Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

La semaine est finie, c'est l'heure du #Vulgadredi, le week-end est là, voici le #VendrediVulga ! (Ça faisait longtemps.) Alors, donc, suite au vote de la semaine dernière, il semblerait que vous ayez pas mal envie de causer d'intelligence animale. Donc on va tenter de faire deux threads sur la question.

Et pour le premier, on va commencer par poser un peu le problème, et de vous présenter un célèbre test qui nous a appris quelques trucs qui peuvent être assez… surprenants. Mais peut-être plus sur notre propre perception de l'intelligence que sur les résultats obtenus par nos cousins animaux. Allons-y donc pour seize pouets.
Photographie issue du set d'images « Amazing Animals » paru en 2016 sur le site du Boston Globe dans leur rubrique « The Big Picture ». On y voit un petit singe (je crois que c'est un macaque ?) juché sur ce qui doit être une moto, avec les mains sur le rétroviseur, dans lequel se reflète le visage de l'animal, pouvant donner l'impression qu'il s'y regarde. Je ne sais pas si cette espèce précise de singes a été testée dans les conditions dont on va parler ici (et d'une manière générale, les singes à queue ont jusque là surtout tendance à échouer), mais bon, hein, la page Wikipédia sur le test est présentement illustrée par une photo d'un chien devant un miroir, alors que les chiens ne valident pas ce test comme on va en reparler rapidement, donc pourquoi pas ?

17/16 Pas sur les sujets à aborder, cette fois, mais plutôt, par curiosité, concernant la façon dont vous vous retrouvez à me lire. Est-ce que vous suivez mon compte et/ou un de mes deux hashtags ? Est-ce que vous venez spécialement lire mes threads ou que vous ne les lisez que quand vous tombez dessus par hasard ? Ça m'intéresserait pas mal de savoir ça, donc merci par avance aux gens qui répondront, le questionnaire étant à choix multiple.

Et donc rendez-vous la semaine prochaine pour parler plus en détails des labres nettoyeurs, qui sont des bestioles formidables, et de la façon dont on teste les capacités cognitives des animaux !

16/16 En attendant, donc, on peut au moins constater que, si pas mal d'animaux sont sentients, nous ne sommes de notre côté pas très bons pour nous en rendre compte spontanément. On constate d'ailleurs aussi ces difficultés dans l'autre sens avec l'« IA », mais ça, c'est un autre sujet, j'en parlerai peut-être une autre fois.

En tout cas, j'espère que ce premier thread aura satisfait les attentes de la trentaine de personnes ayant voté pour, et aura quand même réussi à intéresser les autres. Comme d'hab, tous les retours sont les bienvenus. Ah, et vu le succès du dernier sondage, je me permet aussi d'en rajouter un autre ici en extra.
Photographie (trouvée sur Wikimédia Commons) d'un poulpe (Octopus vulgaris) en train d'être testé. On voit l'animal au fond de l'eau avec le miroir devant lui, et derrière, un peu plus loin, une caméra en train de filmer la scène. D'après la page Wikipédia francophone sur le test du miroir, qui cite une étude de 2013, les poulpes ne réussissent pas le test, mais la page Wikipédia anglophone mentionne une étude de 2025, que je n'ai pas encore consultée, indiquant qu'en fait, ils y parviennent.

15/16 Pourtant, le succès des labres est assez difficilement discutable, et les personnes à l'origine de l'étude ont contre-argumenté dans ce sens (de mémoire, ils se regardent dans le miroir, partent frotter la zone ou se trouve la tache contre un rebord à leur portée, puis reviennent devant le miroir voir si elle est partie ou pas, ce qui prête moins au doute que pour d'autres espèces).

Et puis, en vrai, quand on connaît un peu les comportements de ces poissons par ailleurs, qu'ils réussissent ce test n'a rien de franchement surprenant… mais ça, on en parlera donc plus en détail la semaine prochaine, parce qu'ils sont assez fascinants.
Image trouvée dans un article de presse montrant un labre nettoyeur dans un bassin d'étude (le numéro « 10 - 3 » est indiqué sur une étiquette dans un coin) dont une des parois a été remplacée par un miroir. On voit donc le poisson, son reflet dans le miroir… mais aussi, avec l'angle de vue, son reflet à la surface de l'eau au dessus de lui, et même le reflet du reflet, ce qui nous donne donc quatre labres nettoyeurs pour le prix d'un. Il s'agit d'un petit poisson à nageoires rayonnées, blanc sur le devant passant au bleu vers l'arrière, avec une bande noire traversant son corps d'avant en arrière.

14/16 Dans notre imaginaire collectif, les poissons ne brillent pas forcément par leur intelligence. Et donc quand, en 2019, une étude a conclu que des poissons passaient ce test, ça a surpris, forcément. Et on a vu paraître un commentaire signé Gordon G. Gallup proposant quelques hypothèses alternatives cherchant à expliquer comment ils auraient pu sembler réussir sans pour autant avoir conscience d'eux-mêmes.

Dit autrement : la personne qui a inventé le test du miroir a préféré chercher à remettre en cause la fiabilité de ce test plutôt que d'accepter le succès de certaines bestioles. Le test du miroir, finalement, c'est surtout un miroir qu'on se tend à nous-mêmes pour interroger notre vision du monde.
Capture d'écran du jeu vidéo Celeste, montrant l'héroïne, Madeline, en train de se regarder dans un grand miroir. Sauf que son reflet n'a pas les mêmes couleurs… et finira par s'échapper du miroir pour être l'antagoniste d'une bonne partie du jeu, représentant une partie d'elle-même que Madeline n'arrive pas à accepter.

13/16 Ce qui nous amène à un autre souci de ce test : dans tous les cas, ça reste une évaluation humaine plus ou moins subjective. Les réactions des singes ou des éléphants aussi est sujette à interprétation, et ce n'est peut-être pas un hasard si les animaux qui réussissent ce test sont globalement ceux qu'on perçoit habituellement déjà comme intelligents.

Ne serait-ce que parce que ce sont ceux qu'on a pensé à tester, hein, si vous jetez un œil à la page Wikipédia, vous verrez qu'il n'y a pas tant que ça d'espèces qui ont été listées côté échecs non plus. Mais ça nous amène quand même au dernier point que je voulais évoquer ici plus en détails : le cas des labres nettoyeurs.

Ah, oui, si vous voulez la page Wikipédia, elle est là, mais donc pour l'instant, lisez plutôt la version anglophone si vous pouvez : https://fr.wikipedia.org/wiki/Test_du_miroir

12/16 Et du coup, vous vous demandez peut-être comment font des animaux marins, qui n'ont pas de bras (ni de trompe comme les éléphants) pour réagir à la tache ? Ça dépend. Pour les dauphins, par exemple, les scientifiques ayant publié l'étude ont mentionné le fait qu'ils revenaient plus fréquemment voir le miroir une fois la tache remarquée, et y prenaient des poses inhabituelles.

Et puis les auteurices utilisent également comme critère le fait que l'équipe technique du parc aquatique où vivaient les dauphins, habituée à leurs comportements, ont exprimé leur impression subjective de voir les dauphins examiner leur reflet dans le miroir.
Image extraite d'une vidéo de la BBC (dont on voit le logo dans le coin supérieur gauche) montrant deux dauphins en train de se regarder dans un miroir installé sur le rebord de leur bassin, sous l'eau. On voit également la surface par en dessous en haut de l'image.

11/16 Bien sûr, ça va dépendre des espèces. D'ailleurs, quelles sont celles qui ont réussi, jusque là ? Ben, je suis loin d'avoir lu toutes les études, et la liste sur la page Wikipédia n'a pas l'air à jour au moment où j'écris ça (la version anglophone est déjà plus complète). Mais, outre les grands singes et les éléphants d'Asie, on peut noter au moins quelques espèces de dinosaures, la pie bavarde ayant été la première, puis certains corbeaux et pigeons.

Chez les mammifères, on peut également noter certains chevaux, la souris grise, et il y a des résultats partiels concernant le cochon et certains singes à queue. Et puis il y a quelques animaux marins : toujours chez les mammifères, plusieurs cétacés, en particulier le grand dauphin, ainsi que le vrai et le faux épaulard. Et plus loin dans l'arbre du vivant, on note aussi au moins une espèce de (vrais) crabes, ainsi que la raie manta, et le labre nettoyeur commun.

D'ailleurs, si vous voulez quelques bases pour resituer un peu tout ce bazar aquatique, on avait fait un thread là-dessus il n'y a pas longtemps : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4SNAs3P90U7c9lUcy

10/16 En fait, on s'est rendu compte que, chez la plupart des gorilles sauvages, se regarder dans les yeux est plutôt mal vu : c'est un signe d'agressivité. Quand un gorille repère la forme d'un gorille dans le miroir, il va donc détourner les yeux avant d'avoir le temps de se rendre compte qu'il s'agit de son reflet et pas d'un autre individu.

Mais ce comportement, donc, est acquis est non pas inné, puisque des gorilles élevés dans des conditions différentes y parviennent. Le test du miroir a donc au moins permis de mettre accidentellement en évidence le fait qu'il n'y a pas en jeu seulement des capacités biologiques, mais également des aspects… culturels.
Capture d'une célèbre scène du film Shining, de Stanley Kubrick, plus ou moins adapté du roman du même nom de Stephen King, où l'on voit le reflet dans un miroir de deux cousins des gorilles, en l'occurrence Jack Nicholson et Shelley Duvall (laquelle apparaît aussi physiquement, puisque la capture est prise au moment où on réalise qu'on regardait en fait le miroir depuis le début de la scène). Nicholson, jouant le personnage de Jack Torrance, est encore au lit et vient de se réveiller, il regarde en direction du miroir, donc son reflet regarde vers la caméra (et sa tête laisse déjà un peu présager la suite du film), tandis que Duvall, jouant sa femme Wendy, lui amène un plateau pour un petit déjeuner au lit. Notons que le film est aussi célèbre pour la façon assez atroce dont Kubrick a traité ses comédiens tout au long du tournage.

9/16 En fait, les gorilles semblent avoir parfaitement la capacité à passer ce test. Certains d'entre eux ont même réussi. On peut mentionner par exemple Koko, de son vrai nom 花火 子 (Hanabi-ko, soit « enfant de feu d'artifice »), une gorille célèbre parce que l'éthologue Penny Patterson lui avait apprit la langue des signes, lui permettant de communiquer avec nous⁽*⁾.

Il faut dire que Koko avait été élevée par des êtres humains, Penny Patterson en particulier, ce qui n'est pas pour rien dans son succès à ce test. Cette acculturation l'avait en effet amenée à avoir des comportements qu'on ne retrouve pas chez des gorilles sauvages, comme le fait de prendre des animaux de compagnie.

(∗) J'avais déjà mentionné ça dans le alt-text d'une photo de Koko, dans le thread sur l'« équation » de Drake, à une époque où je ne pensais pas qu'on développerait ces threads jusque là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AxQp1Fw6mSoy7eglf6

8/16 À ce sujet, justement, et sans grande surprise, les chimpanzés réussissent ce test. De même que leurs proches cousins les bonobos. Ou que les orang-outans, un peu plus éloignés. Et puis, bien sûr, les Homo sapiens réussissent aussi généralement pas trop mal ce test… on a même pu constater dans notre espèce que la capacité à le passer semble apparaître autour des dix-huit mois.

En fait, de toutes les variétés de grands singes vivant actuellement, une seule semble avoir des difficultés, le gorille (qui pourtant est plus proche de nous ou des chimpanzés que ne le sont les orang-outans). Ce qui en soi est quelque chose d'un peu intriguant, qui mérite donc qu'on y jette un œil plus en détails.
Arbre phylogénique des hominoïdes, les singes sans queue (« apes » en anglais, par opposition à « monkeys » représentant les singes à queue). Deux branches ont des ramifications qui perdurent jusqu'à nos jours : les hylobatidés, plus couramment appelés gibbons, qui comptent actuellement une vingtaine d'espèces, et les hominidés, correspondant usuellement aux « grands singes » mentionnés ci-dessus. Les hominidés se divisent ensuite en deux branches, d'un côté les homininés, et de l'autre les ponginés, dont les seuls représentants actuels sont les quelques espèces d'orang-outans, mais qui ont compté une plus grande diversité par le passé (en particulier, l'espèce disparue le plus récemment est le Giganthopithèque Blacki, qu'on avait rapidement évoqué dans le thread sur le gigantisme animal). Du côté des homininés, on voit deux séparations successives, d'abord celle qui mène aux deux espèces de gorilles existant actuellement, puis celle qui sépare le genre Homo, dont nous sommes les derniers représentants, du genre Pan, où l'on trouve les chimpanzés et les bonobos.

7/16 Enfin, même pour les éléphants d'Asie, ça a été plus compliqué que ça. Au début, on a pensé qu'ils n'y arrivaient pas. Puis on s'est rendus compte du fait que les miroirs qu'on essayait étaient trop petits pour qu'ils puissent se voir correctement dedans. Ce n'est donc qu'en augmentant la taille des miroirs que ça a fini par marcher.

On ne peut donc que constater que, comme souvent dans ce genre de cas, ce qu'on teste, c'est plus les limites du test lui-même qu'autre chose. Le monde autour de nous est, d'une manière générale, très créatif pour ce qui est des cas auxquels nous n'avions pas pensé… ou alors c'est plutôt nous qui avons du mal. Nous n'avons que 2% de différence entre nos gènes et ceux des chimpanzés, après tout.

D'ailleurs, on a causé récemment de la séparation entre nos deux lignées, ça s'est fait au cours du Cénozoïque : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B3WQ6SZ10M6m5tSm9Y

6/16 Il faut aussi, simplement, pouvoir avoir des miroirs adaptés pour l'animal en question, ce qui peut aussi poser quelques petits soucis. En fait, l'histoire de la tache n'est toujours qu'une deuxième étape, qui ne peut arriver que quand l'animal est suffisamment habitué à interagir avec le miroir.

Et rien que ça, ça peut coincer : c'est ainsi ce qui a gêné dans la plupart des tentatives de faire passer ce test aux éléphants : certains éléphants d'Asie ont quand même réussi à aller jusqu'au bout, mais, pour les autres, les miroirs ont été cassés au cours de cette première phase, ne permettant même pas de lancer le test lui-même.
Photo, trouvée sur Wikimédia Commons, montrant un éléphant (au premier plan, on en voit d'autres un peu plus loin) vus par le rétroviseur d'une voiture. Il s'agit en l'occurrence d'un éléphant d'Afrique des savanes, le plus grands des éléphants actuels. L'animal remplit tout le reflet, et on peut se demander ce qu'un animal aussi grand pourrait voir de lui dans un miroir aussi petit.

5/16 On peut cependant assez vite percevoir quelques limites à ce test. Ne serait-ce qu'il faut que l'animal utilise la vue pour se repérer dans son environnement. Or, il existe des tas d'autres sens qui peuvent, parfois, être utilisés de façon plus importante.

Une chauvesouris, par exemple, se repère essentiellement par écholocation, en émettant des sons et en écoutant comment ils rebondissent : un miroir plat ne va pas tellement l'intéresser. Pour prendre des animaux encore plus familiers, les chiens identifient essentiellement leurs congénères à l'odeur, ce qui évidemment ne va pas les aider pour ce test.

Et sans compter les taupes et leurs yeux minuscules qu'on avait mentionné dans un thread récent : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4DfmoyJw3IcrcEYqG

4/16 L'idée, que l'on doit au chercheur américain Gordon G. Gallup, est relativement simple : il s'agit de faire sur le corps d'un animal, à un endroit où il ne peut pas le voir directement (sur le front par exemple) une marque (indolore, hein, et qui d'une manière générale ne peut pas être détectée autrement que par la vue), puis de lui présenter un miroir, d'où le nom du test.

L'animal ne peut pas voir la tache sur lui directement, mais peut la remarquer sur son reflet. S'il a alors un comportement spécifique, par exemple essayer de frotter la tache, c'est donc qu'il a reconnu ce qu'il voit dans le miroir comme étant son propre corps, ce qui est une forme de conscience intéressante.
Photo, trouvée dans un article de presse, d'une pie bavarde en train d'être testée. On la voit en l'occurrence en train de regarder vers le miroir, son reflet en face d'elle, et on peut remarquer une tache jaune placée au niveau de son cou, sous son bec (on repère aussi un anneau rouge à sa patte, mais ça elle peut s'en rendre compte sans le miroir). La pie bavarde est le premier oiseau à avoir passé ce test avec succès, même si ça ne se voit pas forcément sur cette photo où elle se contente de fixer le miroir.

3/16 Et donc, tout ça pour dire que chercher des exoplanètes comme on en a parlé la semaine dernière⁽*⁾, quelque part, c'est beaucoup plus simple que de mesurer l'intelligence, parce qu'au moins dans ce cas-là, on sait à peu près ce qu'on cherche et on a des critères précis à identifier.

Mais à défaut d'une définition générale de l'intelligence, on peut au moins envisager d'essayer d'en mettre en évidence, ou pas, certaines manifestations. Et c'est le cas pour l'un des plus célèbres tests du genre : le test du miroir, qui vise à tenter de déterminer si un animal a, ou n'a pas, conscience de lui-même.

(∗) Si vous avez manqué le thread de la semaine dernière, c'est celui-là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B59spsqoXPe8KqBn7Y

2/16 Le gros souci de se pencher sur l'intelligence animale, c'est… que l'intelligence, c'est quelque chose d'assez délicat à définir, déjà, d'une façon générale. Et que si on ne peut pas définir clairement quelque chose, ça n'est pas évident d'établir des tests pour le mesurer.

Rien que chez nous, la situation n'est pas top, et le sujet est assez… disons, chargé. Vu qu'on est aussi #VendrediLecture, je vous suggère notamment l'excellent « La Mal-mesure de l'Homme », de Stephen Jay Gould. Je vous ferai peut-être un thread ou deux dessus à l'occasion, mais franchement, lisez le bouquin, c'est particulièrement instructif.
Couverture du livre, avec le nom de l'auteur, le titre, une illustration montrant ce qui ressemble vaguement au dessin anatomique d'un buste d'homme avec des traits pour les mesures, et en bas, le logo de l'éditeur, Odile Jacob. En intro du livre, Stephen Jay Gould explique qu'il a choisi ce titre en référence à la citation (attribuée à Protagoras et popularisée par Platon) disant que « l'homme est la mesure de toute chose ». De fait, si ce qu'on prend comme étalon de mesure est lui-même mal mesuré… ça part mal.

La semaine est finie, c'est l'heure du #Vulgadredi, le week-end est là, voici le #VendrediVulga ! (Ça faisait longtemps.) Alors, donc, suite au vote de la semaine dernière, il semblerait que vous ayez pas mal envie de causer d'intelligence animale. Donc on va tenter de faire deux threads sur la question.

Et pour le premier, on va commencer par poser un peu le problème, et de vous présenter un célèbre test qui nous a appris quelques trucs qui peuvent être assez… surprenants. Mais peut-être plus sur notre propre perception de l'intelligence que sur les résultats obtenus par nos cousins animaux. Allons-y donc pour seize pouets.
Photographie issue du set d'images « Amazing Animals » paru en 2016 sur le site du Boston Globe dans leur rubrique « The Big Picture ». On y voit un petit singe (je crois que c'est un macaque ?) juché sur ce qui doit être une moto, avec les mains sur le rétroviseur, dans lequel se reflète le visage de l'animal, pouvant donner l'impression qu'il s'y regarde. Je ne sais pas si cette espèce précise de singes a été testée dans les conditions dont on va parler ici (et d'une manière générale, les singes à queue ont jusque là surtout tendance à échouer), mais bon, hein, la page Wikipédia sur le test est présentement illustrée par une photo d'un chien devant un miroir, alors que les chiens ne valident pas ce test comme on va en reparler rapidement, donc pourquoi pas ?

C'est assez curieux, ce truc, ça fait plusieurs fois qu'« EDF » m'appelle pour parler du courant chez moi, la personne se présente, je demande « Comment avez-vous eu ce numéro ? », et visiblement ça coupe aussitôt. Autant de soucis sur la ligne, c'est quand même pas de bol.

18/16 Donc, le vote est maintenant clos, merci aux 56 personnes qui ont voté ! C'est la première fois qu'on arrive à autant de monde, donc bienvenue à toutes les nouvelles personnes qui suivent !

Donc, sans trop de surprise, c'est le sujet de l'intelligence animale qui se classe en tête avec 32%, je suis en train de voir ça, il est assez probable que j'arrive à faire deux threads dessus sans trop de soucis. Ensuite on causera donc vraisemblablement de tectonique des plaques, qui fait une jolie remontée puisqu'elle n'avait eu aucun vote pour dans mon tout premier sondage de ce style (il faut dire que j'avais mis en choix unique à l'époque), et qu'elle se hisse maintenant en seconde position avec 25% des résultats.

Derrière, l'histoire des vaccins et la conquête spatiale ont été assez remarquablement ex-æquo pendant la quasi-totalité de la vie du sondage et finissent à 14%, et la planète Mars, après avoir été pas mal en dernière position, a fini par remonter un peu et termine à 15%. On abordera donc probablement ces sujets-là tôt ou tard, mais on verra donc quand on se sera occupés du reste.

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