Le Livre d'Argent

Elzen | @elzen@fadrienn.irlnc.org

5/16 Il faut bien sûr des masses assez énormes pour que cette attraction ait des effets notables. D'où le fait que ce phénomène nous préoccupe surtout quand il est question d'astres. En l'occurrence, c'est la gravité qui provoque l'attraction mutuelle entre la Terre et la Lune, comme entre la Terre et le Soleil.

Dans les deux cas, cette attraction est bien mutuelle : la Lune attire la Terre autant que l'inverse ; la Terre attire le Soleil autant que l'inverse. Mais la différence de masse énorme entre l'un et l'autre de ces astres fait que, dans leur danse à deux autour de leur centre de masse commun, l'un des deux va faire pas mal de chemin, tandis que l'autre ne va quasiment pas bouger.
Image animée, trouvée sur la page Wikipédia de Pluton, montrant les orbites de Pluton et de Charon l'un par rapport à l'autre : on voit que Charon tourne autour de Pluton comme la Lune le fait autour de la Terre, mais qu'elle est aussi suffisamment lourde par rapport à Pluton pour que cette dernière se déplace également : elle décrit un petit cercle, au même rythme, autour du centre de masse du système. C'est en fait ce qui se passe à chaque fois que deux objets sont en orbite l'un autour de l'autre, mais dans les cas plus habituels, le satellite est tellement plus léger que ce centre de masse est situé à l'intérieur de l'autre objet (dans la Terre pour la Lune, dans le Soleil pour la Terre), rendant son déplacement quasi-invisible. Notons quand même que, si la Terre ne fait pas le poids, Jupiter, elle, est assez lourde pour que le centre de masse entre elle et le Soleil soit légèrement à l'extérieur de celui-ci. La plus lourde de nos planètes fait donc elle aussi légèrement tourner notre étoile.

4/16 Tout vient donc de la loi de la gravité universelle exprimée par Newton, qui nous dit que toute matière attire la matière environnante, cette attraction étant proportionnelle au produit des masses m₁ et m₂ des deux objets considérés, divisé par le carré de leur distance d. Noté comme une équation : « F = G × (m₁ × m₂) ÷ d² » (où G est la constante gravitationnelle).

Bon, en vrai, cette loi n'est pas si universelle que ça : pour calculer correctement l'orbite de Mercure, par exemple, il faut tenir compte d'effets relativistes. Mais on n'aura pas besoin de dégainer Einstein cette fois-ci, et on gardera les histoires de relativité pour un prochain thread. Pour celui-ci, cette équation nous suffira largement.
Juste parce que c'est beaucoup trop tentant à chaque fois que je parle de cette loi, voici un célèbre dessin de Gotlib dans lequel Newton se prend une pomme sur la tête (en référence au fait qu'il aurait eu l'intuition de sa loi de la gravitation universelle en voyant une pomme tomber de l'arbre).

3/16 Mais pour comprendre le phénomène, il faudra donc attendre les travaux de Sir Isaac Newton sur la gravité… et même un peu plus, puisque le premier à avoir appliqué ces travaux correctement pour expliquer la marée a été un mathématicien et astronome français, Pierre-Simon (de) Laplace, dont on risque de reparler dans d'autres threads car il on lui doit un certain nombre d'autres choses assez sympas.

Et en 1799 où il a publié ces travaux-là, la France et la Grande Bretagne n'étaient pas en très bon termes, et une meilleure connaissance du phénomène des marées a permis à notre marine quelques victoires sur celle de nos voisins d'outre-Manche. Mais assez parlé d'Histoire pour cette fois, et venons-en au fait.

Puis de toute façon, tant qu'à remonter dans le passé en nageant, autant le faire sur beaucoup plus longtemps, comme la semaine dernière : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4SNAs3P90U7c9lUcy

2/16 Vous l'aurez remarqué, l'eau des océans de la Terre a une fâcheuse tendance à monter et à descendre. Ça fait un moment que c'est comme ça : ici en Europe, on a des traces écrites à ce sujet depuis le voyage de Pytheas, ce marin phocéen qui avait franchi les colonnes d'Hercule (le détroit de Gibraltar, quoi) pour aller s'aventurer vers le nord, et peut-être faire le tour de la Grande Bretagne.

On ne sais pas forcément quelle a été sa route exacte, d'autant qu'il n'a rien écrit lui-même, ses récits ont été mis par écrit par d'autres. Je me disais que @hist_myth pourrait vous raconter ça, mais visiblement, il n'y a pas assez de matière intéressante. On sait par contre qu'il a parlé de marées tellement plus fortes que celles de la Méditerranée que ses contemporains ont jugé qu'il exagérait. C'est peut-être de là que vient la réputation des marseillais, d'ailleurs.
Carte d'Europe occidentale montrant l'itinéraire hypothétique suivi par Pythéas et son équipage. Parti de l'emplacement actuel de Marseille, il est allé jusque dans l'océan Atlantique en longeant les côtes de ce qui est actuellement l'Espagne et le Portugal, avant de rejoindre la Manche et de continuer plus au nord. Certaines hypothèses le font aller jusqu'en Islande, d'autres dans la mer Baltique. Il a possiblement aussi fait le tour de l'Angleterre. Dans tous les cas, la partie importante, pour ce qui nous concerne ici, est son passage par la Manche, où ont lieu certaines des marées les plus fortes d'Europe.

Un des trucs que je trouve les plus fascinants avec l'univers, c'est à quel point une seule règle simple peut engendrer une complexité énorme. On a pu constater ça ces dernières semaines en parlant d'évolution, mais ça peut se constater aussi bien dans pas mal d'autres cas, y compris pour des phénomènes qui ont lieu à nos échelles de temps.

Nous allons donc passer ce nouveau #Vulgadredi à parler d'un cas où une seule règle simple peut être suffisante pour un niveau de prise de tête mine de rien assez notable. Cette règle simple, c'est l'équation de la gravité d'Isaac Newton, et ce bazar cauchemardesque, ce sont nos marées. Ça vous dit ? Alors attaquons les seize pouets de ce #VendrediVulga.
Gravure, trouvée sur Wikimédia Commons et issue du manuel scolaire intitulé « le tour de France par deux enfants », de George Bruno, dans son édition de 1904. On y voit, en haut, une représentation du Mont Saint Michel à marée basse, avec des gens et des attelages marchant sur la plage qui entoure les remparts de la ville. En bas, la même ville est montrée à marée haute : la plage a complètement disparue et les remparts sont maintenant complètement entourés par l'eau, où plusieurs bateaux à voile sont en train de naviguer.

@John_Livingston Comme disait Coluche, l'intelligence, quoi que t'en sois pourvu, t'as l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça que tu juges.

@gee Tiens, pour compléter cet article, tu pourrais y ajouter les liens parus depuis vers ton dessin de Superflu dans le style de la chaîne météore (listé dans les illus de Noël 2025) et vers la version dessinée par @davidrevoy pour la #ComicsBattle, non ?

@structuredsucc @adelinej One of the few fossils of sinosauropteryx we found was so well preserved that not only the feathers were visible on it, but we were also able to see the colours! That's how we know that the tail was racoon-like as shown on the picture! ^^

IAg ; introspection
J'suis en train de me dire que l'attitude qu'on a par rapport à l'IA, c'est aussi un bon moyen de questionner la façon dont on réfléchit.

Je veux dire, je lis plein de gens ici (et pas que) expliquer les problématiques que ça a niveau fascisme et l'impact désastreux sur l'environnement, et en lisant, je suis généralement très d'accord avec.

Mais ces aspects-là restent pour moi très secondaires derrière le fait que ce n'est par construction pas fiable et que tu perds le côté déterministe et reproductible qui fait l'intérêt de base de l'informatique.

Chacun de ces points est un motif de rejet suffisant, mais je trouve intéressante la façon dont mon cerveau, et peut-être le vôtre aussi, va s'accrocher à l'un d'entre eux beaucoup plus qu'aux autres.

@kipuka Pour les gens qui ne sont pas dans le coin, il y aura une captation/redif quelque part ?

Macron devrait inaugurer une nouvelle salle de concert.

Au moins, ce ne serait pas ridicule de l'appeler France Gall.

@RichardMonvoisin @nicolasvivant J'me rappelle avoir déjà entendu Guillaume Lecointre parler du gus en question, 'me semble.

Intéressant le bandeau « par l'auteur de », sur la couverture du livre. Je trouve que la mise en relation des deux titres éclaire plutôt pas mal sur la crédibilité à donner à son discours.

polfr; nécrologie; pas sérieux
Tiens, j'y pense comme ça, mais…

Chirac est mort d'abord.
Puis Le Pen.
Et maintenant Jospin.

Sauf erreur de ma part, tou·te·s les candidat·e·s moins bien classé·e·s que ces trois-là en 2002 sont toujours en vie.

Vous pensez que le prochain à mourir sera Bayrou ? Il avait fait quatrième.

@MadameMollette Avec tous ses procès, elle ne risque pas des travaux d'intérêt général ? 🤔

My biggest problem with the concept of LLMs, even if they weren’t a giant plagiarism laundering machine and disaster for the environment, is that they introduce so much unpredictability into computing. I became a professional computer toucher because they do exactly what you tell them to. Not always what you wanted, but exactly what you asked for.

LLMs turn that upside down. They turn a very autistic do-what-you-say, say-what-you-mean commmunication style with the machine into a neurotypical conversation talking around the issue, but never directly addressing the substance of problem.

In any conversation I have with a person, I’m modeling their understanding of the topic at hand, trying to tailor my communication style to their needs. The same applies to programming languages and frameworks. If you work with a language the way its author intended it goes a lot easier.

But LLMs don’t have an understanding of the conversation. There is no intent. It’s just a mostly-likely-next-word generator on steroids. You’re trying to give directions to a lossily compressed copy of the entire works of human writing. There is no mind to model, and no predictability to the output.

If I wanted to spend my time communicating in a superficial, neurotypical style my autistic ass certainly wouldn’t have gone into computering. LLMs are the final act of the finance bros and capitalists wrestling modern technology away from the technically literate proletariat who built it.

T'as beau avoir de bonnes intentions, parfois, tu vas dire par accident un truc qui va blesser des gens. C'est normal, c'est humain. Sauf que quand ça arrive et qu'on te le fait remarquer, t'as deux façons de réagir.

Soit tu acceptes la critique, tu t'excuses et t'essaye de faire gaffe à faire mieux la prochaine fois.

Soit tu considères que comme t'as de bonnes intentions, tu ne peux pas avoir tort, voyons. Et donc tu poses en principe que la personne qui te fait remonter le problème exagère, ou ment. Et comme c'est sa faute, tu ne vas pas te gêner pour en remettre une couche, et faire encore plus de dégâts qu'à la base. Et c'est comme ça que tu deviens le méchant de l'histoire.

(Ce pouet ne parlait pas seulement de l'antisémitisme dans certains partis à gauche.)

Bon, beh, apparemment, quand t'es pas dans le département dans lequel tu votes, t'as pas le droit de dépouiller :-|

Ben iels se débrouilleront sans moi, alors.

20/20 Voilà donc qui conclut cette petite balade dans le passé de la (vie sur) Terre, sachant que nous n'avons fait qu'effleurer le sujet et qu'il resterait encore de quoi en dire pas mal. Donc on y reviendra peut-être plus tard. Mais en attendant, vendredi prochain, nous allons parler de nouveau d'un phénomène astronomique… tout en restant globalement dans l'eau.

Vous avez la semaine pour deviner ce dont il s'agit à partir de ça :-) En attendant, merci pour vos réactions et partages, j'espère que ce voyage dans le temps vous aura plu ! Et tiens, si je recompte bien, ceci était le 36ème #vulgadredi. Qu'on a passé exclusivement sous l'eau, donc. Ce qui nous confirme bien ce que disait Raymond Devos :
Capture d'écran d'une captation du sketch de Raymond Devos intitulée « la quatrième dimension », sur laquelle on voit l'humoriste, dans son habituel complet bleu, regarder en l'air, avec le sous-titrage qui indique « le trente-sixième, ce n'est pas au dessus, c'est en dessous ! », jouant évidemment avec l'expression « être au trente-sixième dessous » qui signifie être dans un état déplorable. Dans le sketch, pour contexte, Devos est invité par madame Close, une proche parente à lui qui dans le temps tenait une agence de voyage, pour une réception qui doit avoir lieu le soir-même en sa maison. Il se rend donc à la maison Close, dont la concierge lui indique qu'elle est fermée (la porte est ouverte, mais la maison elle-même est close), mais le laisse entrer en lui indiquant que c'est au trente-sixième. Il constate alors que l'ascenseur n'a pas de boutons, et que l'escalier ne dépasse pas le plafond. Ressortant, il remarque qu'en effet, l'immeuble n'a pas d'étages, ce qui explique que dans l'ascenseur il n'y ait pas de boutons. Il s'en ouvre alors à la concierge, qui lui indique la chute.

19/20 Cette situation a valu aux cœlacanthes le surnom de « fossiles vivants », qui pourtant est un non-sens d'un point de vue scientifique. Les spécialistes ne manquent d'ailleurs pas de remarquer des différences morphologique en comparant un fossile de cœlacanthe du Mésozoïque avec un spécimen actuel, signe que ces bestioles ont eu le temps de continuer d'évoluer au cours du Cénozoïque (d'autant qu'il existe deux espèces actuelles… et un bon paquet d'espèces fossiles, parfois assez différentes entre elles).

Mais il est vrai que leur forme reste assez proche de celle de certains de leurs ancêtres. Ce qui se comprend aisément, dans la mesure où, comme on l'a vu, les contraintes de l'environnement jouent beaucoup sur la morphologie des animaux. Les profondeurs où ils vivent étant un milieu très stable, la forme des cœlacanthes est restée assez stable elle aussi.
Juxtaposition de dessins (trouvée sur Wikipédia, et que j'ai édité personnellement pour ajouter les noms et les périodes, l'image d'origine ne les désignant que par des lettres) montrant plusieurs membres de la famille des cœlacanthes. De haut en bas, les espèces présentées sont : Miguashaia bureaui (du Dévonien), Diplocercides heiligostockiensis (du Dévonien), Serenicthys kowiensis (du Dévonien), Allenypterus montanus (du Carbonifère), Rhabdodema elegans (du Carbonifère), et Latimeria chalumnae (actuel, donc du Quaternaire). Leurs formes sont en fait assez variées (l'allenypterus en particulier a un corps beaucoup plus gros et une queue beaucoup plus fine), même si on reconnaît à chaque fois au moins les nageoires dorsales et ventrales caractéristiques. Sur chaque image, les os du crâne sont mis en évidence, puisque c'est ce qui change le plus d'une espèce à l'autre.

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