Série de #Vulgadredi sur les soins et la santé, quatrième partie ! Dans les trois derniers, on a parlé de la façon dont on a appris à se protéger de certaines maladies grâce à la vaccination, et de comment celle-ci fonctionne au juste. Pour ce nouveau #VendrediVulga, on va parler un peu de ce qu'on fait quand on n'a pas pu se protéger… et d'un danger qui nous guette.
Et on va commencer cette nouvelle série de seize pouets par une mauvaise nouvelle : malgré les énormes progrès fait en médecine au cours de ces derniers siècles, il y a toujours un grand nombre de maladies contre lesquelles on ne sait tout simplement pas lutter de façon efficace.
Et on va commencer cette nouvelle série de seize pouets par une mauvaise nouvelle : malgré les énormes progrès fait en médecine au cours de ces derniers siècles, il y a toujours un grand nombre de maladies contre lesquelles on ne sait tout simplement pas lutter de façon efficace.
2/16 On peut soulager certains symptômes, et on y reviendra un peu dans le prochain thread, mais attaquer la cause de la maladie, donc les virus ou les bactéries qui obligent notre corps à se défendre, provoquant ces symptômes… ben une fois qu'on les a à l'intérieur de nous, c'est beaucoup moins évident.
Fabriquer des vaccins en tuant ou en atténuant des microbes reste, en comparaison, relativement simple, parce que ça se passe dans une boîte de Petri et que, dans une boîte de Petri, les microbes sont directement à notre portée et on peut nuire à leur santé par plein de moyens différents, le Pharmachien en parlait dans sa B.D. sur les traitements contre le rhume :
Fabriquer des vaccins en tuant ou en atténuant des microbes reste, en comparaison, relativement simple, parce que ça se passe dans une boîte de Petri et que, dans une boîte de Petri, les microbes sont directement à notre portée et on peut nuire à leur santé par plein de moyens différents, le Pharmachien en parlait dans sa B.D. sur les traitements contre le rhume :
3/16 Dans notre corps, en revanche, c'est beaucoup plus compliqué, car il faut arriver à agir sur ces microbes, ce qui est déjà plus dur dans un milieu largement plus complexe… mais, si possible, sans trop bousiller les cellules de notre propre corps au passage !
Parfois, on a fini par trouver comment contenir, plus ou moins efficacement, les effets de l'infection. C'est le cas pour le VIH, où un ensemble de médicaments spécialisés permet de limiter grandement les symptômes et de prolonger l'espérance de vie… mais sans provoquer de guérison, et le traitement doit être pris à vie, faute de quoi ces bénéfices sont perdus.
Pour plus de renseignements sur ce type de sujets, vous pouvez par exemple aller lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antir%C3%A9troviral
Parfois, on a fini par trouver comment contenir, plus ou moins efficacement, les effets de l'infection. C'est le cas pour le VIH, où un ensemble de médicaments spécialisés permet de limiter grandement les symptômes et de prolonger l'espérance de vie… mais sans provoquer de guérison, et le traitement doit être pris à vie, faute de quoi ces bénéfices sont perdus.
Pour plus de renseignements sur ce type de sujets, vous pouvez par exemple aller lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antir%C3%A9troviral
4/16 Mais pour pas mal d'autres maladies comme la rougeole, ou encore læ covid, il n'existe simplement aucun traitement spécifique, et notre seul réel moyen de défense contre elles est une vaccination préventive, permettant à notre corps de savoir produire des anticorps spécifiques.
Heureusement, on a pu dans d'autres cas trouver des remèdes efficaces. C'est le cas par exemple pour le tétanos, qu'on a rapidement évoqué la semaine dernière. D'ailleurs je recommande vivement aux gens qui auraient loupé le thread de la semaine dernière d'aller y jeter un œil, ça aidera sans doute pas mal à comprendre la suite.
Donc, si vous en avez besoin, c'est par là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/BAJ1QVxeIrw5DTQTOS
Heureusement, on a pu dans d'autres cas trouver des remèdes efficaces. C'est le cas par exemple pour le tétanos, qu'on a rapidement évoqué la semaine dernière. D'ailleurs je recommande vivement aux gens qui auraient loupé le thread de la semaine dernière d'aller y jeter un œil, ça aidera sans doute pas mal à comprendre la suite.
Donc, si vous en avez besoin, c'est par là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/BAJ1QVxeIrw5DTQTOS
5/16 Le tétanos est une maladie due à une bactérie, et non à un virus comme le sida, la rage ou la variole dont nous avons parlé ces derniers temps. Cette bactérie produit une neurotoxine, c'est-à-dire une substance chimique qui affecte le fonctionnement de notre système nerveux, entraînant la mort dans 20 à 30% des cas.
Cette maladie se transmet par contact, lorsque ses bactéries entre dans notre corps par une coupure, griffure, ou autre ouverture auxquels nous ne prêtons pas toujours attention mais qui permet de passer la barrière de notre peau et d'entrer dans le sang, ce qui peut donc survenir assez simplement dans la vie de tous les jours.
Cette maladie se transmet par contact, lorsque ses bactéries entre dans notre corps par une coupure, griffure, ou autre ouverture auxquels nous ne prêtons pas toujours attention mais qui permet de passer la barrière de notre peau et d'entrer dans le sang, ce qui peut donc survenir assez simplement dans la vie de tous les jours.
6/16 Heureusement, la plupart d'entre nous aujourd'hui sommes vacciné·e·s, et nos corps sont donc entraînés à se défendre. Mais avant de mettre au point ce vaccin, on avait déjà remarqué que la maladie affectait également plusieurs autres animaux. Le cheval, notamment, y est assez sensible.
Comme pour le choléra des poules sur lequel Pasteur avait travaillé, on a vu ça il y a deux semaines, on a donc aussi cherché à protéger nos animaux d'élevage ou de compagnie. Les travaux à ce sujet ont connu de gros progrès lorsqu'on est parvenu à cultiver la bactérie en laboratoire, en 1889, puis l'année suivante à isoler la toxine elle-même.
Comme pour le choléra des poules sur lequel Pasteur avait travaillé, on a vu ça il y a deux semaines, on a donc aussi cherché à protéger nos animaux d'élevage ou de compagnie. Les travaux à ce sujet ont connu de gros progrès lorsqu'on est parvenu à cultiver la bactérie en laboratoire, en 1889, puis l'année suivante à isoler la toxine elle-même.
7/16 Cela a permis d'« atténuer » cette toxine et d'obtenir, dès cette même année, un vaccin efficace, d'abord sur des lapins, puis sur des chevaux. On s'est alors rendu compte que les chevaux vaccinés, exposés à la maladie, produisaient de très grandes quantités d'anticorps efficaces contre la toxine, que l'on pouvait filtrer assez facilement.
Dans les années qui suivirent, alors que l'atténuation était encore insuffisante pour appliquer le vaccin aux êtres humains, on a donc commencé à produire un « sérum antitétanique » en récupérant ces anticorps produits par des chevaux. Injectés à un être humain, les anticorps de ce sérum immobilisaient bien la toxine et permettaient au patient de guérir.
Dans les années qui suivirent, alors que l'atténuation était encore insuffisante pour appliquer le vaccin aux êtres humains, on a donc commencé à produire un « sérum antitétanique » en récupérant ces anticorps produits par des chevaux. Injectés à un être humain, les anticorps de ce sérum immobilisaient bien la toxine et permettaient au patient de guérir.
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8/16 Le sérum antitétanique ainsi produit a pu sauver un grand nombre de gens pendant la première guerre mondiale, les conditions de vie dans les tranchées étant propices à la propagation de la maladie. Même si certaines personnes ont pu développer des réactions allergiques au sérum obtenu grâce aux chevaux, ce qui n'était pas top.
Des vaccins humains ont finalement pu être mis au point au cours des années 1920, et ils ont donc pris le relai pour la seconde guerre mondiale. Depuis les années 1960, on utilise d'ailleurs, pour soigner les personnes non-vaccinées, du sérum produit par des êtres humains plutôt que par des chevaux, ce qui limite les risques.
Des vaccins humains ont finalement pu être mis au point au cours des années 1920, et ils ont donc pris le relai pour la seconde guerre mondiale. Depuis les années 1960, on utilise d'ailleurs, pour soigner les personnes non-vaccinées, du sérum produit par des êtres humains plutôt que par des chevaux, ce qui limite les risques.
9/16 Voici donc un cas où mettre au point un vaccin pour les animaux a permis de développer un traitement pour l'humain. Mais on a aussi pu isoler certaines substances qui ne viennent pas de nous et qui ont une certaine efficacité également : les fameux antibiotiques.
Terme qui est d'ailleurs un peu fourre-tout, car il existe des tas de substances désignées ainsi, dont les modes d'actions peuvent différer pas mal. De même d'ailleurs que leurs origines, car pas mal d'êtres vivants différents peuvent en produire. Le premier d'entre eux que l'on ait découvert est ainsi produit par un champignon.
Terme qui est d'ailleurs un peu fourre-tout, car il existe des tas de substances désignées ainsi, dont les modes d'actions peuvent différer pas mal. De même d'ailleurs que leurs origines, car pas mal d'êtres vivants différents peuvent en produire. Le premier d'entre eux que l'on ait découvert est ainsi produit par un champignon.
10/16 Il s'agit ici surtout d'une histoire de coup de bol, parce qu'elle commence… par un retour de vacances. En l'occurrence celui de Sir Alexander Fleming qui, lorsqu'il reprend ses travaux dans un hôpital londonien un beau jour de 1928, se rend compte que des champignons étudiés par un de ses collègues ont envahi les cultures de bactéries infectieuses sur lesquelles lui-même travaillait.
Or, il semble que les bactéries aient totalement déserté les zones où les champignons se sont installées. Il travaille alors à identifier le champignon, Penicillium notatum, et parvient à isoler une substance que ces champignons produisent, et qui se trouve tuer les bactéries. On donnera à cette substance le nom de pénicilline.
Or, il semble que les bactéries aient totalement déserté les zones où les champignons se sont installées. Il travaille alors à identifier le champignon, Penicillium notatum, et parvient à isoler une substance que ces champignons produisent, et qui se trouve tuer les bactéries. On donnera à cette substance le nom de pénicilline.
11/16 Faisant quelques tests de plus, Flemming se rend compte que la pénicilline ne tue pas seulement les bactéries qu'il étudiait, mais également quelques autres. Il envisagera donc qu'on peut l'utiliser comme désinfectant, mais malgré quelques usages intéressants dès 1930, ça ne révolutionnera pas le monde tout de suite.
Ce n'est que près de dix ans plus tard que l'on commencera à savoir produire cette substance en quantité suffisante (et de façon suffisamment spécifique, sans qu'elle vienne avec d'autres substances plus gênantes) pour commencer à réaliser quelques essais cliniques, qui sont vite très prometteurs… et il faudra encore quelques années de plus pour en produire assez pour un véritable usage en médecine.
Ce n'est que près de dix ans plus tard que l'on commencera à savoir produire cette substance en quantité suffisante (et de façon suffisamment spécifique, sans qu'elle vienne avec d'autres substances plus gênantes) pour commencer à réaliser quelques essais cliniques, qui sont vite très prometteurs… et il faudra encore quelques années de plus pour en produire assez pour un véritable usage en médecine.
12/16 On découvrira donc par la suite un grand nombre d'autres antibiotiques, qui sont globalement des substances détruisant ou empêchant le développement des bactéries. Je ne vais pas trop détailler, mais Wikipédia⁽*⁾ pourra vous renseigner si vous voulez vous plonger là-dedans.
Leur action est spécifique aux bactéries, qui sont, on en avait déjà parlé, un des trois domaines du monde vivant, les deux autres étant les archées et les eucaryotes, dont nous faisons partie. Puisqu'ils n'affectent pas les cellules eucaryotes, ils peuvent donc agir dans notre corps sans risque pour nous.
(∗) Cette page-ci, par exemple : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d'antibiotiques
Leur action est spécifique aux bactéries, qui sont, on en avait déjà parlé, un des trois domaines du monde vivant, les deux autres étant les archées et les eucaryotes, dont nous faisons partie. Puisqu'ils n'affectent pas les cellules eucaryotes, ils peuvent donc agir dans notre corps sans risque pour nous.
(∗) Cette page-ci, par exemple : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_d'antibiotiques
13/16 …enfin, ça dépend un peu, car toutes les bactéries ne sont pas mauvaises, loin de là : nous hébergeons par exemple dans notre tube digestif des tas de bactéries assez indispensables à notre survie, et il faut donc parfois prendre quelques précautions avant d'utiliser quelque chose qui peut aussi les affecter.
Et en fait, le modèle à trois domaines du vivant dont je vous avais parlé est un peu daté : on sait maintenant que les eucaryotes dérivent des archées et que donc les bactéries sont une des deux, et non plus trois, familles principales d'êtres vivants. En tout cas, ça fait du monde, et évidemment je vous donne ici une version un peu trop simplifiée.
Mais si ces histoires de classement ne vous sont pas familières, vous pouvez réviser là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/Ayq6HnZA7DBl1vwY2S
Et en fait, le modèle à trois domaines du vivant dont je vous avais parlé est un peu daté : on sait maintenant que les eucaryotes dérivent des archées et que donc les bactéries sont une des deux, et non plus trois, familles principales d'êtres vivants. En tout cas, ça fait du monde, et évidemment je vous donne ici une version un peu trop simplifiée.
Mais si ces histoires de classement ne vous sont pas familières, vous pouvez réviser là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/Ayq6HnZA7DBl1vwY2S
14/16 Un point essentiel est en tout cas que les antibiotiques n'agissent que sur les bactéries… et donc pas sur les virus ! Ils n'auraient donc strictement aucun effet pour soigner la rage ou la variole. D'autant qu'il vaut mieux éviter d'en consommer trop, en raison d'un autre petit souci : la sélection naturelle.
Il existe en effet quelques bactéries qui se trouvent avoir une résistance naturelle aux antibiotiques. En temps normal, elles sont plutôt rares, d'autant que cette résistance vient souvent avec un coût, les rendant moins performantes. Mais dans un milieu bourré d'antibiotiques, elles sont nettement plus avantagées (et je rappelle que mes alt-texts contiennent souvent quelques infos en plus).
Il existe en effet quelques bactéries qui se trouvent avoir une résistance naturelle aux antibiotiques. En temps normal, elles sont plutôt rares, d'autant que cette résistance vient souvent avec un coût, les rendant moins performantes. Mais dans un milieu bourré d'antibiotiques, elles sont nettement plus avantagées (et je rappelle que mes alt-texts contiennent souvent quelques infos en plus).
15/16 Or, nous nous sommes mis à utiliser beaucoup trop intensivement ces antibiotiques, ce qui conduit à favoriser grandement la prolifération de ces bactéries résistantes… et diminue donc d'autant l'intérêt des antibiotiques pour nous défendre contre elles.
Les antibiotiques ont tellement aidé à réduire la mortalité causée par les infections (on parle quand même de plus de dix ans gagnés sur l'espérance de vie moyenne) que cette perte d'efficacité risque fort d'avoir des effets assez catastrophiques. Nous connaissons la façon dont ça fonctionne, et donc il est de notre responsabilité de faire attention sur ce point.
« Les antibiotiques, c'est pas automatique », donc. Mais vous préférerez peut-être la version du Pharmachien : https://lepharmachien.com/antibiotiques/
Les antibiotiques ont tellement aidé à réduire la mortalité causée par les infections (on parle quand même de plus de dix ans gagnés sur l'espérance de vie moyenne) que cette perte d'efficacité risque fort d'avoir des effets assez catastrophiques. Nous connaissons la façon dont ça fonctionne, et donc il est de notre responsabilité de faire attention sur ce point.
« Les antibiotiques, c'est pas automatique », donc. Mais vous préférerez peut-être la version du Pharmachien : https://lepharmachien.com/antibiotiques/
16/16 Maintenant, qu'en est-il des autres médicaments ? Un certain nombre d'entre eux ne présentent pas ce souci… parce que leur rôle est d'agir sur les symptômes, et pas sur la maladie elle-même. Ce qui ne les empêche pas d'avoir des effets assez notables, ni que leur origine puisse être assez intéressante aussi.
Dans le thread de la semaine prochaine, nous jetterons un petit coup d'œil à cette question, en parlant un peu plus généralement de liens entre la chimie pratiquée dans nos labos et le vivant. En tout cas, si ça vous plaît toujours, donc comme d'hab, merci d'avance pour les retours et les partages ! Et je me permet de rajouter un dix-septième pouet avec un sondage.
Dans le thread de la semaine prochaine, nous jetterons un petit coup d'œil à cette question, en parlant un peu plus généralement de liens entre la chimie pratiquée dans nos labos et le vivant. En tout cas, si ça vous plaît toujours, donc comme d'hab, merci d'avance pour les retours et les partages ! Et je me permet de rajouter un dix-septième pouet avec un sondage.
17/16 En effet, ça fait maintenant quatre threads que je vous parle de trucs avec lesquels je suis familier de plutôt longue date (je regardais beaucoup Il était une fois la vie étant môme, et je me souviens avoir vu l'histoire de Jenner au collège, parce que je suis tombé dessus en interro où j'ai eu un des rares 20/20 de ma carrière scolaire). Et puis je suis retombé dessus plus tard en m'intéressant au scepticisme, parce que la médecine est sujette à pas mal de mésinformation. Mais comme tout le monde n'a pas eu le même parcours que moi, j'aimerais savoir : à quel point est-ce que ce que je vous raconte-là (donc sur les quatre derniers threads, en gros) est nouveau pour vous ?