Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

Bon, je risque d'avoir une journée un peu chargée demain, mais j'ai réussi à prendre de l'avance : le #vulgadredi sur le gigantisme animal est presque prêt !

Il me reste encore à bosser un peu sur les images (notamment écrire les alt-text, d'ailleurs j'espère que vous les lisez, y a souvent une info ou deux de plus dedans).

Je tâcherai de pouetter ça vers 19h.

neg ; polfr ; climat
« Tout avait la couleur uniforme du givre, à la fin février, pour vos derniers moments. »

Et donc pour l'anniversaire de ce triste épisode, on a un défilé de néonazis et des températures estivales.

Pétain de Musk.

@paul_denton Tiens, est-ce que ça, ça compte dans le bilan de Dati ? O:-)

https://indymotion.fr/w/pwLagJggDSaRxtAmHZTjSn

@Khrys (La personne en question n'a pas dit ça, mais a fait remarquer qu'un certain nombre de projets libres sont encore essentiellement hébergés sur Github, propriété de Microsoft.)

Quelques infos pratiques pour le de NVIDIA ce soir :

  • si j'ai l'énergie et le temps : quizz humoristique en fin d'aprem, genre à 17h
  • dans tous les cas : début du ici vers 20h30-21h
  • Les résultats d'NVIDIA sortiront vers 22h30/23h , donc j'utiliserai ce temps avant pour reprendre le contexte, parler de ce qu'il s'est passé cette semaine, raconter des bêtises, ce genre de choses

Hésitez pas à balancer vos questions/liens et autres trucs (j'ai pas répondu à vos messages d'hier mais je m'en occupe aujourd'hui en tout cas, c'est pas oublié :3)

J’inaugure un nouveau type de pouet : chaque mardi, je posterai une représentation artistique d’un volcan. Pas de grand blabla sur l’histoire de l’œuvre ou de l’artiste, juste une belle image à admirer. Pourquoi mardi ?
• C’est le jour de fermeture des musées nationaux, c’est donc le jour où on a le plus besoin d’art. Oui, il y a déjà , mais ça remplit seulement le ventre, pas l’âme (quoique…).
• Il y a le son « ar » dans « mardi ». J’appellerai donc ça . ⬇️

À la sortie d'une séance de planétarium, un monsieur d'un certain âge, très sympathique au demeurant, vient essayer de m'expliquer entre autres et de façon assez décousue que, selon lui, les électrons sont de la matière noire. Je ne suis pas sûr d'avoir capté sa logique.

16/16 Notre espèce apparaît au cours du Pléistocène, marquant le début de ce qu'on appelle la « préhistoire ». L'Histoire, elle, débutera au cours de l'époque géologique suivante, l'Holocène, et nous ne comptons ici plus le temps en millions mais en milliers d'années. Mais on s'intéressera sans doute à ça une prochaine fois.

En attendant, donc, ça pourrait être la fin de notre petite balade dans le passé de la Terre… mais on va quand même dans les prochains threads revenir un peu dans le temps pour parler de certaines choses plus en détails. En tout cas, si ça vous plaît toujours, donc je compte sur vos réactions ! :-)
Capture d'écran d'un tableau, présent sur la page de la catégorie « Cénozoïque » sur Wikimédia Commons, montrant la découpe des temps géologiques dont nous venons de décrire quelques éléments, ce qui permet de résumer un peu. Une première ligne indique que nous sommes à l'éon du Phanérozoïque, puis une seconde indique l'aire Cénozoïque (une case en début de tableau indique pour cette ligne et les deux qui suivent que cela fait suite à l'ère Mésozoïque), puis la troisième ligne indique les trois périodes, Paléogène, Néogène et Quaternaire, et enfin la dernière ligne liste les époques, Paléocène, Eocène et Oligocène, puis Miocène et Pliocène, puis Pléistocène et Holocène. La longueur relative de chacune des cases permet de se faire une idée de leurs durées.

15/16 Avec la fin du Pliocène et du Néogène vient la période géologique actuelle, le Quaternaire, qui démarre il y a deux millions et demie d'années par sa première époque, le Pléistocène. (Notons quand même qu'il y a débat sur le fait de considérer le Néogène et le Quaternaire comme deux périodes différentes ; il est possible qu'on les regroupe à l'avenir).

Le climat varie beaucoup au cours du Pléistocène, car cette époque est marquée par une succession de glaciations. Ses différentes subdivisions, appelées « âges » sont donc soit glaciaires, soit interglaciaires, même si les vagues de froid restent moins intenses que celles des éons précédents.
Image du personnage de Scrat, « écureuil à dents de sabre » du dessin animé « l'âge de Glace », qui a été nommé d'après les âges glaciaires du Pléistocène. Les animaux que l'on voit dans le premier film (visiblement, ça part beaucoup plus en vrille par la suite) sont inspirés de ceux qu'on pouvait effectivement croiser au cours de cette époque, même si je ne crois pas qu'il y ait eu d'écureuils avec une telle mâchoire. On note qu'il a sa noisette avec lui, au moins.

14/16 Pendant ce temps, la vie continue évidemment d'évoluer. C'est ainsi au cours du Pliocène que se séparent deux lignées de grands singes qui formaient jusque là la même branche : la lignée Pan, qui mènera aux chimpanzés et bonobos actuels, et la lignée Homo, la nôtre. Cette séparation est si récente que nous conservons encore environ 98% de gènes en commun.

Dans l'océan, si les orques et les cachalots font leur apparition vers cette époque, la plupart des gros cétacés ne sont plus des prédateurs comme le basilosaure, mais des filtreurs, comme les baleines actuelles. Ce qui laisse enfin pas mal de place à un autre groupe : celui des requins. Apparus comme on l'avait vu au Dévonien, ils étaient jusque là restés en arrière-plan face à d'autres prédateurs marins.

Et si vous n'arrivez plus à situer à quel point le Dévonien, c'est loin, vous pouvez retourner lire ce thread : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B2otKs7D9LlV6uRh0i

13/16 Pendant environ 630 000 ans, l'Europe et l'Afrique n'étaient donc pas séparés par une étendue d'eau, mais par un vaste désert de sel, dans lequel des fleuves comme le Rhône ou le Nil continuaient de serpenter sur de très longues distances au delà de leurs embouchures et deltas actuels. Si les choses étaient restées en l'état, notre Histoire, privée de la « Mare nostrum » des Romains, aurait sans doute été bien différente.

Mais de nouveaux mouvements de plaques ont fini par réouvrir le détroit de Gibraltar, conduisant à un déversement massif d'eau de l'océan vers cet immense bassin situé en contrebas. Les estimations actuelles montrent que le débit de l'eau a dû être à l'époque mille fois plus important que celui de l'Amazone, remplissant la mer en seulement deux de nos années. Et étant donné le volume d'eau nécessaire pour remplir un tel bassin, pendant que la Méditerranée retrouvait l'aspect qu'on lui connaît, le niveau moyen des océans baissait de plusieurs mètres.
Simulation informatique du remplissage de la Méditerranée au moment où le détroit de Gibraltar s'est ouvert (trouvée sur la page Wikipédia appelée « Zanclean flood », qui est le nom donné à cet événement). On voit, de hauteur et plutôt depuis l'Afrique, l'eau couler depuis l'Atlantique et le bassin méditerranéen, situé plus bas que les terres qui l'environnent, se remplir.

12/16 Après le Miocène débute le Pliocène, seconde et dernière époque du Néogène. Et si j'ai, plus haut, dit qu'il n'y avait plus de modification « majeure » de l'aspect des continents, il faut quand même que je dise un mot sur un truc qui s'est passé à ce moment-là et qui, précisément, marque la limite entre le Miocène et le Pliocène : la disparition temporaire de la Méditerranée.

Les mouvements tectoniques ont en effet conduits, à la fin du Miocène, à la fermeture du détroit de Gibraltar, la zone qui sépare cette mer de l'océan Atlantique. Or, les différents fleuves qui alimentent la Méditerranée en eau ne sont pas suffisants pour compenser la perte d'eau par évaporation qui y a lieu. Coupée de l'Atlantique, cette mer s'est donc progressivement asséchée.
Vue d'artiste montrant le sud de l'Europe et le nord de l'Afrique à l'époque de ce que l'on appelle la « crise de salinité messinienne » (trouvée sur la page Wikipédia de ce nom). On voit que l'espace qui correspond aujourd'hui à la Méditerranée est majoritairement sec, même s'il reste des étendues d'eau plus ou moins grandes, faisant que la limite entre les deux continents est beaucoup moins visible. En haut à droite, un encadré nous montre des rongeurs traverser cet espace en marchant : c'est ainsi que certaines îles méditerranéennes ont été peuplées par des animaux qui n'auraient pas su nager jusque là.

11/16 Certains prédateurs du Miocène sont aussi assez impressionnants. On évoquera notamment une certaine bestiole marine dans le thread de la semaine prochaine ; mais sur la terre ferme, c'est aussi à cette époque qu'apparaissent les gros félins « à dents de sabre » tels que les Smilodons (la famille des félidés étant apparue au cours de l'Oligocène).

D'une manière générale, même s'il reste encore pas mal de bestioles qui nous paraîtraient aujourd'hui assez exotiques, le Miocène commence à ressembler à quelque chose d'assez familier pour nous. Il faut dire qu'il se termine il y a à peine cinq millions d'années, ce qui est vraiment peu à l'échelle des temps géologiques.
Vue d'artiste d'une scène terrestre au Miocène. L'endroit est majoritairement boisé, l'époque ayant eu pas mal de forêts. On voit au premier plan un grand félin en train de chasser, et à l'arrière-plan, derrière un plan d'eau, un animal qui ressemble à un éléphant et deux autres qui ressemblent à des antilopes. Globalement, ça paraît beaucoup moins dépaysant que ce qu'on a vu jusque là.

10/16 L'ordre des proboscidiens lui-même est beaucoup plus ancien : son premier représentant était l'éritherium, ayant vécu à la fin du Paléocène. On peut aussi évoquer le paléomastodonte, apparu à la fin de l'Éocène et ayant vécu pendant une bonne partie de l'Oligocène. Mais le Miocène semble être une époque où cet ordre s'est pas mal diversifié.

Outre le mastodonte, on peut donc mentionner notamment le déinotherium, avec sa trompe courte et ses défenses pointant vers le bas, ou le platybélodon, avec sa mâchoire inférieur en forme de pelle qui devait probablement lui servir pour extraire les plantes de la vase. Comme souvent, une même forme générale peut donner pas mal de déclinaisons différentes.
Vue d'artiste (trouvée sur leur page Wikipédia) d'un deinotherium. Il a globalement la silhouette d'un éléphant, mais en plus athlétique, et avec une tête assez différente : la trompe est courte, les oreilles relativement petites (légèrement plus que celles d'un éléphant d'Asie), et surtout les défenses sont inclinées de telles sorte qu'il devrait donner des coups de menton pour s'en servir. Deux silhouettes placées pour comparer les tailles indiquent qu'il était à peu près deux fois plus haut qu'un être humain. Vue d'artiste (trouvée sur leur page Wikipédia) d'un platybélodon. Sa silhouette et ses proportions sont assez proches de celles d'un éléphant, il a une tête dont toutes la partie haute ressemble à celle de ses cousins actuels, y compris les deux défenses habituelles, mais dont la mâchoire du bas est assez différente, évoquant une large pelle, avec deux autres défenses au bout. En haut à gauche, deux silhouettes permettent de comparer sa taille à celle d'un être humain : il ne nous dépasse en hauteur que de quelques têtes.

9/16 La fin de l'Oligocène est aussi celle de la période du Paleogène. Débute alors le Néogène, et sa première époque, le Miocène. Et cette époque connaîtra notamment l'apparition de plusieurs lignées de grosses bestioles assez sympathiques (ou en tout cas que j'apprécie beaucoup, même s'il n'en reste hélas plus que trois espèces de nos jours), toutes regroupées dans l'ordre des proboscidiens.

Notons que l'une des espèces de proboscidiens du Miocène a été nommée par George Cuvier, que l'on avait mentionné dans notre thread sur l'âge de la Terre. Trouvant que leurs molaires avaient un aspect « mamelonné », il a réuni les mots grecs « mastos » (« mamelle ») et « odontos » (« dent ») pour former le mot « mastodonte ». Mot qui a perdu ses deux dernières lettres lors de sa traduction en anglais, et a ensuite été repris pour nommer un certain logiciel que je ne pense pas avoir besoin de vous présenter.

Ah, oui, si vous avez manqué le thread sur l'âge de la Terre, c'est celui-ci : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B27P3TpYpnveRphhxI

8/16 Nous sommes maintenant il y a environ trente-trois millions d'années, soit la moitié du temps qui nous sépare de la fin du Mésozoïque et de la disparition des dinosaures non-aviens. Si nous n'avons plus de tricératops depuis, c'est en revanche à ce moment qu'apparait une autre famille de bestioles à cornes, beaucoup plus proche de nous cette fois : celle des rhinocéros, avec les diceratherium (littéralement « animal à deux cornes », des fois 'faut pas chercher trop loin pour les noms).

Quelques millions d'années plus tard, au sein du groupe des primates dont nous avons déjà parlé, une nouvelle mutation apparaît chez certains singes : leurs vertèbres du bout de la colonne vertébrale fusionnent entre elles, cessant de former une queue pour faire à la place un coccyx. On les appellera les « grands singes » (les anglophones disent « ape », par opposition à « monkey » désignant les singes ayant conservé leur queue), mais leur nom scientifique est « hominoïdes ».
Photo, trouvée sur Wikimédia Commons, d'une reconstitution de diceratherium (un cartouche nous indique qu'elle provient de la collection du muséum d'histoire naturelle Henri-Lecoq). L'animal a une forme qui évoque beaucoup celle d'un rhinocéros, même si, malgré son nom, les cornes ne sont pas spécialement visibles ici.

7/16 Bon. Vous avez maintenant les noms des quelques animaux disparus que l'on voit au début de ma vidéo sur l'évolution⁽*⁾, et après un Éocène bien chargé, passons donc à l'époque suivante, l'Oligocène. Elle dure une dizaine de millions d'années, soit un peu moins que la précédente, mais il s'y passe aussi un certain nombre de choses assez notables.

Au niveau géologique, c'est à cette époque que l'Antarctique se détache de l'Amérique du Sud. Sauf erreur de ma part, c'est la dernière modification majeure menant à la disposition des continents qu'on connaît actuellement (qui changera encore dans le futur, hein, la tectonique des plaques continue de faire son boulot, mais au rythme où elle va, on ne verra probablement pas la suite).

(∗) Je vous remet encore une énième fois le lien ? Allez : https://skeptikon.fr/w/558o6eDyGeTVYzjKvHy4Vt

6/16 …cétacés qui ont d'ailleurs compté des individus de bien plus grande taille. On reviendra sur au moins un d'entre eux dans le thread de la semaine prochaine (qui portera sur le gigantisme), mais tant qu'on est à la fin de l'Éocène, mentionnons des cousins des dorudons d'environ 18 mètres de long : les mal nommés basilosaures.

Mal nommés, parce qu'à la découverte des premiers fossiles, on les a pris pour des serpents de mer, d'où le nom en -saurus, qui n'a pas été modifié quand on a fini par comprendre ce dont il s'agissait au juste. Mais on parlera un peu plus de ce genre de problématiques d'ici deux ou trois semaines. En attendant, donc, les mers de la fin de l'Éocène étaient celles où l'on risquait de se faire chasser par des baleines.
Vue d'artiste d'un basilosaurus cetoïdes, trouvée sur Wikimédia Commons. On voit une forme rappelant pas mal celle des cétacés actuels, à ceci près qu'il reste deux toutes petites nageoires correspondant aux vestiges de pattes arrières, et que la tête de l'animal ressemble beaucoup plus à celle d'un prédateur terrestre, avec pas mal de dents.

5/16 L'Éocène est également l'époque où a vécu le pakicétus, un petit ongulé de la taille d'un renard ou d'un loup et dont le nom vous évoque peut-être quelque chose. Cet animal était principalement terrestre, mais un de ses cousins un poil plus récent (quoique toujours de l'Éocène, une époque géologique, ça reste long) avait pris ses aises dans l'eau : ambulocétus, mesurant jusqu'à trois mètres, devait avoir un mode de vie assez proche de celui de nos crocodiles.

D'autres cousins encore un peu plus récents, appelés rodhocétus, sont pour leur parts allés passer leur vie en mer. Si la taille moyenne des rodhocétus devait être autour des trois mètres, d'autres de leurs cousins apparus à la fin de l'Éocène et vivant eux aussi en mer, les dorudons, atteignaient pour leur part les cinq mètres. Et si le nom de dorudon ne comporte pas le suffixe caractéristique, leur apparence ne laisse en revanche aucun doute sur la branche dont ils font partie : celle des cétacés.
Assemblement d'images que j'avais réalisé pour ma vidéo sur l'évolution (le lien est fourni plus bas) dans laquelle on voit comparées les quatre espèces dont il est question dans ce pouet. La plus ancienne est en bas à gauche et la plus récente en haut à droite, et à chaque fois, on voit une vue d'artiste accompagnée par le squelette reconstitué de l'animal. La succession montre la façon dont la forme a évoluée de celle d'un animal terrestre à celle d'un cétacé.

HS/16 Allez, exceptionnellement et pour faire plaisir à @Gobabu, je rajoute un petit pouet de #VendrediLecture en parallèle du reste du thread pour signaler que Stephen Jay Gould a visiblement consacré un essai, paru dans « La Foire aux dinosaures », au fait que la taille de l'hyracotherium ait assez curieusement eu tendance à être comparée à celle du fox-terrier, ce qui ne paraît a priori pas forcément le plus pertinent. Je suis tombé sur cette info en allant vérifier leur taille, maintenant je me dis qu'il faudra que je lise le bouquin.

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