres, et donc, si on attend suffisamment de temps, elle finira par se retrouver de l'autre côté, donc plus éloignée de nous qu'elles.

Et donc le système complet est à un peu plus de quatre années-lumière dans son ensemble, mais Proxima est à environ 4,2 années-lumière actuellement, contre environ 4,3 pour les deux autres. Ce qui reste un peu trop loin pour aller consulter les avis de démolition, vous en conviendrez.

11/21 Elles ont donc été surnommées Alpha Centauri A et Alpha Centauri B (« Centauri » étant juste « du Centaure » en latin, parce que ça fait plus chic. Pareil, pour Bételgeuse et Rigel, on ne dit généralement pas « d'Orion », mais plutôt « Orionis ». Pourquoi des lettres grecques avec des noms latins, ça, il aurait fallu demander à Johann Bayer, qui a inventé ce système bizarre en 1603).

Et à force d'étudier cette partie du ciel, on a fini par se rendre compte qu'il s'agit en fat d'un système triple : Autour de ce couple stellaire tourne une troisième étoile, une naine rouge beaucoup moins lumineuse, qu'on ne distingue pas du tout à l'œil nu. Et cette troisième étoile a donc été baptisée Alpha Centauri C, et c'est celle-ci que l'on surnomme « Proxima ».
Image de la boîte du jeu Alpha Centauri, de Sid Meier, où l'on voit le titre, une rangée de portraits plus ou moins en filigrane, et l'image du lever de deux soleils sur une planète inconnue, avec la mention « The future of mankind ». Ce jeu fait partie de la série des Civilization et se déroule sur une hypothétique planète en orbite autour de ces étoiles (il fait suite au deuxième Civilization, dont le but ultime était d'envoyer un vaisseau coloniser ledit système). Dans la réalité, on a fini par effectivement trouver des planètes autour de deux des trois étoiles, B et C. Une des planètes autour de Proxima fait d'ailleurs partie de nos meilleures candidates à la possible présence d'une vie extraterrestre.

10/21 Et donc, Alpha du Centaure, c'est le point lumineux le plus brillant dans la constellation du Centaure. Constellation qui ne dépasse pas de l'horizon là où je me trouve, mais qu'on peut admirer sous les tropiques ou dans l'hémisphère sud. Elle se trouve même autour de la célèbre Croix du Sud, qu'on peut utiliser pour retrouver cette direction.

Mais en étudiant le ciel avec des instruments optiques, on a fini par se rendre compte qu'Alpha du Centaure, ce n'est pas vraiment une seule étoile. Il y a en fait à cet endroit deux étoiles qui tournent l'une autour de l'autre, mais qu'à cette distance on n'arrive pas à distinguer l'une de l'autre à l'œil nu.
Capture d'écran de Stellarium (ça faisait longtemps) prise en direction du sud-sud est, à minuit ce premier mai, en se positionnant à Kourou, en Guyane. Les dessins et les noms des constellations sont affichés, et on voit le Scorpion et le Sagittaire à gauche de l'image, qui sont des constellations qu'on peut voir sur l'horizon par chez moi, mais toutes les autres sont moins habituelles. On distingue d'ailleurs, au niveau de l'arc du Sagittaire, le centre de notre Voie lactée (visible parce que j'ai demandé à Stellarium de retirer l'atmosphère, sinon elle disparaîtrait quasi-complètement dans le fond de luminosité du ciel), Sagittarius A* se trouvant non loin de la pointe de sa flèche. Mais l'image montre surtout la constellation du centaure, ici relativement haut sur l'horizon sud, avec la constellation de la Croix du Sud située entre ses quatre jambes. Alpha du Centaure est l'étoile brillante correspondant sur ce dessin au genou avant, juste au dessus de la constellation du Compas. Quant à Oméga Centauri dont je vais parler un peu plus bas, elle est située légèrement dans son dos, juste à l'endroit où apparaît le texte « Le Centaure ».

9/21 Vous aurez peut-être repéré que les noms sont un peu différents. Est-ce Alpha du Centaure, ou Proxima du Centaure, qu'il faut dire ? Eh bien, voyons ça. Ce système avec des lettres grecques, c'est une façon standard de nommer les étoiles, selon leur luminosité et la façon dont on les regroupe.

Alpha du Centaure, c'est l'étoile la plus brillante de cette constellation, de la même manière qu'on appelle aussi Véga « Alpha de la Lyre », Déneb « Alpha du Cygne », ou Bételgeuse « Alpha d'Orion ». Puis les étoiles moins lumineuses sont appelées Beta, Gamma, Delta, etc. (« Beta d'Orion », par exemple, est aussi appelée Rigel).
Carte de la constellation d'Orion et de son voisinage, trouvée sur Wikipédia. Les étoiles les plus brillantes du secteur (Bételgeuse, Rigel, Sirius dans le grand chien, qui est l'étoile la plus brillante de tout notre ciel, et Aldébaran dans le Taureau) sont indiquées par leur nom, mais toutes les autres étoiles sont indiquées par la lettre grecque de leur désignation de Bayer (le nom de la constellation est inutile ici car les limites des constellations sont indiquées sur l'image). On note que, dans le cas précis d'Orion, Bételgeuse, dont la luminosité varie plus ou moins dans le temps, est souvent moins brillante que Rigel, mais c'est néanmoins elle qui est classée en première car le choix de la lettre grecque dépend de la luminosité maximale de l'objet.

8/21 Mais revenons un peu plus près de nous. L'étoile la plus proche, Proxima du Centaure, est déjà à une distance beaucoup plus raisonnable : un peu plus de quatre années lumières. Distance qui est d'ailleurs évoquée dès le début du roman de Douglas Adams… enfin, plus ou moins.

Ce roman débute en effet par l'arrivée d'extraterrestres, les Vogons, venus détruire la Terre et construire à la place une autoroute hyperspatiale : selon eux, l'avis de démolition est affichée sur Alpha du Centaure depuis cinquante de nos années, et Alpha du Centaure n'étant qu'à quatre années lumière de là, on aurait quand même pu se bouger pour suivre un peu les affaires locales.
Le logo plus ou moins officiel d'H2G2 : un pouce levé devant une planète à anneaux, symbolisant l'autostop galactique, suivi de la mention « Don't Panic » mention censée se trouver « en lettres rassurantes » sur la couverture du fameux guide (c'est traduit par « Pas de panique » en français). C'est évidemment la menace imminente de destruction de la Terre qui oblige Arthur et Ford à lever le pouce et partir explorer la galaxie.

7/21 Pour Véga, qui est en ce moment visible du côté du nord-est en début de nuit, la lumière met vingt-cinq ans à nous atteindre. Pour Bételgeuse, dont on peut encore pour quelques jours voir la couleur orange-rouge juste sur l'horizon, au sud-ouest en tout début de nuit, il faut quasiment six siècles et demi. Quant à Déneb, un peu plus au nord que Véga, elle est située à environ mille six cent années lumière de nous.

Et ces distances ne sont rien par rapport à la taille énorme de notre galaxie, qui est donc de cinquante mille années lumière de rayon. C'est qu'il faut de la place pour ranger plus de deux cent milliards d'étoiles, évidemment : on ne parle pas de distances « astronomiques » pour rien.

Et les autres galaxies sont encore plus lointaines, mais là aussi, on a déjà parlé de ça : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B00lUseSbXOY4KtQ8W

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