Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

6/16 Cet effet vient du fait que les astéroïdes, comme tous les autres objets du système solaire, sont chauffés par notre Soleil. Et tous les corps chauds perdent une partie de cette chaleur par rayonnement. Selon la taille de l'astéroïde et la vitesse à laquelle il tourne sur lui-même, il peut arriver que le maximum de ce rayonnement se fasse avec un angle à peu près constant… ce qui va donc doucement pousser l'astéroïde dans la direction opposée.

Cet effet est assez faible, mais sur un temps long, peut quand même dévier suffisamment les astéroïdes pour les éloigner ou les rapprocher du Soleil, selon le sens dans lequel ils tournent sur eux-mêmes, potentiellement jusqu'à les faire sortir de la ceinture. C'est une des raisons qui font qu'on compte un certain nombre d'astéroïdes dits « géocroiseurs », car ils croisent régulièrement l'orbite de la Terre.
Schéma (en anglais, venant du site web de l'Université de Belgrade) présentant l'effet Yarkovski. On voit deux cas juxtaposés selon le sens de rotation de l'astéroïde : à gauche, un astéroïde qui tourne sur lui-même dans la même direction qu'il tourne autour du Soleil. La zone chaude, qui émet le plus de radiations, est donc toujours légèrement en arrière, ce qui conduit l'astéroïde à accélérer et donc augmente la taille de son orbite. À droite, un astéroïde qui tourne sur lui-même dans le sens opposé. La zone chaude est donc légèrement en avant, ce qui le freine et réduit la taille de son orbite.

5/16 Mais même une probabilité faible, si on attend assez longtemps, ça peut finir par arriver. Donc, d'où est-ce qu'un caillou dangereux pourrait venir ? On peut d'abord penser à la ceinture principale d'astéroïdes, située entre Mars et Jupiter, qui compte plusieurs centaines de milliers d'objets.

Alors, certes, l'orbite de Mars, c'est à 78 millions de kilomètres d'ici, on a de la marge. Sauf que cette ceinture, en fait, déborde un peu. Il y a plusieurs raisons à ça, mais on peut par exemple mentionner l'effet Yarkovski, qui peut affecter les astéroïdes de jusqu'à environ vingt kilomètres de diamètre (soit mille fois plus que le bolide de Tcheliabinsk, quand même).
Schéma trouvé sur Wikipédia montrant les orbites autour du Soleil des quatre planètes telluriques (Mercure, Vénus, Terre et Mars) ainsi que de Jupiter, et la position de la ceinture principale d'astéroïdes, entre Mars et Jupiter, représentée par de multiples points. On voit aussi qu'il existe des astéroïdes dits « troyens » positionnés sur l'orbite de Jupiter, à une certaine distance de cette dernière. L'échelle est fournie en unités astronomiques et en minutes-lumière.

4/16 Mais bien sûr, de nos jours, un nouvel impact serait assez dévastateur. Nous avons ainsi eu un bout d'exemple il y a maintenant presque treize ans, avec le bolide de Tcheliabinsk. Un caillou de moins de vingt mètres de diamètre, d'une masse estimée à douze mille tonnes, dont la fragmentation dans l'atmosphère a causé une onde de choc qui a fait quelques milliers de blessés (heureusement aucun mort à ma connaissance) et partiellement endommagé un paquet de bâtiments.

C'était heureusement un objet de petite taille, d'où un impact assez limité. Quelque chose de plus gros ferait évidemment des dégâts, et des objets plus gros que ça, on n'en manque pas dans notre système solaire. Évidemment, les poussières et les petits cailloux sont beaucoup plus nombreux que les gros trucs, donc plus l'objet est gros, plus la probabilité qu'on se le prenne sur le coin de la tronche est faible.

Si vous voulez plus d'infos sur ce qui s'est passé en 2013 : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9t%C3%A9ore_de_Tcheliabinsk

3/16 Notre planète a connu au cours de sa vie tout un tas d'impacts, qui étaient évidemment plus nombreux quand le système solaire était plus jeune et qu'il y avait d'autant plus de cailloux près à tomber dans tous les sens. Et fut une époque, c'était plutôt une bonne nouvelle, car la Terre à ses débuts étaient assez inhabitable pour nous.

On estime aujourd'hui que la quasi-totalité de l'eau que nous comptons aujourd'hui sur la Terre ne vient pas de sa formation, mais des comètes qui se sont écrasées dessus ensuite. Ces impacts répétés ont aussi entretenu une certaine activité volcanique sans laquelle nous ne serions peut-être pas là non plus, donc l'un dans l'autre, heureusement que tout ça nous est tombé dessus par le passé.

Mais pour l'importance des volcans, je vous renvoie à mon thread sur l'habitabilité des planètes : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AxCLpjrQgQ11SSuqau

2/16 Un caillou venu du ciel qui s'écrase sur Terre, en vrai, c'est déjà arrivé ? Bon, vous savez déjà que oui. On peut parler par exemple de l'ultracélèbre impact ayant eu lieu il y a 66 millions d'années à ce qui est aujourd'hui Chicxulub au Mexique, qui a causé l'extinction des dinosaures non-aviens (même si on reparlera probablement de cet aspect-là un de ces jours).

Mais des cractères d'impact, plus ou moins volumineux, on en compte un certain nombre sur notre planète. Le Meteor Crater aux USA est par exemple relativement célèbre aussi. Ou bien l'astroblème de Charlevoix au Québec. Ou encore, pour changer un peu de continent, le cratère de l'Oasis en Libye, celui du lac Siljan en Suède, ou celui de l'Araignée en Australie. Entre autres.
Photo du cratère de Tswaing, en Afrique du sud, trouvée sur Wikipédia. On voit une colline boisée, avec au centre de l'image un gros trou présentement rempli d'eau.

Allez, une nouvelle année commence, et les #Vulgadredi continuent ! Pour ce tout premier #VendrediVulga de 2026, ça vous dit de partir de sauver le monde ? Ou de se préparer à le faire, en tout cas, en faisant connaissance avec une menace contre laquelle on a fini par trouver une solution intéressante. Dont on devrait réussir à faire le tour en seize pouets, comme d'hab.

Commençons donc par parler un peu de la menace. Elle pointe occasionnellement le bout de son nez dans les films, que Bruce Willis arrive finalement à nous en sauver ou que Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence n'y arrivent pas : celle d'un gros caillou venu de l'espace qui pourrait nous tomber sur le coin de la tronche.
Capture d'écran du générique d'intro du film Armageddon, où l'on voit l'impact d'un météore de grande taille sur Terre (on reconnaît que l'explosion se produit environ au niveau du Mexique). Notons que l'explosion se déclenche moins d'une seconde après l'affichage de la mention « un film de Michael Bay ».

#Introduction 2/2 Et donc à part ça, certain·e·s d'entre vous me connaissent parce que je fais quelques vidéos (quand j'ai le temps, c'est-à-dire pas souvent en ce moment) sur la chaîne @bfeuilles sur Skeptikon, et que je vous fais tous les vendredis (dans la limite de mes dispos, mais en tout cas pour l'instant ça marche) un thread de vulgarisation avec le hashtag #vulgadredi.

Je fais aussi partie de pas mal d'assos, mais on va éviter de s'étaler, d'autant que j'y suis peu actif en ce moment, et à part ça j'aime pas mal la lecture et les jeux vidéos. D'ailleurs, si vous voulez me retrouver en dehors du Fédivers, n'hésitez pas à venir sur la Couronne de Cuivre, qui est un très chouette forum. Et je crois que ça va être tout pour cette fois :-)

https://www.baldursgateworld.fr/

J'ai démarré la nuit dernière mon quarantième tour à l'air libre autour du Soleil, ça semble le bon moment pour refaire une #introduction (en deux pouets). Donc salut, moi c'est Elzen, et mon job c'est de faire en sorte que les gens aient des étoiles plein les yeux.

Je suis en effet médiateur scientifique au Planétarium de Bretagne, du moins jusqu'à la fermeture pour travaux de ce dernier à la fin de cette année. Donc si vous voulez venir m'écouter causer du ciel, c'est le moment de prévoir vos vacances :-þ

D'ailleurs en comptant de tête de manière approximative, quand mon contrat là-bas se terminera, j'aurai pédalé environ l'équivalent d'un petit tour de la Terre au cours de ma vie.

@clic Ça ressemble plus à du spam, d'ailleurs on en a reçu un peu plus tard un deuxième au contenu identique mais envoyé par un autre expéditeur et avec un autre destinataire (oui parce que je n'avais pas remarqué sur le coup, mais le destinataire n'a rien à voir non plus, la liste devait être en CCi).

Je viens donc de recevoir un mail sans objet (à part le truc ajouté automatiquement par la liste de diff par laquelle il a transité), contenant une version texte et une version HTML, les deux ne contenant en tout et pour tout qu'une seule ligne de texte :

hi this email find you well

La seule différence entre les deux est que la version HTML est dans une div avec l'attribut dir="ltr". Et il n'y a littéralement rien d'autre comme contenu. À part une tentative de blague sur le mode « c'est pas seulement que j'espère, il vous trouve vraiment », j'ai du mal à piger l'objectif 🤔

Et si des nazis salissaient ma mémoire et venaient pisser sur ma tombe, ce serait de superbes hommages. C'est que j'aurais été du bon côté de la barrière.

@lebout2canap @sarah_trichet_allaire Je ne connais Scribus que de nom, mais j'ai déjà vu un souci de ce genre apparaître en essayant de convertir en SVG un PDF particulièrement mal foutu : ce qui était au départ un bloc de texte avait été transformé en une série de lettres séparées. Je ne sais plus exactement quand c'était, mais ça remonte à quelques années, avant l'essor des LLM.

Donc, pas complètement impossible que le souci vienne d'un autre mode de génération, mais dans tous les cas, je pense que la personne s'y est plutôt très mal pris.

@clic En effet : vu que c'est le Soleil qui amène la chaleur à la base, des jours plus courts entrainent un temps d'exposition plus faible, donc moins de chauffe. Mais même quand il fait jour, le Soleil passant moins haut dans le ciel, ça chauffe moins à cause de l'inclinaison. Les deux effets se combinent, mais il faudrait quelqu'un qui a de meilleures connaissances du domaine pour préciser dans quelles proportions chacun joue.

@letoII Effectivement, je ne me suis pas super bien exprimé ici ^^" Le souci de vouloir taper trop vite. Merci d'avoir précisé, donc :-)

16/16 Et donc tout ça va se répéter à l'identique d'une année sur l'autre, notre Terre repassant sans cesse au même endroit. Ou presque, parce qu'on n'a parlé ici que de sa position par rapport à notre Soleil. Sauf que dans l'espace, tout tourne, notre Soleil y compris : il décrit pour sa part un lent cercle d'environ 220 millions d'années autour du centre de notre galaxie, entraînant les planètes avec lui.

Notre Terre ne tourne donc pas en rond, mais en hélice : l'année suivante à la même date, elle est revenue à la même position par rapport au Soleil, mais a pas mal bougé avec lui par rapport au centre de la galaxie. Une position absolue dans l'espace, ça n'existe pas vraiment. Allez, on s'arrête là, et on se donne rendez-vous à la veille du périhélie pour le premier Vulgadredi de 2026 ?
Image du véritable trajet de la Terre dans l'espace, si je me souviens bien une capture d'écran d'une vidéo de Balade mentale sur ce sujet. On voit une partie de notre galaxie vue par la tranche, dans laquelle notre Soleil avance sur ce qui semble être ligne droite (c'est en fait une courbe, mais beaucoup trop faible à cette échelle, et il est présentement légèrement en dessous du plan principal, mais devrait finir par le croiser), avec les trajectoires des planètes autour de lui. Comme nous voyons ici le mouvement du Soleil en plus de leur rotation autour de lui, les ellipses deviennent un mouvement en hélice.

15/16 Et pour la différence de chaleur, du coup ? Simple question d'inclinaison, là aussi. L'été, quand le Soleil passe haut dans le ciel, ses rayons nous frappent avec un angle assez réduit, et chacun n'a donc qu'une petite zone de sol à éclairer et à chauffer. L'hiver, quand il passe plus bas, sa lumière s'étale davantage et donc couvre une zone de terrain plus importante.

De la même façon que le même radiateur, toujours réglé sur la même température, va sembler plus ou moins efficace selon la taille de la pièce dans laquelle on le met, une lumière qui s'étale sur plus de terrain va chauffer moins, et l'hiver sera donc plus froid. Même si, comme vu plus haut, tous pleins d'autres facteurs jouent sur la température effective.
Schéma trouvé sur Wikimédia Commons montrant l'effet de l'inclinaison sur les rayons reçus du Soleil. On voit le Soleil et la Terre vus de côté (et pas à l'échelle !) avec des rayons lumineux allant de l'un à l'autre. Dans la partie été (ici dans l'hémisphère sud, ça correspond à ce qui se passe en ce moment), la lumière frappe une zone moins étalée, et donc est plus efficace, tandis que de l'autre côté, le contraire se produit, et il fait donc plus froid.

14/16 Et donc comme l'axe de rotation de la Terre pointe environ toujours dans la même direction, et que la Terre tourne autour du Soleil, on va se retrouver avec des moments où un côté de la Terre est penché vers le Soleil et l'autre à l'opposés. Puis six mois plus tard, ce sera l'inverse. Et entre les deux, on a une phase « neutre », où l'inclinaison n'a pas spécialement d'effet. Voilà, c'est ça, les saisons.

La partie de la Terre qui est penchée vers le Soleil a des jours plus longues, et même une absence complète de nuit autour du pôle, tandis que l'autre a des nuits plus longues, et même une absence complète de jour autour du pôle. L'été dans l'hémisphère nord correspond à l'hiver dans l'hémisphère sud, et réciproquement. Aux équinoxes de printemps et d'automne, en revanche, tout le monde a des jours et nuits de la même durée (c'est ce que veut dire « équinoxe »), sauf les deux pôles où c'est l'aube/le crépuscule en permanence.
Schéma (en anglais, 'flemme de franciser ça) trouvé sur Wikimédia Commons montrant la Terre à quatre positions sur son orbite, correspondant aux deux équinoxes et aux deux solstices. On voit que l'axe de rotation de la Terre présente toujours la même inclinaison par rapport au plan de l'écliptique, changeant le côté de la planète à être tourné en direction de l'étoile.

13/16 Sur un temps très long, ça va par contre pas mal jouer. Ainsi, l'étoile qu'on appelle aujourd'hui « polaire » parce qu'elle est environ dans le prolongement de cet axe ne va pas le rester éternellement. Il y a environ cinq mille ans, quand les astronomes de Babylone ont tracé les premières de nos constellations, c'était l'étoile principale du Dragon, Thuban, qui était en position d'étoile polaire.

Dans environ huit mille ans, ce sera au tour de Deneb, l'étoile principale du cygne, d'être dans cette position, puis quatre mille ans plus tard, ce sera Véga, l'étoile principale de la Lyre. De quoi chambouler un peu nos habitudes, puisque le Cygne et la Lyre font aujourd'hui partie du « ciel d'été ». Mais, donc, à notre échelle, on peut environ considérer que tout ça ne bouge pas.
Carte du ciel autour du pôle nord céleste (et trouvé sur la page Wikipédia anglophone dédié à la précession des équinoxes) montrant le trajet que fait le pôle céleste dans le ciel en fonction de l'inclinaison de l'axe de la Terre. Les temps et les tracés usuels des constellations sont indiqués, montrant que ce point passait presque sur une étoile du Dragon il y a cinq mille ans, et passera près du Cygne et de la Lyre (sans atteindre précisément les étoiles citées) quand on sera arrivé de l'autre côté du cycle. Pour l'instant, soit autour de l'an 2000, l'étoile au bout de la queue de la Petite Ourse est quasiment en position polaire.

12/16 On entend d'ailleurs parfois des gens dire que « l'axe de rotation de la Terre est incliné ». Sauf que si on s'arrête là, ça ne veut rien dire : une inclinaison, ce n'est pas quelque chose d'absolu, c'est par rapport à un plan de référence. En l'occurrence, l'axe de rotation de la Terre est incliné *par rapport à l'écliptique*, il ne forme pas un angle droit avec lui. Mais on pourrait tout à fait prendre l'équateur comme référence et dire que c'est le reste qui est incliné.

Cette inclinaison change au cours du temps, entrainant un décalage qu'on appelle la « précession des équinoxes ». Mais ce décalage se fait sur un cycle qui dure environ 26 000 ans, ce qui fait qu'à notre échelle, d'une année sur l'autre, on peut complètement négliger ses effets et considérer que l'axe de rotation de la Terre pointe toujours dans la même direction.
Schéma trouvé sur la page Wikipédia dédiée à l'écliptique, et montrant l'inclinaison entre ce plan, ici utilisé comme plan horizontal, avec l'équateur terrestre (et donc l'équateur céleste qui en est le prolongement). On voit l'axe de la Terre représenté, et l'angle qu'il fait par rapport à la perpendiculaire à l'écliptique est donc mis en évidence.

11/16 Donc, nous sommes au plus près de la source de chaleur quand les températures sont les plus froides, et au plus loin quand elles sont les plus chaudes. Ce qui n'est pas exactement ce à quoi on s'attendrait, et montre donc que l'effet de cette différence de distance n'est pas si important que ça. En tout cas tant qu'elle ne reste que de quelques millions de kilomètres, évidemment, si on s'éloignait beaucoup plus, ça gênerait⁽*⁾.

Mais dans ce cas, qu'est-ce qui joue ? En fait, cela vient du phénomène qui joue aussi sur la longueur du jour et de la nuit : l'angle entre le plan de rotation de la Terre sur elle-même (ou plan de l'équateur) et le plan de révolution de la Terre autour du Soleil (ou plan de l'écliptique). Parce que oui, encore une fois, tout tourne, mais rien ne tourne pareil.

(∗) Allez, vu que je ne l'avais pas remis la semaine dernière, voici le thread sur les comètes : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AwyBqt6c4qOUfKUKjQ

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