Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

@sarah_trichet_allaire @Sobex Ah, tu ne dois pas avoir d'IPv6 sur ta connexion :-/ L'accès en IPv4 uniquement est coupé pour l'instant pour plusieurs raisons, j'oubliais.

Reste la Couronne de Cuivre, là normalement t'as tout ce dont il y a besoin sans souci, et la possibilité de poser des questions si besoin : https://www.baldursgateworld.fr/viewtopic.php?t=33028

@sarah_trichet_allaire @Sobex Tu peux trouver des infos là : https://doc.dotslashplay.it/index.fr.xhtml

Mais comme ça peut se voir à son design assez épuré, ce n'est pas le cœur de l'activité du projet, donc si tu veux pouvoir discuter de ça et de jeux d'une manière générale, je conseille de venir faire un tour sur le forum que le dev principal et moi-même co-administrons : https://www.baldursgateworld.fr/

@sarah_trichet_allaire @Sobex Le PC du dev principal de @playit a plus de dix ans et tous les jeux gérés tournent chez lui, y compris les plus récents ou gourmands (Baldur's Gate Ⅲ par exemple), donc je ne pense pas que l'âge de l'ordi soit un souci pour jouer ;-)

(Et il y a plein de jeux old schools qui sont gérés aussi, vraiment, 'faut pas hésiter de ce côté-là ;-))

@Sobex @sarah_trichet_allaire Stable va pour la plupart des usages, oui. Et unstable pour avoir quelque chose qui se met à jour en continu.

Le truc avec testing, c'est le cycle de mises à jour : les nouveaux paquets arrivent d'abord dans unstable, puis passent dans testing ensuite. Si on repère des soucis dans unstable, ça retarde l'arrivée dans testing… y compris si la mise à jour venait corriger un souci déjà repéré dans testing, où les paquets peuvent donc rester cassés beaucoup plus longtemps. C'est pour ça qu'elle est surtout conseillée aux gens qui veulent contribuer à Debian et que pour les gens qui veulent juste des MàJ en continu, on conseille plutôt unstable.

@sarah_trichet_allaire @Sobex Le compte n'existe plus en effet, mais devrait renvoyer sur ce qui sert de site (je préfère continuer de m'en servir, parce que si j'écris « play.it » directement sans les guillemets, mon idiot de Pleroma considère ça comme un lien hypertexte et ça ne pointe pas au bon endroit.)

C'est un projet cool qui permet de jouer plus facilement sous GNU/Linux. En gros, c'est un logiciel qui, quand tu lui donnes à bouffer un installateur de jeu venu d'une boutique en ligne (seuls les jeux sans DRM sont gérés), te génère un joli petit paquet que tu peux installer proprement pour avoir le jeu bien intégré dans ton système, en t'évitant de devoir bidouiller pour le faire marcher.

Ça génère des paquets pour Debian, Arch et Gentoo parce qu'il y a des contributeurices qui utilisent ces trois formats, mais on a personne qui est venu aider pour le RPM jusque là.

@Sobex @sarah_trichet_allaire Testing, c'est déconseillé, à moins de vouloir spécifiquement faire du rapport de bug pour ça. Pour un simple usage de tous les jours, 'vaut mieux unstable.)

(Et Fedora a l'inconvénient de ne pas être pris en charge par @playit, faute d'un·e contributeurice qui sache gérer leur format de paquets)

@sarah_trichet_allaire Tant qu'à rester sur du Debian, pourquoi pas… Debian ?

La version préparée par Debian-Facile est plutôt cool et pratique à prendre en main. Par contre, c'est Xfce et pas GNOME, mais ça garde une certaine proximité, je ne sais pas quel est ton niveau d'exigence là-dessus.

En tout cas n'hésite pas à jeter un œil ici : https://debian-facile.org/projets:iso-debian-facile

16/16 Si vous préférez d'autres genres de visages, vous pouvez également aller faire un tour du côté d'Étretat, dans ma Normandie natale, où je peux vous garantir qu'aucun éléphant n'est venu sculpter la falaise, et pourtant…

En tout cas, j'espère que l'été vous sera agréable malgré les températures qu'on a déjà eu à subir, et je vous donne comme d'hab' rendez-vous la semaine prochaine. Après cette petite introduction historique, on tâchera de parler plus sérieusement de la recherche de vie sur Mars. D'ici-là, merci pour les retours et les partages !
Photo de la falaise d'Étretat, avec une plage à droite et la célèbre aiguille, théâtre d'aventures d'Arsène Lupin, dans l'eau sur la droite. Entre les deux, au centre de l'image, la falaise s'avance dans la mer, et on peut voir une arche de pierre en dépasser, et qui peut, avec des reliefs marquants les yeux et les oreilles, donner l'impression d'une tête d'éléphant d'Asie dont la trompe, un peu trop épaisse, plongerait dans l'eau.

15/16 On reparlera d'ailleurs très probablement de paréidolie, et plus généralement d'illusions d'optiques, au cours d'un prochain thread, c'est un sujet que j'apprécie beaucoup également. En attendant, si vous voulez voir des visages humains dans les rochers, pas vraiment la peine d'aller jusqu'à Mars.

Vous pouvez par exemple venir sur la côte bretonne, où, pas excessivement loin de là où je travaille en ce moment, on peut en admirer un plutôt sympathique. Et si vous en profitez pour faire le tour de la baie, n'hésitez pas à venir jusqu'à mon planétarium : à partir de lundi, on passe en horaires d'été, avec quatre à six séances tous les jours de la semaine.
Photo, trouvée sur la page Wikipédia dédiée aux paréidolies, d'un « visage indien » visible dans les rochers de l'archipel des Ébihens. C'est en réalité à une bonne heure de route de Lannion, à l'autre extrémité de la baie de Saint-Brieuc, mais quand même toujours dans les Côtes d'Armor. Et donc on voit globalement un amas de rocher dont la forme de celui au centre de l'image évoque assez clairement un visage vu cette fois de profil, avec un menton, une bouche qui semble cette fois peut-être faire la moue, un nez, et le renfoncement des yeux. Détail qui est possible ici mais pas sur Mars : la végétation au dessus de ce rocher vient améliorer l'impression générale en lui dessinant une chevelure.

14/16 En fait, l'explication de cette forme de visage est très exactement la même que celle des canaux de Schiaparelli : sur une image avec peu de détails, on se rattache à ce qu'on peut et on connecte facilement plusieurs ombres entre elles.

Et notre cerveau est ensuite particulièrement doué pour interpréter ce qu'il voit, en nous faisant imaginer des visages et autres un peu partout. C'est une des raisons pour lesquelles on aime bien observer les nuages, et ce phénomène porte un joli nom : la « paréidolie ».
Puisqu'on en est à comparer, voici la photo du cratère Galle prise par la sonde Mars Global Surveyor le 13 octobre 1999. Cette fois-ci, on reconnaît immédiatement la même formation que sur l'image de Viking 1, avec le cratère circulaire, les deux yeux et le visage souriant, mais pour autant, il n'y a pas grand doute en regardant cette image, que ce n'est qu'une coïncidence, on peut d'ailleurs voir d'autres structures plus petites à l'intérieur du cratère.

13/16 D'autant plus inutiles que l'endroit a été photographié de nouveau par la sonde Mars Global Surveyor en 2001, avec du matériel de meilleure qualité et surtout des ombres disposées différemment parce la photo a été prise à un autre moment de la journée. Le résultat est alors évidemment pas mal changé, et le visage disparaît totalement.

Comme souvent, cet épisode a pu inspirer pas mal l'imaginaire, et donner quelques trucs cools pour alimenter nos fictions, mais, scientifiquement parlant, ce qu'il y a a étudier ici est plus le fonctionnement de nos cerveaux que la surface de Mars.
Photo de Cydonia Mensae prise par la sonde Mars Global Surveyor, et trouvée sur la page Wikipédia qui est dédiée à l'endroit, où il y en a d'ailleurs quelques autres assez intéressantes. On voit globalement la même forme générale du relief, mais les ombres étant très différentes, l'impression de voir un visage disparaît totalement (à la limite, celle-ci m'évoquerait peut-être plus un bouclier). En prêtant attention, on repère quand même à peu près les creux et bosses qui ont donné l'impression, sur l'image de Viking 1, de voir des yeux, un nez et une bouche, mais c'était très clairement une simple impression.

12/16 La forme d'un visage humain à la surface d'une autre planète, c'était évidemment assez intriguant, même si, pour l'équipe en charge de la mission, c'était juste une amusante coïncidence. Ce n'était d'ailleurs pas exactement la première fois qu'on voyait ce genre de choses.

Mais évidemment, l'être humain étant ce qu'il est, certaines personnes ont décidé d'y voir une structure artificielle laissée là à notre intention par une civilisation extraterrestre, et ça a encore relancé pas mal de spéculations assez inutiles.
Photo, également prise en 1976 par l'orbiteur de la mission Viking 1 et trouvée sur la page Wikipédia qui lui est dédié, du cratère Galle, un autre relief martien. Il s'agit en l'occurrence et comme son nom l'indique plus ou moins d'un cratère d'impact circulaire, comme il y en a pas mal sur plein d'autres corps célestes, sauf que celui-ci présente de petites formations rocheuses à l'intérieur qui donnent à l'ensemble l'aspect d'un smiley, et à valu à cet endroit le surnom de « Happy face crater ». Curieusement, pourtant, je ne me souviens pas avoir entendu parler de celui-ci de la part des partisans de visites extraterrestres.

11/16 Et comme vous avez pu le voir dans le thread en question, avant d'avoir des images de très haute qualité… on faisait ce qu'on pouvait avec des appareils photos un peu plus limités. Comme celui embarqué à bord de la sonde Viking 1, par exemple.

Le 25 juillet 1976, quasiment un siècle après les observations de « chenaux » par Schiaparelli, l'orbiteur de cette mission survolait un relief particulier à la surface de Mars, qu'on appelle aujourd'hui Cydonia Mensae, et a pris une photo, qui avait de quoi attirer l'attention. Je vous laisse en juger :
Photographie, trouvée sur Wikimédia Commons, du « Visage de Mars », recadrée pour centrer sur ce qui a attiré l'attention. On voit donc le sol martien vu de son ciel, avec tout un tas d'ombres noires à sa surface, mais surtout, au centre de l'image, un relief ressemblant à un visage humain dont la moitié gauche (la sienne, donc à droite pour nous) serait plongée dans l'ombre. En tout cas, les jeux d'ombres à la surface de ce relief semblent dessiner les formes de deux yeux, d'un nez, et d'une bouche.

10/16 C'était le début de l'envoi de sondes robotisées de la Terre vers les autres planètes, qu'on a évoquée dans un thread récent⁽*⁾. Et si ces observations ont enterré l'idée de mers à la surface de Mars, elles ont paradoxalement donné quelques nouvelles raisons de s'imaginer de petits hommes verts.

En effet, si on a pu réussir à se poser à quelques endroits sur Mars, on a surtout pu la survoler en long, en large et en travers, au point que l'on connaît aujourd'hui mieux la géographie martienne que celle du fond de nos propres océans. Mais ça a quand même demandé un certain temps d'en arriver là.

(∗) Si vous l'avez manqué, c'était le second thread sur l'histoire de la conquête spatiale : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B7GRh0gWnSRoyGfl8S

9/16 L'idée d'une Mars habitée a donc perduré longtemps dans les têtes, ce qui fait par exemple que l'adaptation sonore de la Guerre des mondes dirigée par Orson Welles et interprétée à la radio le 30 octobre 1938 a pu paraître particulièrement crédible à cette époque⁽*⁾.

Ce n'est que près d'un siècle après les observations de Schiaparelli que l'idée d'une Mars partiellement recouverte d'eau a finalement été globalement oubliée. Il a fallu pour ça qu'un vaisseau spatial réussisse à aller d'une planète à l'autre, mais pas tout à fait dans le sens prévu par le roman.

(∗) Si cette histoire vous intéresse et parce qu'il n'y a pas que mes vidéos à moi sur @skeptikon, je vous renvoie à l'excellent travail réalisé à ce sujet par @oisifologie, que vous pouvez retrouver là : https://skeptikon.fr/w/32tgn3o4DMHw97dwiAc7bM

8/16 Pourtant, l'invasion martienne n'est jamais arrivée, et pour cause. Dès le début du vingtième siècle, la plupart des scientifiques avaient déjà commencé à comprendre qu'il n'y avait pas d'eau liquide sur Mars et que, naturels ou artificiels, ces bras de mer n'existaient simplement pas.

Mais l'idée est restée bien plus longtemps dans l'imaginaire collectif, notamment à cause de Percival Lowell, un américain passionné d'astronomie et assez riche pour se faire construire son propre observatoire privé, qui a continué à faire publier des cartes de Mars pleines de canaux longtemps après que les scientifiques de métier aient compris ce dont il s'agissait réellement.
Photo de Percival Lowell dans son observatoire (la légende de l'image dit qu'il était pour le coup en train d'observer Vénus), trouvée sur la page Wikipédia consacrée au bonhomme. On le voit assis sur une chaise qui semble fixée sur une échelle et pouvant donc monter et descendre, et en train de mettre son œil sur l'objectif d'un télescope assez gros pour qu'il puisse y entrer tout entier. Cette image apparaît d'ailleurs brièvement dans ma vidéo sur Pluton, car la découverte d'une neuvième planète était l'autre marotte de Lowell, et c'est au sein de son observatoire que Clyde Tombaugh découvrira plus tard ce que l'on considère aujourd'hui comme une planète naine.

7/16 Ce sont donc ces observations et l'ambiguïté de la langue qui ont mis dans la tête de pas mal de gens de l'époque que Mars pourrait être habitée… et que ses habitants pouvaient même être technologiquement plus avancés que nous, puisqu'ils semblaient déjà sacrément en avance au moins sur la construction de canaux.

Ces idées ont d'ailleurs assez vite débordé hors du monde scientifique, d'où notamment la parution à la fin du ⅩⅨème siècle de plusieurs romans à succès parlant d'extraterrestres, le plus célèbre étant sans doute celui d'Herbert Georges Wells en 1898, la Guerre des mondes.
Image, illustrant actuellement la page Wikipédia dédiée au livre, d'un tripode, un des véhicules d'invasion utilisés par les martiens dans le roman de Wells. On voit en bas de l'image une rivière qui en traverse la moitié gauche, et sur la droite, au dessus d'un navire échoué, un gigantesque robot à trois pieds (d'où son nom). Ces trois pieds sont de longues tiges fines supportant un habitacle, qui est donc pas mal en hauteur, un peu à la façon des blindés de terrain dans Star Wars, mais avec des jambes beaucoup plus souples, ce qui doit rendre plus difficile le fait de les faire s'écraser au sol. Plusieurs tentacules sortent de cet habitacle, dont une équipée d'un canon laser qu'on voit tirer sur l'image. On voit aussi l'ombre menaçante du véhicule portée sur les nuages en arrière-plan.

6/16 Et donc ces « canali » sont désignés en italien par un mot qui désigne aussi ce qu'en français on appelle des « canaux », des créations artificielles pour faire volontairement passer de l'eau d'un endroit à un autre. Comme par exemple le canal de Suez, percé entre 1859 et 1869, ou celui de Panama, dont la construction débutera en 1880.

Dans le contexte de l'époque, en lisant les travaux de Schiaparelli, pas mal de gens (et pas que chez nous : la même différence existe avec « channel » et « canal » en anglais) ont donc naturellement surtout pensé à quelque chose d'artificiel, comme si des habitants avaient creusé pour faire passer l'eau où ils voulaient.
Vue par satellite du Canal de Suez, trouvée sur la page Wikipédia qui lui est dédiée. On voit un bout de la mer Rouge en bas, de la Méditerranée en haut, et entre les deux, une surface majoritairement désertique (la seule exception étant la zone au nord-ouest), mais traversée par un canal navigable plus ou moins rectiligne, avec quand même un gros lac naturel au milieu. Ce canal semble plutôt étroit vu depuis l'orbite terrestre, et arriver à en détecter des traces au télescope depuis Mars ne semble pas particulièrement vraisemblable, ce qui nous donne peut-être un indice pour la suite.

5/16 Mais c'est aussi en 1877 que sont parus des croquis de Mars qui ont assez fortement marqué les esprits : ceux de l'astronome italien Giovanni Schiaparelli. À cette époque, sans savoir de quoi Mars était composée, on supposait que les parties les plus sombres pouvaient être des mers.

Et Schiaparelli, voyant dans son télescope ce qui lui semble être des traits sombres allant d'une de ces « mers » à l'autre, qu'il a donc interprétés comme des bras de mers, ce qu'en français on appelle des « chenaux ». Mais dans sa langue natale, qu'il a utilisé pour ses publications, le mot « chenal » se dit « canale ».
Une des cartes de Mars tracées par Schiaparelli. Il s'agit d'un planisphère, représenté ici avec le sud en haut et le nord en bas. On pensait à l'époque que la partie sud de la planète était dans sa grande majorité couverte d'eau (on voit en particulier une grande mer principale simplement appelée « Mare Australe »), tandis que la partie nord était beaucoup plus sèche, avec quelques petites « mers », mais globalement surtout de la Terre émergée, et cette carte montre tout un réseau de chenaux quadrillant cette partie de la planète.

4/16 D'autres croquis suivront, de plus en plus détaillés, à mesure que les instruments optiques gagnent en précision. William Herschel, qu'on a aussi déjà évoqué plusieurs fois, publiera ainsi une cartographie de Mars en 1784, soit pas bien longtemps avant la révolution française.

Il faudra néanmoins attendre 1877 pour que l'astronome américain Asaph Hall découvre les deux satellites naturels de cette planète, Deimos et Phobos, bien plus petits que notre Lune à nous. La page Wikipédia sur les tempêtes martiennes liste aussi cette année pour le début d'observations de tempêtes planétaires, mais je ne trouve aucune autre info à ce sujet.

Mais pour les tempêtes planétaires, voyez le thread de la semaine dernière : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B7jKBCKhNDC4MYiMNM

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