Dans le #Vulgadredi de la semaine dernière, nous avons parlé du test du miroir, et des difficultés qu'on peut avoir à appréhender l'intelligence animale… difficultés qui sont donc surtout de notre côté, mais je vous laisse retourner lire si besoin (je remettrai le lien plus bas).
Comme nous sommes de nouveau #VendrediVulga, on va maintenant pouvoir parler un peu plus en détails de certaines choses plus précises qu'on a pu observer dans la nature et tester autour de nous. Et ça va nous prendre un peu plus que les seize pouets habituels… vingt-deux devrait être pas mal. On y va ?
Comme nous sommes de nouveau #VendrediVulga, on va maintenant pouvoir parler un peu plus en détails de certaines choses plus précises qu'on a pu observer dans la nature et tester autour de nous. Et ça va nous prendre un peu plus que les seize pouets habituels… vingt-deux devrait être pas mal. On y va ?
2/22 Alors, commençons comme la dernière fois par un petit coup de #VendrediLecture, parce que pas mal des choses que je vais pouvoir vous dire dans ce thread, en tout cas à propos des bestioles marines, je les dois à un autre vulgarisateur scientifique, Sébastien Moro.
Il tient apparemment une chaîne YouTube, appelée Cervelle d'Oiseau il me semble, mais je ne sais pas trop ce qu'il y fait, je le connais surtout parce que j'ai eu la chance de voir deux confs qu'il a donné près de chez moi il y a quelques années. Confs dans lesquelles il présentait notamment une B.D. faite en collaboration avec la dessinatrice Fanny Vaucher, intitulée « Les paupières des poissons », et que j'ai beaucoup appréciée.
Il tient apparemment une chaîne YouTube, appelée Cervelle d'Oiseau il me semble, mais je ne sais pas trop ce qu'il y fait, je le connais surtout parce que j'ai eu la chance de voir deux confs qu'il a donné près de chez moi il y a quelques années. Confs dans lesquelles il présentait notamment une B.D. faite en collaboration avec la dessinatrice Fanny Vaucher, intitulée « Les paupières des poissons », et que j'ai beaucoup appréciée.
3/22 Et donc, commençons par un exemple qui vient de là. On va parler d'une espèce particulières de gobies (Bathygobius soporator) qui vit en bord de mer, sur les côtes du Golfe du Mexique (vous savez, cet endroit que, depuis la réélection de Donald Trump, on appelle aussi « là où retombent les débris des lancement ratés de SpaceX », si j'ai bien suivi.)
Golfe du Mexique qui est donc, si je m'en réfère à la carte que je vous avais donné dans le thread dédié, un de ces endroits bizarres où les reliefs font qu'il n'y a qu'une seule marée par jour, donc l'eau va rester basse pendant un certain temps, diminuant d'autant le terrain de jeu de nos poissons.
Si jamais, le thread sur les marées était là, au fait : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4guWlrmqXuPUnovbc
Golfe du Mexique qui est donc, si je m'en réfère à la carte que je vous avais donné dans le thread dédié, un de ces endroits bizarres où les reliefs font qu'il n'y a qu'une seule marée par jour, donc l'eau va rester basse pendant un certain temps, diminuant d'autant le terrain de jeu de nos poissons.
Si jamais, le thread sur les marées était là, au fait : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4guWlrmqXuPUnovbc
4/22 Quand la mer se retire, il reste néanmoins souvent quelques flaques ça et là, et nos gobies peuvent rester dedans à attendre que l'eau remonte. C'est généralement des coins plutôt tranquilles sans trop de prédateurs, donc ça leur va bien. Mais il arrive parfois qu'un danger se présente et qu'il faille évacuer d'urgence.
Eh bien, il se trouve que ces gobies, qui ont nagé au dessus du même endroit à marée haute, ont la capacité d'analyser et de retenir la topographie des lieux : ils se font une carte mentale de la zone et sont capables en cas de besoin de sauter d'une flaque à l'autre, sans faire d'erreurs malgré le manque de visibilité, pour retourner jusqu'à la mer.
Eh bien, il se trouve que ces gobies, qui ont nagé au dessus du même endroit à marée haute, ont la capacité d'analyser et de retenir la topographie des lieux : ils se font une carte mentale de la zone et sont capables en cas de besoin de sauter d'une flaque à l'autre, sans faire d'erreurs malgré le manque de visibilité, pour retourner jusqu'à la mer.
5/22 Donc, si vous pensiez que tous les poissons ont la mémoire de Dori (« Némo ? Tiens, c'est joli comme nom ! »), il va falloir remettre un peu ça en cause. Et vous devriez donc maintenant être dans la bonne disposition d'esprit pour qu'on en vienne enfin à parler des Labroides dimidiatus, aussi appelés labres nettoyeurs communs.
Donc, pourquoi les appelle-t-on « nettoyeurs » ? Parce que ces poissons se nourrissent en mangeant les peaux mortes et parasites sur le dos d'autres poissons, donc en les « nettoyant ». Jusque là, ça a l'air plutôt simple, et les autres poissons ont tendance à apprécier.
Donc, pourquoi les appelle-t-on « nettoyeurs » ? Parce que ces poissons se nourrissent en mangeant les peaux mortes et parasites sur le dos d'autres poissons, donc en les « nettoyant ». Jusque là, ça a l'air plutôt simple, et les autres poissons ont tendance à apprécier.
6/22 À tellement apprécier qu'un certain nombre d'entre eux vont venir plus ou moins régulièrement rendre visite aux labres qu'ils connaissent. Un peu comme les gens qui ont une voiture peuvent amener celle-ci à la station de lavage, en tout cas si celle-ci était alimentée par la saleté qu'elle nettoie plutôt qu'en monnaie.
Et donc, les labres peuvent se retrouver facilement avec des files indiennes de plusieurs poissons attendant de se faire « nettoyer ». De quoi leur assurer un bon repas… en tout cas si le poisson ne finit pas par se lasser et partir voir ailleurs s'il attend trop.
Et donc, les labres peuvent se retrouver facilement avec des files indiennes de plusieurs poissons attendant de se faire « nettoyer ». De quoi leur assurer un bon repas… en tout cas si le poisson ne finit pas par se lasser et partir voir ailleurs s'il attend trop.
7/22 Et on a pu constater que les labres vont, pour éviter ça, prioriser leurs « clients » : si la plupart de ces poissons sont territoriaux, certaines espèces ont des territoires beaucoup plus grand que d'autres. Territoires où peuvent éventuellement vivre d'autres labres, peut-être moins occupés.
Les labres nettoyeurs vont donc se diriger en priorité vers les poissons ayant le plus grand territoire, qui risqueraient sinon d'aller se faire nettoyer ailleurs, tandis que ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'attendre là vont devoir poireauter plus longtemps. Ce qui implique donc d'avoir au moins une bonne idée des distances que parcourt chaque « client » et des endroits où se trouvent leurs « concurrents » !
Les labres nettoyeurs vont donc se diriger en priorité vers les poissons ayant le plus grand territoire, qui risqueraient sinon d'aller se faire nettoyer ailleurs, tandis que ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'attendre là vont devoir poireauter plus longtemps. Ce qui implique donc d'avoir au moins une bonne idée des distances que parcourt chaque « client » et des endroits où se trouvent leurs « concurrents » !
@elzen
22 ? Waouh !
Gob
8/22 Mais ce n'est pas tout. Les peaux mortes et les parasites, ce n'est en effet pas le truc le plus délicieux du monde, même pour un labre nettoyeur. Croquer un petit peu de mucus du poisson qui se fait nettoyer est plus appétissant pour eux… mais, évidemment, le poisson en question n'apprécie pas trop.
Les labres évident donc de faire ça sur les prédateurs qui pourraient les croquer en retour. Mais pas seulement : on a remarqué qu'ils ne se mettaient à mordre leurs « clients » que dans les configurations où aucun autre poisson ne les observait, histoire de ne pas ternir leur réputation.
Les labres évident donc de faire ça sur les prédateurs qui pourraient les croquer en retour. Mais pas seulement : on a remarqué qu'ils ne se mettaient à mordre leurs « clients » que dans les configurations où aucun autre poisson ne les observait, histoire de ne pas ternir leur réputation.
9/22 Car oui, c'est vraiment une question de réputation : il semble qu'on connaisse même au moins un cas de labre se rendant sur le territoire (proche) de ses « concurrents » juste pour mordre les poissons qui s'y trouvent, ce qui les incite à venir plutôt se faire nettoyer chez lui !
On note d'ailleurs que, quand un poisson mécontent après une morsure finit par revenir, le labre va alors lui accorder un traitement de faveur pour restaurer de bonnes relations, en lui prodiguant un massage. On a donc ici des relations sociales d'une assez grande richesse et complexité.
Pas vraiment étonnant, donc, qu'ils passent le test du miroir, comme on en parlait la semaine dernière : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B5OHmKGXsxQpGo429A
On note d'ailleurs que, quand un poisson mécontent après une morsure finit par revenir, le labre va alors lui accorder un traitement de faveur pour restaurer de bonnes relations, en lui prodiguant un massage. On a donc ici des relations sociales d'une assez grande richesse et complexité.
Pas vraiment étonnant, donc, qu'ils passent le test du miroir, comme on en parlait la semaine dernière : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B5OHmKGXsxQpGo429A
10/22 Mais il ne s'agissait jusque là que de choses qu'on a pu observer sur le terrain. C'est déjà bien, mais je voulais aussi vous parler de la façon dont on expérimente pour essayer de mettre en lumière certaines capacités chez les animaux. Donc voyons un peu ça.
On a imaginé tout un tas de tests reposant globalement sur le même principe : on donne à l'animal plusieurs possibilités, s'il comprend la consigne et choisit la bonne option, il a droit à une friandise (un truc à manger qu'il aime bien), s'il choisit une mauvaise option, c'est une substance qui ne lui plaît pas.
Bon, ça a l'air cool, dit comme ça, en pratique @bikepunk peut témoigner que ça ne l'est pas toujours, loin de là : https://mastodon.tetaneutral.net/@bikepunk/116419341365555879
On a imaginé tout un tas de tests reposant globalement sur le même principe : on donne à l'animal plusieurs possibilités, s'il comprend la consigne et choisit la bonne option, il a droit à une friandise (un truc à manger qu'il aime bien), s'il choisit une mauvaise option, c'est une substance qui ne lui plaît pas.
Bon, ça a l'air cool, dit comme ça, en pratique @bikepunk peut témoigner que ça ne l'est pas toujours, loin de là : https://mastodon.tetaneutral.net/@bikepunk/116419341365555879
11/22 Mais restons ici sur les cas plutôt cools. Un des tests de ce style, réalisé en 2017, a consisté à montrer à des abeilles deux plateaux comptant un certain nombre de points. Si l'abeille se pose sur le plateau comptant le moins de point, elle reçoit un peu de sucre, qu'elle adore ; si elle se pose sur celui en comptant le plus, elle reçoit de la quinine, dont elle n'est pas fan.
Il suffit de quelques essais pour qu'une abeille comprenne la consigne et se pose quasi-systématiquement sur le « bon » plateau. Vu que mes piques sur l'« IA » ont l'air de vous plaire, rappelons par comparaison que le moindre entraînement en « apprentissage machine » demande au strict minimum quelques milliers d'essais-erreurs !
Il suffit de quelques essais pour qu'une abeille comprenne la consigne et se pose quasi-systématiquement sur le « bon » plateau. Vu que mes piques sur l'« IA » ont l'air de vous plaire, rappelons par comparaison que le moindre entraînement en « apprentissage machine » demande au strict minimum quelques milliers d'essais-erreurs !
12/22 Mais ce n'est pas l'efficacité de l'apprentissage qui était testée ici. Les personnes ayant réalisé l'étude de 2017, une fois leurs abeilles habituées au test, ont tenté avec un piège : un plateau comptant un seul point… et l'autre n'en comptant simplement aucun.
Dans une large majorité des cas, les abeilles ont choisi d'aller se poser sur ce dernier, preuve qu'elles arrivent à conceptualiser que « rien, c'est moins que un ». Jusque là, seuls des primates et des perroquets avaient montré une compréhension partielle du concept de zéro, mais une abeille y arrive aussi, donc.
Rappelons que même pour nous humains, ça n'a pas toujours été évident : https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro#Histoire
Dans une large majorité des cas, les abeilles ont choisi d'aller se poser sur ce dernier, preuve qu'elles arrivent à conceptualiser que « rien, c'est moins que un ». Jusque là, seuls des primates et des perroquets avaient montré une compréhension partielle du concept de zéro, mais une abeille y arrive aussi, donc.
Rappelons que même pour nous humains, ça n'a pas toujours été évident : https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9ro#Histoire
13/22 Notons au passage qu'un truc un peu moins cool a été testé chez au moins des rats et des pigeons : plutôt qu'un critère précis de réussite au test, la récompense était donnée aléatoirement. Et on a vu dans ce cas les animaux se mettre à développer des superstition, répéter des actions arbitraires au cas où ce serait ce qu'on attendait d'eux… ou développer des comportements addictifs.
Je n'ai pas essayé de vérifier ce qu'il en est vraiment, mais la rumeur dit que ces expériences ont inspiré les systèmes de recommandation qu'on trouve sur des sites comme YouTube, parce qu'après tout, Homo sapiens est autant susceptible que les autres animaux d'être conditionné.
Ceci dit, on connaît aussi des animaux qui n'ont pas besoin qu'on les motive pour se creuser la tête : https://news.ubc.ca/2026/03/raccoons-solve-puzzles-for-the-fun-of-it-new-study-finds/
Je n'ai pas essayé de vérifier ce qu'il en est vraiment, mais la rumeur dit que ces expériences ont inspiré les systèmes de recommandation qu'on trouve sur des sites comme YouTube, parce qu'après tout, Homo sapiens est autant susceptible que les autres animaux d'être conditionné.
Ceci dit, on connaît aussi des animaux qui n'ont pas besoin qu'on les motive pour se creuser la tête : https://news.ubc.ca/2026/03/raccoons-solve-puzzles-for-the-fun-of-it-new-study-finds/
14/22 Mais donc, tant qu'on est à parler de ces tests, et au cas où je ne vous aurais pas encore convaincu que les labres nettoyeurs sont des bestioles fascinantes, parlons d'une autre expérience, réalisée en 2010. Il s'agissait de présenter aux animaux testés deux assiettes, de deux couleurs différentes pour pouvoir être identifiées.
Le twist était ici que les deux contenaient de la nourriture appréciée par les animaux (et pas une qui plaît et l'autre pas comme plus haut), mais que l'une des deux assiettes était fixe et toujours disponible, tandis que l'autre était rendue inaccessible dès que l'animal allait piocher dans la première.
Le twist était ici que les deux contenaient de la nourriture appréciée par les animaux (et pas une qui plaît et l'autre pas comme plus haut), mais que l'une des deux assiettes était fixe et toujours disponible, tandis que l'autre était rendue inaccessible dès que l'animal allait piocher dans la première.
15/22 Il s'agissait donc ici de mesurer la capacité à anticiper et à agir en fonction de ces attentes, en allant piocher d'abord dans l'assiette qui partirait s'ils attaquaient l'autre. Sans surprise, puisque c'est une contrainte qu'ils rencontrent dans leur vie de tous les jours, les labres ont réussi haut la main.
Mais si j'ai parlé d'« animaux » et pas seulement de labres au pouet précédent, c'est parce que plusieurs espèces de singes ont également été testés… y compris une Homo sapiens âgée de quatre ans, puisqu'un des auteurs de l'article a voulu essayer avec sa fille. Le résultat ? Disons pudiquement que les primates ont fait beaucoup moins bien que les poissons.
Mais si j'ai parlé d'« animaux » et pas seulement de labres au pouet précédent, c'est parce que plusieurs espèces de singes ont également été testés… y compris une Homo sapiens âgée de quatre ans, puisqu'un des auteurs de l'article a voulu essayer avec sa fille. Le résultat ? Disons pudiquement que les primates ont fait beaucoup moins bien que les poissons.
16/22 Deux précisions supplémentaires : d'une part, en fait, tous les labres n'ont pas aussi bien réussi : les adultes pêchés en mer s'en sont sortis sans problème, tandis que les plus jeunes, n'ayant jamais eu leur propre « station de nettoyage » ont eu plus de mal : il y a donc une partie liée à l'apprentissage dans cette capacité.
D'autre part et en revanche, l'équipe a tenté d'inverser le rôle des deux assiettes en cours de route, ce qui pour le coup ne correspond à aucune situation que les labres ont pu rencontrer dans leur vie de tous les jours… et pourtant ils s'y sont adaptés très rapidement, signe qu'il y a aussi une certaine flexibilité qui n'a pas besoin d'être apprise.
D'autre part et en revanche, l'équipe a tenté d'inverser le rôle des deux assiettes en cours de route, ce qui pour le coup ne correspond à aucune situation que les labres ont pu rencontrer dans leur vie de tous les jours… et pourtant ils s'y sont adaptés très rapidement, signe qu'il y a aussi une certaine flexibilité qui n'a pas besoin d'être apprise.
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17/22 Et puis, un détail mignon : quand on leur représente l'assiette qui a été précédemment retirée, les labres nettoyeurs ont tendance… à aller lui faire un petit massage, comme ils font habituellement pour les poissons étant repartis mécontents. Ils sont habitués à se nourrir sur des êtres vivants, après tout.
Maintenant, si ça ne vous suffit pas, mentionnons une autre étude réalisée avec des labres nettoyeurs, mais au protocole beaucoup plus complexe : quatre assiettes de couleurs contenant toutes de la nourriture que le poisson appréciera, mais, l'une quand même moins que les autres. Une assiette de bouffe ordinaire, trois assiettes de friandises.
Maintenant, si ça ne vous suffit pas, mentionnons une autre étude réalisée avec des labres nettoyeurs, mais au protocole beaucoup plus complexe : quatre assiettes de couleurs contenant toutes de la nourriture que le poisson appréciera, mais, l'une quand même moins que les autres. Une assiette de bouffe ordinaire, trois assiettes de friandises.
18/22 On présente donc au labre, à intervalles réguliers, deux de ces assiettes. Celle contenant la nourriture ordinaire est systématiquement présente, les autres ne sont données qu'à des intervalles de temps précis. Au départ, on respecte ces intervalles de temps, pour habituer le poisson.
Puis, au bout de quelques essais, on commence à présenter les assiettes à friandises à des moments où elles ne sont pas censées être disponibles. Si le poisson se précipite dessus à ce moment-là plutôt que de choisir la bouffe ordinaire, on lui retire le tout. Et nos labres… apprennent assez vite à aller dans ce cas plutôt manger la bouffe ordinaire, gardant les friandises pour quand elles seront réellement disponibles.
Puis, au bout de quelques essais, on commence à présenter les assiettes à friandises à des moments où elles ne sont pas censées être disponibles. Si le poisson se précipite dessus à ce moment-là plutôt que de choisir la bouffe ordinaire, on lui retire le tout. Et nos labres… apprennent assez vite à aller dans ce cas plutôt manger la bouffe ordinaire, gardant les friandises pour quand elles seront réellement disponibles.
19/22 Cela nous montre donc que les labres sont non seulement arrivent à identifier les assiettes et à faire preuve de self-control, mais en plus arrivent à retenir depuis combien de temps chaque assiette est passée pour adapter leur réaction en fonction de ça.
Ce qui, là encore, est cohérent avec leur vie de tous les jours : dans l'océan, quand un poisson revient se faire nettoyer si vite après la fois précédente que ses parasites n'ont pas eu le temps de revenir, il est généralement ignoré par les labres. Qui sont donc bel et bien des bestioles fascinantes, n'est-ce pas ?
Ce qui, là encore, est cohérent avec leur vie de tous les jours : dans l'océan, quand un poisson revient se faire nettoyer si vite après la fois précédente que ses parasites n'ont pas eu le temps de revenir, il est généralement ignoré par les labres. Qui sont donc bel et bien des bestioles fascinantes, n'est-ce pas ?
20/22 Maintenant, avant de conclure ce thread, un petit mot sur un test qui est un peu plus proche de mon taff actuel. Vous connaissez les bousiers africains (Scarabaeus satyrus), ces drôles de scarabées qui font rouler une boule de bouse sur de longues distances ?
Des scientifiques se sont demandés comment ils faisaient pour s'orienter, pour amener leur boule au bon endroit. Ils ont donc essayé de mettre de petits masques sur les yeux des bousiers pour les empêcher de voir, et dans ce cas, les insectes se mettent à tourner en rond. C'est donc grâce à la vue qu'ils s'orientent.
Des scientifiques se sont demandés comment ils faisaient pour s'orienter, pour amener leur boule au bon endroit. Ils ont donc essayé de mettre de petits masques sur les yeux des bousiers pour les empêcher de voir, et dans ce cas, les insectes se mettent à tourner en rond. C'est donc grâce à la vue qu'ils s'orientent.
21/22 Oui, mais, que prennent-ils comme points de repère, surtout de nuit quand le décor n'est pas spécialement visible ? L'équipe a décidé de tester ça en emmenant quelques bousiers jusqu'au planétarium de Johannesburg, où ils les ont laissés marcher dans la salle pendant qu'ils éteignaient un par un différents objets du ciel, pour voir à quel moment ils commençaient à tourner en rond.
Et il semble donc que les bousiers africains s'orientent, dans l'obscurité, grâce à la Voie lactée, cette bande blanchâtre qui traverse le ciel nocturne, qui correspond à ce qu'on voit de notre galaxie depuis l'intérieur de celle-ci, et qu'ici en Europe on ne voit quasiment plus à cause de la pollution lumineuse.
Et il semble donc que les bousiers africains s'orientent, dans l'obscurité, grâce à la Voie lactée, cette bande blanchâtre qui traverse le ciel nocturne, qui correspond à ce qu'on voit de notre galaxie depuis l'intérieur de celle-ci, et qu'ici en Europe on ne voit quasiment plus à cause de la pollution lumineuse.
22/22 Quand j'explique aux gens, en cours de séance, que connaître un peu le ciel, c'est un moyen de n'être jamais complètement perdu puisqu'on peut au moins retrouver nos directions, je parle généralement de la grande ourse et de l'étoile polaire. Mais visiblement, donc, d'autres bestioles à la surface de notre planète ont d'autres points de repères intéressants.
Et voilà pour ce que j'avais à vous dire concernant l'intelligence animale, comme d'hab merci par avance pour vos partages et je prends tous les retours. Je ne sais pas encore avec précision de quoi je vais parler la semaine prochaine, mais, si je recompte bien, ce sera le quarante-deuxième #vulgadredi, donc ça vaudra peut-être le coup d'aller faire un peu d'autostop galactique.
Et voilà pour ce que j'avais à vous dire concernant l'intelligence animale, comme d'hab merci par avance pour vos partages et je prends tous les retours. Je ne sais pas encore avec précision de quoi je vais parler la semaine prochaine, mais, si je recompte bien, ce sera le quarante-deuxième #vulgadredi, donc ça vaudra peut-être le coup d'aller faire un peu d'autostop galactique.
@elzen je suis une nouvelle fallower. 3e thread de vous que je lis. J’adore. Merci beaucoup
@elzen Toujours aussi passionnant, merci.
@elzen Je me permets de signaler que @fanny_vaucher (qui a aussi réalisé un super livre sur les volcans, entre autres ouvrages) est sur Masto !
@kipuka Oh, merci, j'ignorais. Eh bien, merci beaucoup à @fanny_vaucher pour cette très chouette B.D., alors !