Le Livre d'Argent

Un petit #Vulgadredi un peu plus décousu cette semaine, parce que parfois il y a des trucs dont j'ai envie de parler mais qui feraient des threads un peu trop courts. Mais comme j'aime bien trouver des liens entre des choses qui n'en ont pas à première vue, il y a toujours moyen de s'arranger.

On va donc, comme annoncé la dernière fois, passer les seize pouets de ce nouveau #VendrediVulga à parler de comment on détecte les exoplanètes, et d'un des objets les plus chouettes de notre système solaire. Et pour ça, on va commencer par parler des planètes dans Star Wars, parce que pourquoi pas.
Photographie de Titan devant Saturne, prise par la sonde Cassini et trouvée sur Wikimédia Commons. On voit la planète géante avec ses anneaux quasiment vus par la tranche, donc très fins, et légèrement de biais, même si on distingue leurs ombres beaucoup plus grandes sur la planète. Au premier plan, une lune passe pile devant ces anneaux, elle est d'une couleur assez proche de celle de la planète, mais beaucoup plus sombre.

2/16 Star Wars, bon, je pense que je n'ai pas besoin de vous présenter ce que c'est. Pour prendre le moins de risques possible, on va dire que c'est une des trois plus chouettes sagas vidéo incluant des vaisseaux spatiaux et dont le nom commence par « star » et finit par un mot de quatre lettres.

Mais, comme pas mal d'autres univers du même style, on peut lui reprocher que ses planètes soient assez… monotones ? Tatooine est uniquement un grand désert, Coruscant une ville géante, et Mustafar un champ de lave. Encore que Naboo nous présente quelques paysages un soupçon plus variés.
Image de Yoda sur Dagobah. Le petit personnage vert aux longues oreilles se tient sur un sol recouvert de feuilles mortes, avec une légère brume, et de nombreux arbres assez grands, évoquant ceux d'une mangrove, sont visibles aux alentours. D'après ce qu'on peut voir dans le film, toute la planète semble avoir cet aspect, avec seulement des endroits plus ou moins marécageux. Si un tel endroit existe en vrai, l'histoire de la vie à sa surface serait très différente de ce que notre planète à nous a connu.

3/16 Du coup, ces planètes sont-elles réalistes ? C'est une des questions que s'est posé Roland Lehoucq dans un très chouette bouquin que je vous recommande assez chaudement vu qu'on est aussi #VendrediLecture : « Faire de la science avec Star Wars » (où il étudie aussi la Force, l'Étoile noire et les sabre-lasers).

Je vous laisse découvrir tout ça, mais par exemple, d'après l'aspect des deux soleils que l'on voit dans le film, on peut calculer pour Tatooine une orbite stable autour des deux étoiles à la fois, qui l'amènerait à recevoir environ 10% plus de chaleur que la Terre, ce qui colle plutôt pas mal avec un climat surtout désertique.
Image de deux soleils couchants dans le ciel de Tatooine, dans Star Wars, avec au premier plan la ferme Lars où a grandi Luke. L'un des deux soleils est assez semblable au nôtre, tandis que l'autre est un peu plus oranger, et donc légèrement plus froid. La taille des étoiles étant plutôt bien liée à leur température, en tout cas pour des naines jaunes comme notre Soleil, on peut donc estimer approximativement la distance à laquelle ils se trouvent, et à partir de l'angle entre les deux, la distance qui les sépare, ce qui permet de chercher quelle orbite pourrait avoir la planète dans un tel système.

4/16 Et puis bon… autour de nous, Mars, Vénus et Mercure peuvent assez facilement être réduites à une seule caractéristique de la même façon, même si quand on les regarde dans le détail il y a évidemment pas mal de choses qui changent d'un endroit à un autre sur chacune d'elles.

Mais, parmi les lieux emblématiques de Star Wars, il y en a un qui est un peu plus difficile à étudier : Yavin Ⅳ, la base rebelle lors de la bataille de la première Étoile noire, qui dans les livres devient ensuite l'emplacement de la nouvelle académie Jedi. Il faut dire que ce n'est pas une planète, mais une lune, et que les lunes… c'est plus dur à détecter.
Image des environs de Yavin dans le premier film : on voit un morceau de la planète géante en haut à gauche, planète qui semble dominée par des tons rougeâtres, avec juste en dessous une petite lune plutôt bleue, avec quelques nuages visibles, le Faucon Millénium étant en train de voler dans la direction de cette lune. Je n'ai pas fait de calcul, mais à vue de nez comme ça, je pense que les proportions ne sont pas réalistes, j'ai plus l'impression de voir ce que ça donne quand je zoome les objets dans mon planétarium pour que les gens arrivent à les visualiser, mais il est éventuellement possible qu'un angle particulier donne quelque chose comme ça. On notera que le nom de la lune, Yavin Ⅳ, semble suivre la convention de nommage officielle chez nous : le nom de la planète suivi d'un numéro indiquant, selon le cas, l'ordre de proximité à la planète, ou celui de découverte. Il y a donc probablement ici au moins trois autres lunes, même si je ne me rappelle pas qu'elles aient été évoquées.

5/16 Bien sûr, on a pu en trouver un certain nombre autour des planètes de notre système solaire. J'avais même déjà fait un thread pour en lister quelques unes ayant des caractéristiques intéressantes. Mais pour l'instant, on ne connaît que celles des planètes autour de nous : nous sommes totalement incapables d'en détecter autour des exoplanètes.

Et pour comprendre pourquoi… eh bien, vous l'aurez compris, c'est là qu'on va parler de la façon dont on détecte les exoplanètes. Il y a, en gros, trois méthodes, même si, évidemment, on pourrait entrer beaucoup plus dans les détails que ce que je vais faire là, le but est surtout d'avoir une idée de comment ça marche.

Au fait, si vous aviez manqué le thread sur les lunes, qui date d'avant que je me mette à utiliser les hashtags, il est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AwVATkhLR4bOOKEfCa

6/16 La méthode la plus simple est évidemment de voir directement ces planètes au télescope en observant le voisinage des étoiles. C'est aussi la moins efficace, puisqu'elles sont très lointaines, donc toutes petites vues d'ici, et que la lumière des étoiles nous empêche souvent de voir ce qui est trop près d'elles.

On n'a ainsi pu détecter de cette manière quasiment que des planètes géantes pas mal éloignées de leur étoile, soit pas ce qui nous intéresse le plus. Mais on peut faire quelques progrès en masquant avec précision les étoiles, et le télescope spatial James Webb, par exemple, pourrait bien aider à ce niveau.
Photo prise par le VLT (et qui illustre présentement la page Wikipédia dédiée aux exoplanètes) de 2M1207 b, une des rares exoplanètes découvertes directement au télescope (en l'occurrence en infrarouge plutôt qu'en lumière visible, mais le principe est le même). La planète est au moins aussi grosse que Jupiter (et au moins trois fois plus lourde), et à peu près aussi éloignée de son étoile que Pluton ne l'est du Soleil : autant dire qu'on a peu de chances d'y trouver de la vie. Et cette image ne nous donne pas non plus énormément de détails : on voit globalement au centre une grosse boule blanchâtre aux contours cyan, l'étoile, et plus bas à gauche une boule plus petite encore plus floue mais de couleur rouge, la planète.

7/16 Une autre méthode est au contraire de profiter qu'elles nous bouchent la vue : en passant devant son étoile (par rapport à nous), une planète va masquer une petite partie de la lumière de cette étoile. Quand on parvient à détecter une telle baisse de luminosité, on peut calculer approximativement l'orbite de la planète à partir du temps que ça met à revenir à la luminosité de base.

Et connaissant son orbite, donc sa distance à l'étoile, la proportion de lumière qu'on a en moins nous permet d'estimer la taille de la planète. Là encore, il faut quand même que ces planètes soient assez grosses pour que la différence soit détectable… et il faut aussi que l'orbite de la planète soit orientée correctement, ce qui n'est pas toujours le cas.
Schéma d'une détection d'exoplanète par son transit devant son étoile, trouvée sur la page Wikipédia dédiée aux méthodes de détection d'exoplanète. On y voit en haut une étoile avec une planète qui passe devant, la flèche en pointillés exprimant sa trajectoire et trois positions (avant, au moment du “contact”, et pendant le transit) sont numérotées. En bas, une courbe montre la luminosité de l'étoile en fonction du temps, où on retrouve les trois numéros des positions : quand la planète n'est pas devant, la luminosité de l'étoile est maximale. Au moment du contact, elle baisse légèrement, pour rester à son maximum pendant tout le transit. Notons que la taille apparente de la planète, donc la quantité de luminosité en moins, dépend de sa taille réelle, mais aussi de sa distance à l'étoile, qui doit donc d'abord être calculée en fonction de la durée du transit.

@elzen

Les exoplatanes, c est des platanes qui poussent en dehors des cours de récréation.

Leur existence est conjecturee.

8/16 La troisième méthode mobilise quelque chose qu'on a vu il y a deux semaines, dans le thread sur les marées : dans un couple étoile-planète (comme dans un couple planète-lune), ce n'est en fait pas un objet qui tourne autour de l'autre, mais les deux objets qui tournent ensemble autour de leur centre de masse.

La plupart du temps, ce centre de masse est situé à l'intérieur de l'étoile (ou de la planète pour une lune), mais, pour autant, il n'est jamais précisément au centre de l'étoile elle-même. Ce qui signifie que la planète fait toujours très légèrement bouger son étoile en lui tournant autour, et c'est aussi quelque chose qu'on peut détecter.

Oh, si vous avez manqué le thread sur les marées, il est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4guWlrmqXuPUnovbc

9/16 Il faut évidemment des instruments suffisamment précis, et là encore, c'est beaucoup plus simple de détecter les grosses planètes qui font davantage bouger leurs étoiles, mais on a réussi à détecter pas mal de planètes de cette manière-là aussi. Pas seulement autour d'étoiles classiques, d'ailleurs⁽*⁾.

Mais on peut détecter le mouvement des étoiles parce qu'on peut les voir briller directement : on ne peut pas appliquer cette méthode aux planètes pour trouver leurs lunes. Pas plus qu'on ne peut distinguer de cette manière si ce qui fait bouger l'étoile est une planète isolée, ou un système planétaire complet.

(∗) On avait déjà mentionné le cas de planètes trouvées autour d'étoiles à neutrons dans le thread dédié : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AxtkWaoCMXHreCwxYe

10/16 De même pour les deux autres méthodes de détection : si une planète peut être suffisamment grosse pour diminuer la luminosité d'une étoile, ou occuper un pixel d'une photo, les lunes, à ce genre de distance, ne peuvent pas être distinguées de la planète autour de laquelle elles tournent.

Si on peut détecter des exoplanètes, donc, les exolunes sont pour l'instant totalement hors de notre portée. Et donc pour imaginer ce que ça peut donner, on va devoir compter sur notre imagination… et sur l'étude de celles qu'on peut trouver autour de nous. Or, on l'a dit la semaine dernière, nous avons autour de Saturne une lune particulièrement intéressante pour ça : Titan. Jetons-y donc un œil.
« Photo de famille » de Saturne, prise par la sonde Cassini et trouvée sur la page Wikipédia anglophone dédiée à ses lunes. On voit au centre la planète géante avec ses anneaux, et tout autour, la position d'un certain nombre de satellites. Les noms des corps célestes sont ajoutés sur l'image, on peut lire de gauche à droite (et en anglais) : Dione, Encelade, Épiméthée, Prométhée, Saturne, Mimas, Rhéa, Janus, Thétys, et enfin Titan, qui est la seule de toutes les lunes à occuper plus qu'un simple pixel à cette échelle.

11/16 Pourquoi Titan est-elle impressionnante ? D'abord par sa taille. Elle est littéralement de la taille d'une planète, puisqu'elle est légèrement plus grosse que Mercure (qui est, certes, la plus petite de toutes). Et notons que, quoiqu'étant plus grosse, elle est quand même moitié plus légère, parce que la masse dépend de la taille, mais aussi de la composition. Mercure est surtout constituée de fer, donc assez lourde.

Je vous avais dit dans le thread sur les lunes que Titan était la plus grosse de toutes celles du système solaire, et que Ganymède, la plus grosses des lunes de Jupiter (elle aussi beaucoup plus légère que Mercure) n'arrivait que deuxième. Mais dans le thread de la semaine dernière, elles étaient classées dans l'autre sens. En fait, ça dépend de ce qu'on mesure.

Si vous aviez manqué le dernier thread, au fait, il est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4vHf54iKchAXsEmUi
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12/16 Si on ne regarde que la matière solide, Titan est effectivement légèrement plus petite que Ganymède, et c'est donc elle qui se classe deuxième. Mais Titan dispose de quelque chose que Ganymède n'a pas : une atmosphère dense. Et si on rajoute l'épaisseur de cette atmosphère, Titan dépasse la taille de Ganymède.

Et cette atmosphère est une autre raison qui rend Titan très particulière : alors que celles de Vénus ou de Mars par exemple contiennent surtout du CO₂, celle-ci est constituée quasi-uniquement d'azote, comme devait l'être l'atmosphère terrestre avant que la photosynthèse réalisée par le vivant ne vienne y ajouter un bon paquet d'oxygène.

Ce qui remonte un peu, comme on l'avait déjà vu : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B2LuuVzTLtGtHpY252

13/16 Aucune autre lune, à notre connaissance, ne possède une telle atmosphère. Mais comme on l'a déjà vu à plusieurs reprises, celle de la Terre est à l'origine en grande partie due aux volcans. Y a-t-il des volcans sur Titan ? Oui, mais d'un genre encore un peu particulier.

Il fait en effet très froid, sur Titan : la température moyenne en surface est autour de -180°. Si vous avez lu le thread de la semaine dernière, vous avez donc probablement déjà en tête le mot « cryovolcanisme ». Et en effet, comme pour pas mal d'autres lunes de planètes géantes, Titan a un sol en grande partie composée de glace d'eau, si froide qu'elle est dure comme de la roche.
Image radar prise par la sonde Cassini (et trouvée sur la page Wikipédia dédiée au cryovolcanisme) sur laquelle on voit, en bas de l'image, une formation montagneuse beaucoup plus claire que le terrain environnant : il s'agit de Doom Mons, un des volcans trouvés sur Titan. Son nom vient de celui de la Montagne du Destin située au Mordor, un certain nombre de lieux à la surface de Titan ayant reçu des noms liés à l'univers de Tolkien.

14/16 Il y a peut-être, comme pour Europe ou Ganymède, un océan sous-marin, piégé sous la glace. Et il semble effectivement qu'un mélange d'eau et d'ammoniac remonte parfois à la surface. Mais ces volcans ont aussi une caractéristique particulière : ils libèrent du méthane qui s'accumule dans l'atmosphère.

Sauf qu'à des températures aussi basses, le méthane ne reste pas gazeux comme sur Terre : il se liquéfie, et retombe en pluie. Il se forme alors des rivières, puis des lacs de méthanes, qui peuvent ensuite s'évaporer et former des nuages. Un cycle du méthane, comme le cycle de l'eau sur Terre… mais avec donc ici une origine partiellement volcanique.
Photographie prise par la sonde Cassini lors de son passe à proximité de Titan (pour y larguer l'atterrisseur Huygens dont il sera question dans le prochain pouet). On voit une vue (ici en vraies couleurs) de la haute atmosphère de cette lune, ce qui rend plutôt flou, mais nous permet de distinguer une couche aux tons bleues aux limites de l'espace, en haut de l'image, et plus bas une zone plus vaste et plus dense qui est globalement assez orange. En bas à gauche, l'image est noire, sans doute parce que c'est la partie de la lune qui n'est pas éclairée.

15/16 Or, le méthane est une molécule organique. Si les conditions sont assez peu propices à la vie telle qu'on la connaît, il est en revanche assez probable qu'il y ait au moins là-bas une chimie complexe, ce qui évidemment donne envie d'aller voir de plus près pour savoir ce qui s'y passe exactement.

Nous avons déjà réussi à y lancer un atterrisseur, baptisé Huygens (du nom de l'astronomie ayant découvert cette lune et dont on a déjà parlé dans un autre thread). Une autre mission en préparation, appelée Dragonfly, devrait partir en 2028 et arriver vers 2034, si tout se passe bien… Aller jusqu'aux alentours de Saturne, ça reste quand même pas mal long.

16/16 Et donc, vu à quoi ressemble Titan, est-ce qu'une lune comme Yavin Ⅳ serrait crédible ? Eh bien, à voir. Si sa planète était plus près de l'étoile, il pourrait y faire plus chaud… par moments : comme notre Lune à nous, Titan présente toujours la même face à Saturne, ce qui affecte son inclinaison par rapport au Soleil, et fait durer les saisons là-bas une quinzaine de nos années !

Et puis, bien sûr, un objet aussi léger que Titan est loin d'avoir une gravité aussi forte que la Terre : ça peut être pratique pour faire décoller les X-Wings, mais ça affecterait sans doute un peu notre façon de se déplacer dessus. Enfin bon, ça ira pour cette fois, mais comme je ne suis pas sûr du prochain sujet, je rajoute un dix-septième pouet avec un sondage.
Comparaison (trouvée sur la page Wikipédia de Titan) de notre planète et de la lune dont on vient de parler. Il s'agit de deux photos juxtaposées montrant les deux corps célestes à l'échelle, le diamètre de Titan étant entre un tiers et la moitié de celui de la Terre. Notons que l'image de Titan utilisée est prise en partie dans les infrarouges, raisons pour laquelle on voit au travers de son atmosphère (qui est opaque en lumière visible), ce qui la fait ressembler davantage à notre planète.

17/16 On est en effet arrivés au bout de ce que j'avais prévu jusque là. J'ai quand même quelques idées pour la suite, mais ça va être à vous de choisir sur quoi on va aller en priorité. Par exemple, tant qu'on est dans l'espace et vu qu'Artémis Ⅱ va rentrer sur Terre cette nuit, je peux vous faire un petit point sur l'histoire de la conquête spatiale. Ou vous causer un peu plus de Mars, vu que c'est la planète qu'on connaît le mieux après la Terre.

Ou bien, on a mentionné à plusieurs reprises la tectonique des plaques, on peut sans doute dire quelques mots de la façon dont on a découvert ça, qui est assez intéressante. Mais si vous préférez retourner parler un peu de biologie, j'ai sous la main quelques trucs qui peuvent être intéressants sur l'intelligence animale, ou sur l'histoire des vaccins. Et bien sûr, si vous pensez à autre chose, n'hésitez pas ! Et je prends aussi tous les retours sur ce thread-là :-)