Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

2/16 J'avais déjà mentionné les quelques points qui vont intervenir ici dans mon thread sur l'habitabilité des planètes⁽*⁾. Notamment le fait que le voisinage de certaines étoiles est assez peu fréquentable : elles ont tendance à éjecter assez de matière, et assez fort, pour réduire considérablement les chances de survie sur les planètes qui les entourent.

Notre Soleil à nous est fort heureusement beaucoup plus calme, mais il lui arrive quand même de temps à autres de s'énerver un peu, et c'est ce qui s'est passé ce dimanche 18 janvier 2026 à 18h09, où la sonde SoHO, qui surveille notre étoile, a détecté la plus importante éruption solaire de ces vingt dernières années. Éruption suivie de ce qu'on appelle une « éjection de masse coronale », abrégé (en anglais) en « CME ».

(∗) Pour les gens qui ont oublié ou n'étaient pas encore là, celui-ci : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AxCLpjrQgQ11SSuqau

Allez, c'est l'heure d'un nouveau #Vulgadredi ! Et donc comme on a eu droit à une surprise cette semaine, on va faire une petite pause dans notre exploration du passé de la Terre pour parler un peu de ce qui vient de se passer : les seize pouets de ce nouveau #VendrediVulga vont donc être consacrés aux aurores polaires.

Parce que oui, commençons par là : normalement on dit « aurores boréales » seulement pour celles visibles au nord, et pour celles du sud, on dit plutôt « aurores australes », ce dont je ne pige pas trop l'intérêt vu que c'est exactement le même phénomène des deux côtés, mais bon, hein. Il s'agit donc de ces lumières étranges dans le ciel que vous avez probablement déjà croisées au moins ici en photos. Mais d'où ça vient, au juste ?
Photo prise par un de mes collègues (on en reverra quelques autres plus bas et je le crédite proprement à la fin du thread) montrant l'aurore polaire dont on va parler dans ce thread. On voit des arbres dans l'ombre au premier plan, avec derrière les lampadaires d'une ville (en l'occurrence celle de Lannion, on reparlera des lampadaires un peu plus bas), avec dans le ciel des lueurs vertes au dessus de l'horizon, et dans un ton rouge-violet plus haut. On repère assez bien les sept étoiles formant la casserole de la Grande Ourse, actuellement à la verticale, nous indiquant que la photo a été prise globalement en direction du nord.

En quoi consiste concrètement la Steiner-Waldorf ? Beaucoup de parents la voient comme une alternative à l’Éducation nationale, “plus créative“ et “plus respectueuse du rythme de l’“.

👇

Dernier truc. Dans les discours sur le Puy du Fou de gauche (ou de droite), l’histoire se limite toujours aux frontières de l’Hexagone. C’est dommage, parce qu’on apprend beaucoup, croyez-moi, en regardant l’histoire chez les autres, et en partant du point de vue des autres. 7/

@lord Je n'ai malheureusement pas la chevelure adéquate.

@BSdM Même pas.

Quand j'étais môme, je me disais qu'en grandissant, je voulais devenir McGyver.

Je viens de passer la journée à améliorer le rendu du système de projection en découpant du carton léger et en le scotchant sur le support à la place de pièces spécifiques fragiles et coûteuses à changer.

Il semble que vous soyez à environ deux tiers pour causer d'aurores, donc on va faire ça cette semaine et on reviendra à nos fossiles la semaine prochaine.

Merci aux 17 personnes ayant voté !

Dites, les Fédigens qui suivent mes #vulgadredi ?

Normalement, après vous avoir parlé de l'échelle des temps géologiques, je devais vendredi prochain enchaîner sur les fossiles et les espèces du passé. Mais vu ce qu'on a eu dans le ciel hier soir, vous pensez peut-être à autre chose en ce moment ?

Soit on continue sur ce qui était prévu et on se garde le sujet des aurores pour plus tard, soit on décale la suite à la semaine prochaine et on profite de l'actu pour causer des lumières dans le ciel. De toute façon les deux sujets seront traités tôt ou tard, mais vous choisissez l'ordre !

@rusty Ah, oui, en effet… Ça ne se saute pas aux yeux chez moi vu que Pleroma affiche les messages par ordre chronologique, mais le 8 est bien une réponse au 6 et pas au 7, j'ai dû me gourer de message auquel répondre au moment de poster ^^"

À moins de tout supprimer/refaire, je ne pense pas que ce soit réglable, désolé. Je tâcherai de faire plus gaffe pour les prochains threads…

@rusty Ah, mince… Chez moi le thread a l'air toujours complet, donc je ne sais pas trop ce qui est faisable dans ce cas ^^"

16/16 J'ai bien conscience que ce thread n'était probablement pas le plus palpitant de tous, on a plus listé des tas de mots bizarres qu'autre chose, mais au moins ça nous pose à peu près les points de référence pour parler plus spécifiquement, après l'histoire de la Terre elle-même, de l'histoire de la vie sur Terre. J'espère quand même que ça vous aura intéressé, et si vous ne retenez pas tout, au moins vous pourrez revenir lire ça plus tard pour vous y retrouver.

En tout cas, n'hésitez pas à réagir, et pour conclure, je vais citer quelques rimes que Théo Drieu, de la chaîne Balade Mentale, nos répète à la fin de ses épisodes dédiés à l'histoire de la Terre : « Ces endroits ont été, ici, là, sous nos pieds, des ailleurs hallucinants, simplement situés autre part dans le temps. Et même si aucun de ces paysages (…) n'a jamais été vu par un être humain, nous avons pu leur donner des noms, les ancrer dans l'imagination, et le passé est devenu dans nos têtes un grand nombre d'autres planètes. »
Et pour finir, une photo de la Terre prise depuis l'ISS. La photo est prise de nuit et on ne voit pas les continents, mais on distingue l'atmosphère colorée et un croissant de Lune dans le ciel… à sa taille habituelle, puisque, quatre milliards et demi d'années plus tard, elle a eu le temps de reculer un peu. Aux échelles de temps que prend tout ça, nous sommes figés sur un instantané, mais la Terre continuera de changer dans le futur.

15/16 Tout ça nous montre en tout cas qu'il se passe mine de rien pas mal de trucs en quatre milliards et demi d'années, et que notre planète elle-même a connu pas mal de bouleversements au fil du temps. C'est d'ailleurs probablement aussi le cas pour toutes les autres planètes et exoplanètes, même si, fatalement, on les connaît beaucoup moins bien.

Si les lois de la physique sont universelles, les conditions peuvent changer suffisamment d'un lieu à l'autre pour que des histoires très différentes se forment, et il y a un sens à considérer que notre planète est « vivante », même indépendamment des formes de vie au sens classique dont on va reparler très bientôt.
Encore une frise chronologique, montrant cette fois davantage de détails à partir du Cénozoïque : on voit que le Paléogène est divisé en Paléocène, Éocène et Oligocène, puis le Néogène en Miocène et Pliocène, et enfin le Quaternaire (encore ici compté comme une ère à part) en Pléistocène et Holocène, la période actuelle. Notons qu'en vrai, les périodes sont divisées en époques au moins depuis l'ère Mésozoïque (probablement aussi la précédente, mais j'ai eu la flemme de vérifier), simplement, à moins d'être vraiment spécialiste, on ne va croiser les noms de cette période que sur les 65 derniers millions d'années.

14/16 En tout cas, et encore une fois, les périodes qui composent l'ère Mésozoïque portent des noms un peu plus célèbres : d'abord le Trias, qui suit la dislocation de la Pangée (mais aussi la plus sévère extinction de masse qu'a connu notre planète, on en reparlera), puis le Jurassique (ainsi nommé d'après le nom du massif du Jura, où les couches de référence pour cette période ont été identifiées), et enfin le Crétacée.

Après le Crétacée, c'est donc l'ère Cénozoïque qui débute, avec là encore trois périodes : le Paléogène, le Néogène, puis le Quaternaire (là encore, on n'a pas suivi le même schéma que pour les éons précédents, surtout parce que les noms sont restés mais en changeant de niveau au fil des découvertes). Mais comme on se rapproche de nous dans le temps, on commence à entrer un peu plus dans le détail et à parler du nom des époques géologiques plus que des périodes.
Frise chronologique complète de l'histoire de la Terre. Malgré leur longueur, les trois éons du précambrien sont resserrés sur le côté, pour laisser autant de place que possible aux trois ères du dernier éon. On voit donc le Paléozoïque dont les périodes ont l'air d'avoir une échelle un peu mieux respectées, puis le Mésozoïque avec ses trois célèbres périodes, puis le Cénozoïque, divisé en Paléogène et Néogène. Ce schéma date un peu, car on voit ici le Quaternaire compté comme une ère à part plutôt que comme une période du Cénozoïque… et d'ailleurs les trois ères précédentes sont appelées « primaire », « secondaire » et « tertiaire », ce qui n'est plus utilisé aujourd'hui.

13/16 Cambrien et Permien sont la première et la dernière période de l'ère Paléozoïque, qui en compte six en tout (vous avez le nom des périodes intermédiaires sur la frise ci-dessous, le plus connu étant sans doute le Carbonifère, on reparlera probablement de ce qu'il avait de particulier dans le thread de la semaine prochaine).

Après le Paléozoïque viendra l'ère dite du Mésozoïque. On retrouve d'ailleurs ici un schéma de nommage courant chaque fois qu'on coupe quelque chose en trois au niveau temporel : paléo- (du grec παλαιός, ancien) désigne la partie la plus distante dans le temps, puis méso- (du grec μέσος, milieu) désigne la partie intermédiaire, et enfin néo- (du grec νέος, nouveau) désigne la partie la plus récente. À une exception près : l'ère qui suivra le Mésozoïque s'appelle Cénozoïque, parce que pourquoi pas.
Tableau à la géométrie un peu bizarre montrant les différentes périodes du Paléozoïque (anciennement appelé « ère primaire », ce qui est aussi mentionné ici). On voit que les différentes périodes s'appellent Cambrien (-540 à -500 millions d'années), Ordovicien (-500 à -435 millions d'années), Silurien (-435 à -410 millions d'années), Dévonien (-410 à -380 millions d'années), Carbonifère (-380 à -295 millions d'années), et enfin Permien (-295 à -245 millions d'années). L'échelle semble très approximative, mais je n'ai pas en le temps de chercher mieux.

12/16 Mais le Cambrien marque donc une étape à partir de laquelle la description des couches géologiques va être beaucoup associée à la description des fossiles qu'on y trouve, et où des formes de vie plus ou moins familières vont progressivement faire leur apparition. On détaillera sans doute un peu plus sur cet aspect dans le thread de la semaine prochaine.

En attendant, continuons de poser notre échelle. La fin du Protérozoïque a vu la dislocation de la Rodinia, le supercontinent qui s'était formé après la dislocation de Columbia évoquée plus tôt. Les terres émergées resteront séparées (encore qu'il y ait possiblement une formation transitoire entre deux) jusqu'à la formation de la Pangée, au début du Permien, il y a un peu moins de 300 millions d'années.
Reconstitution de la faune et de la flore dont les fossiles ont été trouvés dans les schistes de Burgess, au Canada, une des premières grandes découvertes de fossiles du Cambrien (les premiers fossiles ont été exhumés en 1909). On voit une vie assez active, avec plusieurs espèces représentées (dont notamment des trilobites), ce qui évidemment contraste beaucoup avec les vues d'artistes des éons précédents.

11/16 Qu'y a-t-il de si intéressant au Cambrien, du coup ? La biodiversité. C'est à partir de cette période que l'on commence à trouver dans la roche des fossiles nombreux et diversifiés d'animaux, notamment pas mal d'animaux à coquille comme par exemple les trilobites.

Bon, en vrai, tout ça ne sort pas de nulle part : les eucaryotes, donc le troisième domaine du monde vivant, regroupant aujourd'hui notamment les animaux, champignons et végétaux, est probablement apparu il y a autour de deux milliards d'années, et on commençait déjà à trouver une certaine quantité de fossiles intéressants, dont des algues et des éponges, dans les dernières périodes du Protérozoïque.
Photo d'un fossile de trilobite trouvé sur Wikipédia, parce qu'il fallait quand même que je vous en montre au moins un dans ce thread qui compte à part ça beaucoup trop de frises chronologiques dans ses illustrations. On voit dans la pierre l'empreinte d'un animal étrange avec une tête très arrondie, une queue plate, et un certain nombre de côtes entre les deux.

10/16 Le quatrième et pour l'instant dernier éon de notre planète, le Phanérozoïque, débute en effet il y a un peu plus de cinq cent millions d'années seulement. Mais il débute en fanfare par une période dont le nom est beaucoup plus connu : le Cambrien. Parce que oui, à partir du Phanérozoïque, on va surtout se mettre à utiliser les noms des périodes, même si celui des ères est parfois utilisé aussi. Et en l'occurrence, l'ère est appelée le Paléozoïque.

Mais il n'empêche que le nom de « Cambrien » est tellement connu que, de la même manière qu'on fait en biologie des groupements pas toujours très logiques comme « invertébrés », on regroupe ici parfois les trois premiers éons de notre planète, donc quand même quatre milliards d'années, sous le seul terme de « précambrien » pour dire à quel point c'est à partir de là que les choses intéressantes commencent.
Illustration (trouvée sur Wikimédia Commons) montrant l'échelle des temps géologiques sous la forme d'une spirale descendante, à mesure qu'on remonte aux temps les plus anciens. Sauf que seules les dernières périodes, celle avec une certaine biodiversité, sont plus ou moins lisibles, pour tout ce qui concerne le « précambrien » on voit juste que la spirale continue mais il n'y a quasiment plus rien dessus.

9/16 Cette Grande Oxydation jouera aussi beaucoup sur la température de notre planète : elle déclenchera la glaciation huronienne, première grande glaciation de l'histoire de la Terre, au cours de laquelle celle-ci a presque entièrement été recouverte par les glaces. Ce n'était cependant pas la dernière, plusieurs autres s'étant succédées au cours de cet éon.

Ce n'était pas non plus la plus intense, ce titre revenant à la période dite du Cryogénien, où la température moyenne de surface est descendue autour des 5° ! Cette période date d'il y a 720 à 635 millions d'années, soit beaucoup plus proches de nous dans le temps… mais toujours au Protérozoïque, qui a duré près de la moitié de la vie de notre planète à lui tout seul.
Schéma trouvé sur Wikipédia montrant les quatre éons de notre planète ramenés à une journée de 24h, pour se faire une meilleure idée de leur durées respectives (même si la forme on compare ça par habitude avec une horloge sur 12h et donc ça ne marche pas si bien que ça) : l'Hadéen commence à minuit et finit un peu avant trois heures du matin, puis l'Archéen prend le relai jusqu'à onze heures du matin. Le Protérozoïque dure alors jusqu'à vingt-et-une heures, occupant la plus grande des quatre zones de temps, et il ne reste plus qu'une durée comparable à celle de l'Hadéen pour le Phanérozoïque, représenté ainsi, il est présentement minuit.

8/16 Le début du Protérozoïque sera ainsi marqué par la formation puis la dislocation d'un supercontinent (regroupant la quasi-totalité des terres émergées), baptisé Columbia (qui n'est cependant a priori pas le plus ancien, même si on connaît moins bien les précédents). Mais c'est avant tout à cet éon que la vie va commencer à avoir une influence assez importante : quelques dizaines de millions d'années « seulement » après la fin de l'Archéen débutera la Grande Oxygénation que j'avais déjà évoquée à une ou deux reprises.

Cette augmentation majeure de la quantité d'oxygène dans notre atmosphère est en partie due à l'activité biologique, et a en retour conduit à pas mal modifier cette dernière : la majorité des organismes vivants de cette époque rejetaient l'oxygène car il était nocif pour eux. Quelques formes de vies ont cependant finit par s'y habituer, et ont été favorisées par ce nouvel environnement au point d'y devenir ultramajoritaires.
Tableau trouvé sur le net montrant les trois premiers éons de notre planète : d'abord l'Hadéen, entre -4600 et -4000 millions d'années, qui n'est pas subdivisé, puis l'Archéen, entre -4000 et -2500 millions d'années, qui comportent quatre ères, lesquelles ne sont pas encore subdivisées, puis le Protéozoïque, entre -2500 et -500 millions d'années environ, qui est divisé en trois ères elle-mêmes divisées chacune en trois ou quatre périodes. On peut remarquer que les préfixes paléo-, méso- et néo- sont utilisés plusieurs fois, on en reparlera plus bas.

»