Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

10/21 Et donc, Alpha du Centaure, c'est le point lumineux le plus brillant dans la constellation du Centaure. Constellation qui ne dépasse pas de l'horizon là où je me trouve, mais qu'on peut admirer sous les tropiques ou dans l'hémisphère sud. Elle se trouve même autour de la célèbre Croix du Sud, qu'on peut utiliser pour retrouver cette direction.

Mais en étudiant le ciel avec des instruments optiques, on a fini par se rendre compte qu'Alpha du Centaure, ce n'est pas vraiment une seule étoile. Il y a en fait à cet endroit deux étoiles qui tournent l'une autour de l'autre, mais qu'à cette distance on n'arrive pas à distinguer l'une de l'autre à l'œil nu.
Capture d'écran de Stellarium (ça faisait longtemps) prise en direction du sud-sud est, à minuit ce premier mai, en se positionnant à Kourou, en Guyane. Les dessins et les noms des constellations sont affichés, et on voit le Scorpion et le Sagittaire à gauche de l'image, qui sont des constellations qu'on peut voir sur l'horizon par chez moi, mais toutes les autres sont moins habituelles. On distingue d'ailleurs, au niveau de l'arc du Sagittaire, le centre de notre Voie lactée (visible parce que j'ai demandé à Stellarium de retirer l'atmosphère, sinon elle disparaîtrait quasi-complètement dans le fond de luminosité du ciel), Sagittarius A* se trouvant non loin de la pointe de sa flèche. Mais l'image montre surtout la constellation du centaure, ici relativement haut sur l'horizon sud, avec la constellation de la Croix du Sud située entre ses quatre jambes. Alpha du Centaure est l'étoile brillante correspondant sur ce dessin au genou avant, juste au dessus de la constellation du Compas. Quant à Oméga Centauri dont je vais parler un peu plus bas, elle est située légèrement dans son dos, juste à l'endroit où apparaît le texte « Le Centaure ».

9/21 Vous aurez peut-être repéré que les noms sont un peu différents. Est-ce Alpha du Centaure, ou Proxima du Centaure, qu'il faut dire ? Eh bien, voyons ça. Ce système avec des lettres grecques, c'est une façon standard de nommer les étoiles, selon leur luminosité et la façon dont on les regroupe.

Alpha du Centaure, c'est l'étoile la plus brillante de cette constellation, de la même manière qu'on appelle aussi Véga « Alpha de la Lyre », Déneb « Alpha du Cygne », ou Bételgeuse « Alpha d'Orion ». Puis les étoiles moins lumineuses sont appelées Beta, Gamma, Delta, etc. (« Beta d'Orion », par exemple, est aussi appelée Rigel).
Carte de la constellation d'Orion et de son voisinage, trouvée sur Wikipédia. Les étoiles les plus brillantes du secteur (Bételgeuse, Rigel, Sirius dans le grand chien, qui est l'étoile la plus brillante de tout notre ciel, et Aldébaran dans le Taureau) sont indiquées par leur nom, mais toutes les autres étoiles sont indiquées par la lettre grecque de leur désignation de Bayer (le nom de la constellation est inutile ici car les limites des constellations sont indiquées sur l'image). On note que, dans le cas précis d'Orion, Bételgeuse, dont la luminosité varie plus ou moins dans le temps, est souvent moins brillante que Rigel, mais c'est néanmoins elle qui est classée en première car le choix de la lettre grecque dépend de la luminosité maximale de l'objet.

8/21 Mais revenons un peu plus près de nous. L'étoile la plus proche, Proxima du Centaure, est déjà à une distance beaucoup plus raisonnable : un peu plus de quatre années lumières. Distance qui est d'ailleurs évoquée dès le début du roman de Douglas Adams… enfin, plus ou moins.

Ce roman débute en effet par l'arrivée d'extraterrestres, les Vogons, venus détruire la Terre et construire à la place une autoroute hyperspatiale : selon eux, l'avis de démolition est affichée sur Alpha du Centaure depuis cinquante de nos années, et Alpha du Centaure n'étant qu'à quatre années lumière de là, on aurait quand même pu se bouger pour suivre un peu les affaires locales.
Le logo plus ou moins officiel d'H2G2 : un pouce levé devant une planète à anneaux, symbolisant l'autostop galactique, suivi de la mention « Don't Panic » mention censée se trouver « en lettres rassurantes » sur la couverture du fameux guide (c'est traduit par « Pas de panique » en français). C'est évidemment la menace imminente de destruction de la Terre qui oblige Arthur et Ford à lever le pouce et partir explorer la galaxie.

7/21 Pour Véga, qui est en ce moment visible du côté du nord-est en début de nuit, la lumière met vingt-cinq ans à nous atteindre. Pour Bételgeuse, dont on peut encore pour quelques jours voir la couleur orange-rouge juste sur l'horizon, au sud-ouest en tout début de nuit, il faut quasiment six siècles et demi. Quant à Déneb, un peu plus au nord que Véga, elle est située à environ mille six cent années lumière de nous.

Et ces distances ne sont rien par rapport à la taille énorme de notre galaxie, qui est donc de cinquante mille années lumière de rayon. C'est qu'il faut de la place pour ranger plus de deux cent milliards d'étoiles, évidemment : on ne parle pas de distances « astronomiques » pour rien.

Et les autres galaxies sont encore plus lointaines, mais là aussi, on a déjà parlé de ça : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B00lUseSbXOY4KtQ8W

6/21 Depuis les adelphes Herschel, on a donc réussi à mesurer la distance qui nous sépare étoiles. D'abord celle qui nous sépare de notre étoile à nous, le Soleil, sur laquelle on travaillait déjà à l'époque. J'avais évoqué ça notamment dans le thread sur Cérès, d'ailleurs⁽*⁾. Cette distance est d'approximativement quinze millions de kilomètres, ce que la lumière parcourt en huit minutes.

Puis celles des autres étoiles, pour lesquelles la lumière, à sa vitesse énorme de 299 792 458 mètres par seconde, a besoin de plusieurs années. La lumière de Sirius, par exemple, qui est l'étoile la plus brillante de notre ciel nocturne (mais qui n'est plus visible en ce moment, c'est une étoile d'hiver), met huit ans et demi pour arriver jusqu'à nous.

(∗) Je continue de balancer des liens, c'était ce thread-là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AyMztvDdmCsEVRGpYe

5/21 Qu'y a-t-il au centre de notre galaxie, du coup, si ce n'est pas notre Soleil ? Ça aussi, je vous en ai déjà parlé. En quarante-deux threads, on a quand même eu le temps d'aborder pas mal de sujets, mine re rien, même si évidemment il reste encore pas mal d'autres trucs dont on pourrait parler.

En l'occurrence, au centre de notre galaxie, il y a un trou noir super-massif, autour duquel tournent pas mal d'étoiles, et qui est baptisé Sagittarius A* (on prononce souvent « A star » même en français), du nom de la constellation du Sagittaire dans laquelle il se trouve. Elle est visible en ce moment vers le sud-est, pas très haut sur l'horizon, vers quatre-cinq heures du matin.

Le trou noir, lui, n'est évidemment pas visible à l'œil nu, mais si vous voulez une “photo”, voyez le thread dédié : https://fadrienn.irlnc.org/notice/Ay8UtAQpuelCbeADui

4/21 Bon, il faut quand même dire que cette « carte » est fausse, entre autres parce qu'elle place le Soleil environ au centre de notre galaxie… mais on ne savait à l'époque pas encore calculer la distance qui nous sépare des étoiles, alors c'était déjà pas mal d'avoir réussi à faire ça.

Nous savons maintenant que nous sommes plutôt à mi-chemin du centre, environ vingt-six mille années lumières, dans l'un des bras spiraux de notre galaxie… et si vous cherchez précisément où, je vous l'ai déjà montré dans mon thread sur « l'équation » de Drake, alors je vais juste vous renvoyer lire ça.

Si vous n'étiez pas encore là à l'époque (il faut dire que ça remonte un peu), c'était ce thread-là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AxQp1Fw6mSoy7eglf6

3/21 C'est Caroline Hershel qui tracera la première « carte » de notre galaxie, vers 1785… travail qui, comme beaucoup trop souvent hélas, sera officiellement attribué à son frère William, beaucoup plus célèbre qu'elle.

Les adelphes Hershel ont fabriqué ensemble leur premier télescope et réalisé un grand nombre de leurs observations à deux, mais lui sera crédité pour la découverte d'Uranus, tandis qu'elle ne le sera que pour celles de quelques comètes et objets du ciel profond. Comme d'hab, et a encore des progrès à faire à ce niveau.
« Carte » de la galaxie telle que représentée par Caroline Herschel. Difficile de décrire la forme, globalement allongée avec de nombreux petits points représentant les étoiles.

2/21 Et donc, pour ça, commençons par parler un peu de notre galaxie, la Voie Lactée. Ainsi appelée parce qu'elle trace un chemin dans le ciel, que les grecs anciens imaginaient comme une coulée de lait (peut-être tombée du sein de la chèvre Amalthée, nourrice de Zeus, mais ça @hist_myth vous en parlerait mieux que moi [En fait c'était Héra, lisez sa réponse plus bas]).

On a compris ensuite qu'il s'agissait d'un groupe d'étoiles tellement lointain qu'on ne les distinguait plus les unes des autres… en tout cas juste avec nos yeux, car on peut commencer à les différencier visuellement en utilisant des instruments optiques (Galilée le constatera avec sa lunette dès 1610).
Photo de la Voie lactée prise par l'équipage de la mission Artémis Ⅱ le 7 avril dernier, le jour de leur survol de la face cachée de la Lune. Sur cette image en taille réduite, on voit une bande blanchâtre, comme d'habitude ici sur Terre, mais en zoomant sur le cliché d'origine, disponible sur le site de la NASA, on peut voir beaucoup plus d'étoiles individuelles.

Quarante-deux. L'été dernier, j'ai fait un thread sur un coup de tête, un vendredi, sans penser que j'en ferais d'autres. Puis, la semaine suivante, j'en ai refait un en me disant qu'ensuite on s'arrêterait là. Puis je me suis dit que les hashtags #VendrediVulga et #Vulgadredi pourraient être cools, alors j'ai refait un thread, et… beh nous voilà au quarante-deuxième.

Quarante-deux, dans le Guide de l'Autostoppeur Galactique de Douglas Adams (donc un #VendrediLecture au passage ^^), c'est la réponse à l'ultime question sur la vie, l'univers et le reste. Et dans ces threads, on a parlé un peu de la vie, pas mal de l'univers… et on a même abordé le reste une fois ou deux. Donc pour fêter le quarante-deuxième, on va consacrer vingt-et-un pouets (je fais deux paragraphes par pouet) à aller faire un peu d'autostop galactique.
Couverture française du premier livre de la célèbre trilogie en cinq volumes, on y voit le nom de l'auteur, le titre (exactement « Guide du voyageur galactique »), une illustration comprenant un bulldozer, un babelfish (invention du roman, une sorte de poisson jaune qui, placé dans l'oreille de quelqu'un traduit tout ce que cette personne entend dans sa propre langue, permettant d'éviter le problème de la communication avec des extraterrestres. Un truc aussi improbable est accessoirement présenté comme une preuve de l'existence de Dieu, ce qui, par voie de conséquence, implique que Dieu n'existe pas, mais je vous laisse aller lire les détails dans le livre), et, bien sûr, un livre rouge dont le logo évoque un pouce levé pour faire de l'autostop, représentant le guide lui-même. Le logo de l'éditeur, Folio SF, apparaît également.

@cnes Ben, ça dépend. Pour Insta, j'avoue ne pas connaître le dossier, mais là il est question de YouTube et PeerTube.

Si vous voulez, je vous fais une compil' de vidéastes qui témoignent que leur contenu fait beaucoup moins de vues qu'avant parce que leurs vidéos ne sont plus autant mises en avant et que pas mal de gens de leur communauté se sont retrouvé désabonné·e·s sans l'avoir choisi, ça a l'air d'être un problème assez récurrent sur YouTube en ce moment, qui de fait ne se produira jamais avec PeerTube !

@cnes Merci, beaucoup ! :-)

Si besoin, n'hésitez pas à mettre en avant que si, en termes de chiffres, le Fédivers peut sembler moins impressionnant que certains autres réseaux, le mode de diffusion fait que les gens qui sont ici prêtent davantage attention, alors qu'ailleurs, les systèmes de recommandation font que l'info est plus facilement noyée ou parfois même pas délivrée même aux abonné·e·s.

Il me semble qu'il y a plusieurs artistes dans les environs qui peuvent témoigner qu'en lâchant d'autres réseaux au profit du Fédivers, malgré la baisse importante de nombre d'abonné·e·s, on peut globalement assez bien s'y retrouver quand même parce que les gens qui suivent le font vraiment.

Séance puis atelier avec un groupe de CM1 cet après-midi. Commentaire spontané d'un des enfants en entrant dans la salle du planétarium : « c'est plus grand à l'intérieur. »

Sachant que le système me permet de voyager aussi bien dans l'espace que dans le temps, je vais officiellement dire à partir de maintenant que je bosse dans un TARDIS.

Breaking news : on vient d'avoir une coupure de courant au planétarium. Ça a duré quelques minutes, on a pu en profiter pour vérifier que les systèmes de secours fonctionnaient bien, puis j'ai décidé d'éteindre les projecteurs avant que l'onduleur ne lâche… et comme de bien entendu, juste au moment où ils ont fini de s'éteindre, le courant est revenu.

Demain sera une journée un peu particulière pour l'IA générative : le même jour sortent les résultats trimestriels de Google, Amazon, Meta et Microsoft.

Ça à un petit côté "les quatres cavaliers de l'IApocalypse sont de sorties", ou "cette comète passe à proximité de la terre une fois tous les 30 ans, regardez !"

Donc je pense que je ferai un thread d' au fil de l'eau car il peut se passer des choses intéressantes.

Mais j'ai vu tous les jours
A la télévision
Même le soir de Noël
Des fusils, des canons
J'ai pleuré, oui j'ai pleuré
J'ai pleuré, oui j'ai pleuré
Qui pourra m'expliquer que ...

Non, non, rien n’a changé
Tout, tout a continué
Non, non, rien n’a changé
Tout, tout a continué
Hey ! Hey ! Hey ! Hey !

@gee Je vote LBA ou Fate of Atlantis !

(En attendant un point&click sur les aventures d'Indre-et-Loire Jean :-þ)

Il me reste une séquence de titre et un générique final à bricoler, mais à part ça, la séance spéciale que je ferai samedi 16 est déjà prête. Je suis effroyablement en avance :-O

@gee Paumer la sauvegarde ? Ah ben bravo !

Du coup on fait quoi sur la première partie, on se lance dans un let's play sur un autre jeu ?

@hist_myth 'faudrait essayer de mettre ça en forme sur un site dédié, y a probablement moyen de faire quelque chose.

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