Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

@Aloteur Cf le thread précédent : les fusées sont basées sur la technologie qui servait, pendant la deuxième guerre mondiale, à fabriquer des missiles.

On a donc hacké (détourné, bidouillé) une technologie faite pour bombarder des gens pour faire à la place quelque chose qui permet d'étudier l'univers qui nous entoure.

16/16 Mais nous sommes encore loin d'avoir fait le tour de tout notre système solaire, et d'ailleurs plusieurs sondes sont dans l'espace à l'instant où j'écris ceci. On peut mentionner Hera, la mission partie compléter celle de DART, qu'on avait déjà mentionnée, mais également JUICE de l'ESA et Europa Clipper de la NASA, toutes deux en route vers les lunes de Jupiter.

Bref, on aura sans doute encore de quoi alimenter quelques threads dans l'avenir ! La semaine prochaine, je pense faire un thread un soupçon plus technique sur la façon dont on se déplace d'un corps céleste à l'autre, mais j'ai évoqué quelques autres pistes ici, alors n'hésitez pas à me dire ce qui vous tente comme sujets !
Parce que je ne vous avais pas montré de photo d'astéroïde vus de près plus haut, voici (101955) Bénou, visité à partir de 2018 par la sonde OSIRIS-REx (le x minuscule n'est pas une erreur de ma part). La sonde est partie en 2016 et a ramené des échantillons sur Terre le 24 septembre 2023, permettant d'analyser l'astéroïde que l'on voit tourner sur l'image (trouvée sur la page Wikipédia dédiée). On voit une forme globale qui a l'air d'être quelque part entre le cube et la boule, avec une surface visiblement couverte de poussières et de cailloux. On sait maintenant que les astéroïdes ont tous des histoires particulières et qu'ils peuvent avoir des surfaces assez différentes.

15/16 Mais on a par contre visité des objets plus petits. Bon, je ne vous remet pas ma vidéo sur Pluton et New Horizons (ainsi que Cérès et Dawn), je vous l'ai déjà assez spammée comme ça, mais les deux dernières décennies ont compté plusieurs missions en direction de la ceinture principale d'astéroïdes.

La première d'entre elles a visité (433) Éros, autour duquel la sonde NEAR Shoemaker s'est mise en orbite… le jour de la saint valentin ! Elle lui a tourné autour pendant presque un an avant de s'y poser, le 12 février 2001, permettant les premières analyses du sol d'un astéroïde, et nous permettant au passage de commencer à découvrir leur complexité bien plus grande que prévu.

Ah, par contre, je vous remets le lien vers le thread sur les comètes, parce que bon, Rosetta : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AwyBqt6c4qOUfKUKjQ

14/16 Notez que Cassini emportait quand même un atterrisseur, Huygens (comme disait André Brahic, « on a collé un catholique sur le dos d'un protestant »), mais pour aller visiter Titan , la plus grosse des lunes de Saturne. On a d'ailleurs déjà vu la vidéo dans un autre thread⁽*⁾.

Ce qui fait donc pour l'instant trois planètes (en comptant la Terre) et deux lunes sur lesquelles on a pu atterrir. On n'est en effet jamais allé se poser sur Mercure, et seules deux sondes (Mariner 10, partie en 1974 et MESSENGER, partie en 2008) lui ont tourné autour à ce jour. Les conditions ne sont pas évidentes aussi près du Soleil.

(∗) Vu qu'on a commencé avec la course à la Lune, c'était le thread publié le jour du retour d'Artémis Ⅱ : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B59spsqoXPe8KqBn7Y

13/16 Bien sûr, l'exploration des autres planètes ne s'est pas arrêtée à Mars et Vénus. En 1977, on en a déjà parlé dans un thread récent, les deux sondes Voyager ont été lancées, la seconde étant pour l'instant la seule à avoir vu de près les deux planètes les plus lointaines, Uranus et Neptune.

Saturne, en revanche, a eu depuis la visite de la sonde Cassini (on en a parlé aussi rapidement dans le même thread), tandis que Jupiter a été visité par Galileo, puis par Juno, qui est encore en train de tourner autour. Mais comme les planètes gazeuses n'ont pas de sol, pas la peine de prévoir un atterrisseur pour elles.

Oh, si vous avez manqué le thread en question : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B6KMHnRV7rZ1ip7s3s

12/16 Une deuxième sonde, Viking 2, fut lancée le neuf septembre 1975. De conception très similaire, elle atteignit l'orbite martienne le sept août 1976 et son atterrisseur se posa le trois septembre suivant, soit près d'un an après son lancement. Contrairement à la première dont le sismographe était sans doute défectueux, cette seconde sonde détecta des ondes sismiques à la surface.

Mais le point que l'on retient principalement est le test de recherche d'activité biologique dont le résultat fut assez surprenant. Il semble que des réactions chimiques imprévues aient conduit à un faux positif. Là encore, on pourra détailler ce point dans un thread dédié si vous voulez.
Panorama de Mars pris cette fois par Voyager 2, trouvée encore une fois sur la page Wikipédia anglophone de la sonde. Il s'agit d'une combinaison de plusieurs photos, d'où les bandes noires en haut et en bas là où l'image est manquante. Globalement, on a quelque chose d'un peu plus colorée, avec un ciel plus jaunâtre et avec le robot au premier plan sur une bonne partie de l'image. Le sol martien reste couvert de sable et de cailloux, mais on remarque aussi un certain nombre de traces de gel.

11/16 Il fallu donc attendre quatre ans de plus pour qu'un nouveau robot, venu cette fois des USA, se pose sur Mars. C'était la mission Viking 1, partie de la Terre le 20 août 1975 et qui, bénéficiant de conditions moins favorables, s'est d'abord mise en orbite autour de Mars le 19 juin 1976.

La mission comportait deux parties, un atterrisseur qui s'est posé le 20 juillet 1976, mais également un orbiteur, qui est donc resté à tourner autour de la planète et a pris un certain nombre de photo… dont une plutôt célèbre dont on reparlera sans doute dans un prochain thread.
Première image prise par l'atterrisseur de Viking 1 une fois arrivé sur Mars, trouvée sur la page Wikipédia anglophone de la sonde. L'image est beaucoup plus parlante que celle du pouet précédent. On voit globalement du sol avec des cailloux, et un bout de ciel en haut, le tout dans des tons plutôt bruns, Mars ressemblant globalement à un énorme désert, mais froid.

10/16 Presque un an après Venera 7, le deux décembre 1971, et après cette fois six mois de voyage (et l'échec de sa jumelle Mars 2 qui s'est écrasée sur la planète rouge), la sonde soviétique Mars 3 fut la première à se poser sur notre autre voisine.

Hélas, si son atterrissage s'est bien passé, elle est en revanche tombée en panne une vingtaine de secondes après avoir déployé ses instruments, lui permettant à peine de transmettre une première photo incomplète et de mauvaise qualité, ne permettant pas encore d'étudier la planète rouge.
Unique photo envoyée par Mars 3, trouvée sur la page Wikipédia anglophone dédiée à la sonde. C'est la première image reçue de la planète rouge, mais à part ça, son intérêt est quand même assez limité : on voit globalement des bandes verticales floues noires et blanches.

9/16 En l'occurrence, après que des missions précédentes aient tourné plusieurs fois autour de Vénus, c'est le 15 décembre 1970, après quatre mois de voyage dans l'espace, que la sonde Venera 7 devint le premier objet terrestre à se poser carrément sur une autre planète.

Les missions Venera 8 à 14, la dernière arrivant sur place le 15 mars 1982, enverront des atterrisseurs de plus en plus perfectionnés, permettant de faire quelques relevés au sol… mais les conditions à la surface de Vénus sont si épouvantables que Venera 13, celle qui aura survécu le plus longtemps, n'aura tenu qu'à peine plus de deux heures.
Photo recolorée prise par Venera 13, trouvée sur la page Wikipédia anglophone dédiée à la sonde. L'image, que vous avez peut-être déjà croisée (en tout cas moi j'ai l'impression de la voir souvent car on s'en sert dans une séance et un atelier de mon plané), montre un sol avec des cailloux. On voit une partie de la sonde en bas, mais le ciel n'est en revanche pas visible.

8/16 Mais la conquête spatiale ne s'est évidemment pas arrêtée là. Envoyer des êtres humains vers une autre planète est globalement une mauvaise idée, on en reparlera peut-être à l'occasion, mais des missions robotisées vers ces planètes avaient déjà été lancées dès la course la la Lune.

Avec toutefois une difficulté accrue, notamment parce que les planètes, elles, tournant autour du Soleil chacune à une vitesse différente, sont à des distances qui varient pas mal avec le temps, ce qui fait qu'on ne peut raisonnablement lancer de missions qu'à certains moments précis.

D'ailleurs, on avait déjà causé de ça, rapidement, dans le thread sur l'infiniment grand, qui contient un lien bien pratique pour se représenter ces distances : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B00lUseSbXOY4KtQ8W

7/16 C'est donc grâce à toute cette histoire que nous savons aujourd'hui que notre Lune se situe à son périgée, c'est-à-dire au plus près de la Terre, à environ 356 700 kilomètres de nous, et à son apogée⁽*⁾, donc au plus loin, à environ 406 300 kilomètres… pour l'instant, car on a aussi pu se rendre compte qu'elle s'éloigne de nous.

Elle ne va pas partir tout de suite, notez, puisque cet éloignement, mesuré grâce à ces miroirs, n'est que de 3,8 centimètres par an, mais ça veut quand même dire qu'il faut profiter des éclipses totales tant qu'on est à la bonne distance, car d'ici quelques millions d'années le diamètre apparent de la Lune sera trop faible pour cacher complètement le Soleil.

(∗) Même logique que pour le périhélie et l'aphélie dont on avait parlé dans le thread sur les saisons : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B1eLdfHtgGiD0P7Qvo

6/16 Pourquoi faire ? Pour permettre de refléter précisément des faisceaux lasers envoyés depuis la Terre. En visant ces miroirs depuis un observatoire au sol, on peut capter avec précision le retour du laser, et comme on connait plutôt bien la vitesse de la lumière, cela permet de calculer la distance Terre-Lune bien mieux qu'on ne pouvait le faire jusque là.

C'est l'Observatoire de la Côte d'Azur qui a initié le projet, mais d'autres comme celui d'Apache Point ou la station Matera de l'Agence spatiale italienne ont également participé. Les miroirs sont d'ailleurs toujours utilisables aujourd'hui.
Photo, trouvée sur la même page Wikipédia, d'un observatoire participant à cette expérience. On voit une coupole (celle de l'observatoire Mc Donald, visiblement) ouverte en bas, avec un trait lumineux droit qui traverse l'image en partant de là. Il s'agit du faisceau laser, qui pointe en direction de la Lune, non visible sur l'image. Notons qu'à la vitesse de la lumière, la distance Terre-Lune met quand même environ une seconde à être parcourue.

5/16 Un second rover, Lunokhod 2, prendra la relève en janvier 1973, puis comme pour le programme Apollo, la suite des missions fut annulée et les sous consacrés à d'autres projets, notamment la mise en orbite terrestre de stations spatiales habitées (l'URSS battra de nouveau les USA dans cette course-là).

Pendant ce temps, si la France ne participe pas à la course à la Lune, nos scientifiques ont quand même l'idée d'en profiter, en demandant aux deux camps de bien vouloir transporter du matériel pour nous : les deux Lunokhod, ainsi que les astronautes des missions Apollo 11, 14 et 15 déposeront à notre demande des miroirs sur la Lune.
Photo du réflecteur lunaire déposé par l'équipage d'Apollo 11, trouvée sur la page Wikipédia sur les réflecteurs lunaires. On voit la surface lunaire, grise et globalement couverte de poussière, avec quelques empruntes de pas, et au milieu, l'objet à la surface carrée, posé légèrement incliné pour être bien en direction de la Terre. Une partie du LEM est visible en arrière-plan dans le coin en haut à gauche.

4/16 Hélas pour eux, cette mission a elle aussi été un échec, le robot ayant raté son alunissage et s'étant écrasé. Il faudra attendre octobre 1970 pour qu'une sonde entièrement automatisée ramène effectivement des échantillons sur Terre. Entre temps, les missions Apollo 12 et 13 avaient eu lieu.

Néanmoins, après la réussite de Luna 16, l'URSS lança le mois suivant Luna 17, mission qui déposa un rover autonome sur la Lune, baptisé Lunokhod 1. N'étant pas soumis aux mêmes contraintes que les humains, il a pu rester sur la Lune beaucoup plus longtemps, couvrir beaucoup plus de terrain, et faire d'autant plus de relevés scientifiques.
Reproduction du Lunokhod 1 exposée au musée de l'astronautique à Moscou, et trouvée sur la page Wikipédia anglophone dédiée au Rover. On voit ce qui ressemble à une surface de gravas en bas avec des rampes pour le public en arrière-plan, et bien sûr, occupant la plus grosse partie de l'image, l'engin, en forme globalement de plus ou moins cylindre avec un bras équipé de divers équipements d'un côté, et de l'autre, ce qui ressemble à un couvercle ouvert. En bas, le robot est équipé de quatre paires de roues l'une derrière l'autre.

3/16 Mais donc, reprenons où nous en étions. La semaine dernière, nous avons parlé du programme Apollo et des premiers pas de l'être humain sur la Lune. Et on peut se demander si c'était bien la peine de risquer des vies pour ça. C'est en tout cas probablement sur cette question que l'URSS comptait pour ne pas perdre la face.

En juillet 1969, en effet, en même temps que la mission Apollo 11 côté USA, la mission soviétique Luna 15 était en route. Son objectif était de poser un robot sur la Lune, de récupérer quelques échantillons, et de le faire revenir sur Terre avant les humains, histoire de gagner la course sans risquer davantage de vies.

Bon, on sait qu'en vrai, c'était juste un plan B suite à l'échec de la N-1, mais retournez lire là-bas si besoin : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B71sUrUUwAVsNA4vQm

2/16 Une petite anecdote pour commencer. Aujourd'hui, on a trop de satellites ; mais il a bien fallu commencer quelque part. Le premier satellite de télécommunication, le Telstar 1, a été lancé en 1962, et il a servi à communiquer entre les USA et… chez moi.

L'une des antennes impliquées dans cette histoire est en effet celle du Radôme à Pleumeur-Bodou, qui est aujourd'hui un musée voisin de mon planétarium. À l'époque, n'ayant qu'un seul satellite, on avait un créneau de 20 minutes toutes les 2h30 pour discuter, après quoi il ne survolait plus les bonnes zones et ne pouvait plus relayer les messages.
Photographie aérienne du parc du Radôme à Pleumeur-Bodou, trouvée sur Internet. On voit une zone majoritairement boisée avec des routes un peu tout autour et un certain nombre de maisons, principalement à gauche et en bas. Le Radôme est la grosse boule blanche vers le milieu-haut de l'image, avec d'autres bâtiments autour, formant la Cité des Télécoms. Plus bas se trouve une boule plus petite avec le reste du bâtiment en forme de demi-cercle autour : c'est le Planétarium de Bretagne. Entre les deux (du côté du plané) se trouve un petit lac, qui fait partie du Village Gaulois.

Quoiqu'on pense de la conquête spatiale, il faut quand même lui reconnaître quelque chose : on a réussi à hacker des missiles et à profiter d'un concours d'égo pour considérablement améliorer nos connaissances sur l'univers qui nous entoure. Ça mérite donc bien de consacrer un nouveau #Vulgadredi à ce sujet.

Donc, pour ce nouveau #VendrediVulga, on va consacrer seize pouets à continuer de parler de nos expéditions vers l'espace, mais cette fois-ci en s'intéressant davantage aux missions robotisées… et à quelques infos qu'on a pu obtenir grâce à ça.
Photo, trouvée sur la page Wikipédia dédiée à cette sonde, du décollage de la fusée ayant emmené Viking 1 vers Mars, dont on reparlera plus bas. On est ici toujours sur Terre, avec des arbres en bas, et la fusée qui décolle avec des flammes en dessous d'elle. La fumée du décollage cache d'ailleurs toute la partie droite du ciel. Il y aura globalement peu de précisions dans les alt-texts pour ce thread, je n'avais pas tellement plus à dire (et décrire les images demandait un peu plus de boulot que d'habitude).

Atelier système solaire ce matin, atelier jour et nuit cet après-midi. Je suis un peu fourbu, mais c'était cool :-)

Deux records dans la même journée : ce matin, ils ont réussi à me paumer un des panneaux représentant les planètes, première fois que ça arrivait (et heureusement on l'a retrouvé ensuite) ; cet après-midi, je crois que c'était une des cartes du ciel ayant le plus besoin de réparations que j'ai vu (mais ça va, elle marchait à la fin !)

@parleur @AugierLe42e Classé « prolo en galère » de mon côté aussi, ce qui n'est pas spécialement exact (je ne suis pas en galère (en grande partie parce que j'ai un train de vie très modéré⁽*⁾), j'ai pu choisir un taff qui me plaît, et je suis issu d'une famille de profs, donc quand même globalement beaucoup plus privilégié que pas mal de gens). Assez d'accord sur le fait que les questions de positionnement politique sont loin d'être top ; et quelques réponses tournées de façon un brin trop caricaturales à côté, on sent qu'ils n'ont pas spécialement prévu d'avoir des grands bourgeois dans leur audience. Mais bon, ça peut sans doute quand même être intéressant.

(∗) Typiquement, j'n'ai pas de voiture, donc pas de frais d'essence et l'entretien de mon vélo est sans doute globalement bien plus modéré ; ce qui de fait n'est hélas pas accessible à tout le monde.

@Gouximan @orange_lux …là où la chanson n'en verra jamais… ♫♪

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