Le Livre d'Argent

Ce soir, c'est la Nuit des Étoiles ! Les gens qui sont sur #Lannion et environs, n'hésitez pas à venir faire un tour au planétarium, où on vous a prévu deux fois deux séances spéciales, et une session d'observation dehors. Mais comme j'ai l'esprit de contradiction, le #Vulgadredi d'aujourd'hui portera sur quelque chose qui n'est visible qu'en plein jour : les éclipses solaires.

En vrai, ce n'est pas tant une contradiction que ça, vu que le Soleil est une étoile, que pendant une éclipse totale on peut voir les étoiles, et que c'est évidemment le thème de l'évènement cette année ; mais en ce qui me concerne, c'est donc surtout la suite de la série de #VendrediVulga actuelle, avec seize nouveaux pouets.
Photo, trouvée sur Wikimédia Commons, montrant l'ombre d'une passoire sur ce qui semble être un drap blanc pendant une éclipse. On voit, par les multiples trous de la passoire, la forme d'un croissant de Soleil, puisque la Lune est en train d'en masquer une partie. Ça n'offre évidemment pas de grossissement comme peut le faire une lunette astronomique, mais ça reste un moyen simple, sûr et efficace de regarder le phénomène, ce qui est donc plutôt cool.

2/16 Donc, comme on l'a vu dans le thread d'il y a deux semaines, une éclipse se produit quand un corps céleste passe dans l'ombre d'un autre. Si on observe ça depuis le corps céleste qui fait de l'ombre, et que l'autre objet se retrouve complètement dans l'ombre, on le voit juste disparaître…

…à moins que le corps sur lequel on se trouve ne dispose d'une atmosphère, comme c'est heureusement le cas de notre planète, ce qui nous donne alors un phénomène haut en couleurs, mais on a déjà parlé de ça la semaine dernière, alors voyons maintenant plutôt ce qu'on voit quand on est au contraire sur le corps céleste qui reçoit l'ombre.

Mais si vous voulez retourner lire l'autre thread, c'est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B8u11bbCrf1NEtDt6e

3/16 Le truc ici est qu'il faut tenir compte des tailles. Notre Lune, en effet, tiendrait quatre fois dans le diamètre de notre Terre, et, pour éclipser totalement notre Soleil, elle doit donc masquer quelque chose qui est si gros que c'est notre Terre qui tiendrait plus d'une centaine de fois sans son diamètre. Ça n'a pas l'air évident, là comme ça.

Heureusement, il n'y a pas que la taille qui compte, mais aussi la distance. Notre Lune, dont le diamètre est donc environ quatre cent fois plus petit que notre Soleil, se trouve par hasard environ quatre cent fois plus près de nous que lui, et comme c'est le même nombre des deux côtés, ça nous donne l'impression, vu depuis la Terre, que les deux ont environ la même taille dans le ciel.
Montage, trouvé sur Wikimédia Commons, nous montrant les différences de taille apparente entre la Lune et le Soleil selon leur proximité à la Terre. En haut à gauche, on voit notre étoile telle qu'elle est lorsque nous sommes à notre aphélie, donc au plus éloigné d'elle, et en bas à gauche lorsque nous sommes à notre périhélie, au plus proche : il y a une légère différence de taille apparente, mais pas non plus incroyable (et vu qu'on ne regarde jamais directement le Soleil, on ne s'en rend pas franchement compte). À gauche, c'est la même chose pour notre Lune : lorsqu'elle se trouve à son apogée, donc au plus loin de la Terre, elle est sensiblement plus petite que notre Soleil, même quand il est à sa taille minimale ; tandis que lorsqu'elle se trouve à son périgée, au plus proche de nous, elle devient légèrement plus grosse que lui (à vue de nez, la différence de taille entre le Soleil minimum et le Soleil maximum est environ la même qu'entre le Soleil maximum et la Lune maximum, ce qui fait pour le coup une très nette différence de taille entre la Lune maximum et la Lune minimum).

4/16 Et donc comme leur taille apparente est environ la même, il est donc possible, dans la bonne configuration, que la Lune passe exactement devant le Soleil et nous le masque donc. Sauf qu'on sait maintenant que ce n'est pas quelque chose d'éternel.

On en a déjà parlé et je vais encore spammer un lien que vous avez déjà lu, mais avec les miroirs lunaires déposés par les missions Apollo et Lunokhod, on a pu calculer que notre Lune s'éloigne de nous à un peu moins de quatre centimètres par an.

Pour plus de détails, retournez lire là-bas : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B7GRh0gWnSRoyGfl8S

5/16 Cette vitesse est plutôt lente, mais il n'empêche que si l'on attend trop longtemps (ça va, on a quelques millions d'années devant nous), notre Lune sera trop petite dans notre ciel pour couvrir entièrement le Soleil, et plus aucune éclipse totale ne pourra avoir lieu.

Ceci dit, ça veut dire aussi que, si l'on remonte des millions d'années en arrière, notre Lune, plus proche, devait aussi paraître un peu plus grosse. Avec sans doute un effet sur les marées, mais également en changeant certains aspects de ce que peut produire une éclipse totale, on va y revenir.
Graphique issu d'une des sources fournies par Corey Powell dans le lien que je vous passerai plus bas. On y voit une comparaison des positions relatives de la Terre et de la Lune aujourd'hui et il y a un peu moins de quatre milliards d'années : à l'époque, notre Lune n'était qu'à environ un tiers de la distance actuelle et paraissait donc environ trois fois plus grosse dans notre ciel, ce qui facilitait évidemment pas mal le phénomène des éclipses.

6/16 En attendant, donc, on sait que l'ombre portée de la Lune ne suffit pas à couvrir la Terre entière : depuis l'espace, on ne voit donc pas notre planète disparaître entièrement, mais seulement une tache sombre passer à sa surface.

C'est quand même déjà un phénomène plutôt impressionnant, qui a déjà été photographié à plusieurs reprises depuis la station spatiale internationale, par exemple. Donc évidemment, il fallait bien que je vous mette au moins une image ici. Et ce ne sont donc que les gens qui sont pile dans cette ombre qui peuvent profiter du phénomène dans toute sa splendeur.
Photographie prise depuis l'espace de l'éclipse du 21 août 2017, trouvée sur Wikimédia Commons. On voit notre planète en bas avec sa couverture de nuages, et en haut, l'espace, ainsi qu'une partie des panneaux solaires de l'ISS au premier plan. Au centre de l'image, en dessous de l'atmosphère (qui continue de diffuser la lumière comme on en a parlé la semaine dernière), une tache sombre couvre une partie de notre planète : il s'agit de l'ombre de la Lune, et ce sont donc les gens situés dans cette zone qui ont pu admirer l'éclipse totale.

7/16 Pour les autres, comme ce sera notre cas mercredi prochain au soir, on ne voit donc la Lune que passer en partie devant le Soleil, sans le masquer complètement. Ce qui d'ailleurs peut ne juste pas se remarquer quand on est trop loin de la zone de totalité, car le reste du Soleil continue de briller pas mal (d'où l'intérêt de porter des lunettes spéciales, j'en parlais dans le thread d'intro).

Je me souviens ainsi qu'en 2006, une éclipse très partielle de Soleil est passée au dessus de ma fac : j'étais visiblement la seule personne au courant et personne d'autre ne s'est demandé ce qui se passait, aucune baisse de luminosité notable ne se faisant remarquer.
Photo, trouvée sur Wikimédia Commons, d'une éclipse partielle de Soleil prise en Suède le 29 mars 2025. On voit dans le ciel pas mal de nuages, la plupart en bas de l'image, mais surtout une grosse boule lumineuse dont il manque une partie en haut, la Lune commençant à cacher notre Soleil. Il ne manque qu'un tout petit bout de l'étoile, et donc, à moins de spécifiquement savoir qu'il se passe quelque chose et d'être en train de l'observer avec du matériel adapté, les chances de remarquer quoi que ce soit sont plutôt basses dans ce genre de cas.

8/16 Ceci dit, ce mercredi, en Bretagne en tout cas, la baisse de luminosité se fera sans doute remarquer (même si ça dépend évidemment un peu de la météo), car le soleil sera recouvert à plus de 90%. Et cela se produira un peu après 20h, soit une bonne heure avant le coucher du Soleil : nous verrons donc l'obscurité arriver, puis repartir, puis revenir pour de bon.

Et donc, si vous avez déjà eu envie de voir un croissant de Soleil, ce sera le bon moment pour ça… Même si, si vous êtes plutôt dans le sud de la France, je vous encourage à passer la frontière pour aller admirer le phénomène complet. Les éclipses partielles sont jolies en photo, mais en vrai, c'est la totalité qui est de très loin la plus cool.
Photo d'une éclipse partielle de Soleil prise aux USA le 10 juin 2021, et trouvée sur Wikimédia Commons. On voit un ciel globalement rouge-orange, avec quelques nuages, et surtout l'image d'un croissant de Soleil, recouvert à plus de la moitié par notre Lune. L'ensemble est assez impressionnant, mais assez loin de ce que c'est que de vivre une éclipse totale.

9/16 D'autant que les personnes qui ont la chance de voir la totalité voient aussi l'éclipse partielle au passage, vu que ça se produit juste avant et juste après, le temps que la Lune arrive dans la bonne position. D'où l'utilité des lunettes avant et après la totalité, mais bon, je me répète un peu.

En tout cas, pour voir une éclipse depuis la France métropolitaine, il faudra attendre un peu, car la prochaine n'aura lieu que le 3 septembre 2081. L'Espagne aura plus de chance, car une éclipse passera de nouveau au dessus du pays, cette fois vers le sud avant de continuer sur le nord de l'Afrique dès l'année prochaine, le 2 août 2027.
Animation, trouvée sur la page Wikipédia dédiée, du tracé que suivra l'ombre de la Lune sur la Terre lors de l'éclipse du 2 août 2027. On voit le point noir de la zone de totalité commencer sur l'Atlantique, puis passer au niveau du détroit de Gibraltar, avant de traverser le Maghreb, survolant un peu la Méditerranée au passage, puis continuant son chemin jusqu'à la mer rouge et le sud de la péninsule arabique. Elle passera ensuite au bout de la corne de l'Afrique avant de terminer sa course dans l'océan indien. Autour d'elle, une ombre plus claire montrant la zone où une éclipse partielle sera visible, assez grande pour couvrir, au fil du déplacement, toute l'Europe, plus de la moité de l'Afrique (jusqu'à couvrir presque entièrement Madagascar), tout le sud de l'Asie jusqu'à l'Inde et une partie de l'Océanie. Mais évidemment, plus on sera loin de la zone de totalité, moins le phénomène sera remarquable : aux extrémité de ce cercle, seul un tout petit bout du Soleil sera caché.

10/16 Mais entre l'éclipse de cette année et celle de l'an prochain aura lieu un phénomène un peu particulier, cette fois-ci dans l'hémisphère sud : le six février prochain, la Patagonie et le Chili auront l'occasion de pouvoir admirer une éclipse annulaire.

De quoi s'agit-il au juste ? On en a déjà parlé, tous les corps célestes tournent en ellipse, s'éloignant et se rapprochant régulièrement de l'objet autour duquel ils orbitent. Notre Lune ne fait pas exception, et sa distance à notre planète varie légèrement avec le temps. De même, donc, que sa taille apparente dans le ciel.

C'est une des lois de Kepler, au sujet desquelles vous pouvez retourner lire par ici : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B7V0ZS1VUDRw3G3U8G

11/16 Il se trouve que notre Lune est déjà trop éloignée de la Terre pour couvrir complètement le Soleil dans toutes les circonstances. Quand elle est dans sa position la plus éloignée de notre planète, à son apogée, son diamètre apparent est déjà légèrement plus petit que celui de notre étoile.

Dans cette configuration spécifique, donc, même si un alignement parfait se produit, il restera un anneau de Soleil autour de notre satellite, et le résultat ressemblera à une éclipse partielle, mais avec une forme encore plus étrange :
Photo d'une éclipse annulaire, trouvée sur Wikimédia Commons, et prise en Chine le 15 janvier 2010. On voit globalement un ciel noir, dans lequel brille ce qui pourrait ressembler à un croissant de Soleil… sauf que les pointes de ce croissant se rejoignent, la Lune étant entièrement devant notre étoile mais trop petite pour la masquer complètement.

12/16 Il nous faut donc une Lune plus proche de son périgée pour que l'on puisse admirer l'un des spectacles les plus rares et magnifiques de l'univers : celui de la couronne solaire.

Il s'agit de la couche la plus externe de l'atmosphère de notre étoile. Particulièrement chaude, elle émet sa propre lumière, mais, en temps normal, celle-ci est complètement noyée dans celle du reste de l'étoile, et on ne voit donc rien de spécial. Pour admirer cette couronne, il faut donc que quelque chose vienne masquer précisément le reste du Soleil, ce que fait la Lune pendant une éclipse totale.
Photo, trouvée sur Wikimédia Commons et prise en France le 11 août 1999, d'une éclipse totale de Soleil. On voit, sur fond de ciel noir, notre étoile entièrement recouverte par la silhouette noire de notre Lune, mais un halo lumineux assez imposant reste visible autour d'elles. Juste autour de l'étoile, on peut voir la lumière rouge-rose de quelques éruptions solaires de faible ampleur, tandis que la couronne solaire elle-même est plutôt blanchâtre.

13/16 Et il faut donc que cette Lune soit à la bonne distance, ni trop loin, car sinon on a une éclipse annulaire, ni trop près, car dans ce cas elle cacherait aussi la couronne. Il y a quatre milliards d'années, par exemple, la Lune était environ trois fois plus grosse dans notre ciel : on ne devait juste plus rien voir.

Je ne sais pas trop à partir de quand ce spectacle a pu devenir possible, car la vitesse à laquelle notre Lune s'éloigne diminue avec le temps et que je n'ai pas vraiment trouvé de source détaillée à ce sujet, et que la couronne prend quand même pas mal de place, mais voilà, ça n'a pas toujours été comme ça.

Tenez, pour les anglophones, j'ai quand même réussi à trouver ça : https://www.forbes.com/sites/quora/2018/07/11/what-did-the-moon-look-like-from-earth-4-billion-years-ago/

14/16 Quand je disais il y a trois semaines⁽*⁾ que le feu est un des phénomènes les plus rares de l'univers, possible sur Terre uniquement depuis le Dévonien, si pas le Carbonifère, il semble que ce soit aussi plus ou moins le cas pour les éclipses telles qu'on les connaît. D'un autre côté, avant ça, il n'y avait personne pour les admirer.

N'empêche que la couronne solaire est, des deux, ce qui chauffe le plus : une flamme de feu de bois monte à environ 2000℃, la surface de notre étoile à entre 5000 et 7000℃… et la couronne est au alentours des deux millions de degrés ! (Ce qui reste beaucoup moins que le cœur de notre étoile, plutôt à environ quinze millions).

(∗) Ce thread-là, si vous l'avez manqué : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B8QvYKJDw3WVrWC2oS

15/16 Mieux vaut voir ça de loin, donc. Et puis, même si la Lune était trop grosse et cachait complètement la couronne solaire, on garderait les autres aspects plutôt cools d'une éclipse totale, dont le fait que les étoiles apparaissent en pleine journée.

Ou bien la brusque chute de température qui a souvent lieu à ce moment-là. J'aurais vraiment bien aimé qu'on puisse simuler ça pendant la séance éclipses au planétarium, mais la clim du bâtiment n'est hélas pas assez efficace. Par contre, on peut, au cours de cette séance, vous montrer quelque chose que je peux plus difficilement vous apporter ici : l'ambiance générale d'un tel événement.

En espérant que l'ambiance des jours qui suivent ne soit pas celle-là : https://zpravobot.news/@TerribleMaps/117016371181926933
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16/16 Et puis, comme on est sous un planétarium, on en profite aussi pour aller voir ce que ça donne avec d'autres corps célestes que la Terre et la Lune… ce qui sera d'ailleurs le sujet du thread de la semaine prochaine, juste après l'éclipse. Et pour les suivants, on verra, j'ai bien envie de re-causer un peu de biologie, mais je ne sais pas trop quoi pour l'instant, je prends les suggestions.

En attendant, profitez bien du spectacle (et pensez à vous protéger les yeux), et puis je compte comme d'hab' sur vos likes et partages. Et à ce soir pour les gens qui peuvent venir jusque là, donc ! (Et lisez l'alt-text au moins de la dernière image, SVP).
Affiche des Nuits des Étoiles 2026, dessinée par Plantu (dont je ne cautionne pas le reste des dessins par ailleurs). On voit globalement une scène totalement irréaliste avec ce qui est probablement le Soleil partiellement éclipsé dans le ciel (parce que si c'est censé représenter une phase de la Lune, ça n'a pas du tout la bonne forme) et des étoiles autour, alors que les étoiles ne sont visibles que pendant une phase de totalité. Plusieurs personnes (quatre, ainsi qu'un chien et une souris) portent ostensiblement des lunettes de protection des yeux, mais on dirait que c'est plus pour crâner qu'autre chose, aucune d'entre elles ne semblant regarder en direction du ciel (deux autres personnes à l'arrière-plan ont, elles, l'air de regarder le ciel, mais il est beaucoup moins évident de voir si elles portent les lunettes de protection ou pas). Et surtout, on voit une personne qui, elle, regarde en direction de l'éclipse… à la lunette astronomique, ce qu'il faut évidemment éviter totalement de faire. En d'autres termes, la seule personne vraiment montrée en train de faire de l'astronomie a un comportement irresponsable et dangereux. Honnêtement, je ne comprends pas comment ce torchon a pu être sélectionné pour la com' officielle, dans la mesure où son seul intérêt me semble être de montrer que ce n'est pas parce que c'est fait par un être humain que ça ne peut pas être aussi incohérent et bourré de défauts que de l'« AI slop ».

@elzen j'ai gardé en tête qu'à l'époque des dinosaures (il ya 100 millions d'années) le jour devait durer 18h, donc avec ça on doit pouvoir retrouver la distance Terre Lune par conservation du moment ...

@uxor Ce serait super intéressant de faire le calcul, en vrai ; mais j'avoue que vu mon planning en ce moment, je ne vais vraisemblablement trouver ni le temps ni l'énergie ^^"

@elzen
A propos des vaisseaux spatiaux qui manoeuvrent comme la petite cuiller quand on donne à manger aux bébés, si ce n'est déjà lu La guerre éternelle de *joe* Haldeman ben en dehors des jump points la partie manoeuvres dans l'espace est suffisamment plausible (bon ben pas moyen d'aller à l'abordage et on saura dans un mois si on n'a pas tiré dans le vide parceque le vaisseau ennemi a un peu manoeuvré de quelques centaines de kilomètres entre-temps).
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