Chaque fois, Wegener prend en compte les remarques et objections qui lui sont faites… mais ça ne fait pas changer d'avis grand monde. Tant qu'on n'a encore aucune idée de comment les continents pourraient bien bouger, il paraît plus simple de chercher à expliquer ses observations autrement.
Après l'exposé de Wegener et quelques délibérations, les géologues de l'époque vont donc, dans leur écrasante majorité, décider de rejeter ces travaux et de rester sur l'idée que la Terre a toujours eu globalement la forme qu'on lui connaît.
(∗) Par exemple, si la question d'ouverture de ce thread vous intéresse, ça peut être une idée d'aller aussi jeter un œil à cette vidéo : https://skeptikon.fr/videos/watch/2ff787e8-db6e-4d96-87aa-de2d7855ffad
Or, accumuler des indices en faveur d'un déplacement ne sert pas à grand chose sans une explication solide de la façon dont ce déplacement lui-même aurait lieu : faute d'explication convaincante sur ce point précis, l'ensemble des travaux de Wegener perd une grande partie de son intérêt.
(∗) Et auquel j'avais également consacré un thread, d'ailleurs, que vous pouvez retrouver par là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4guWlrmqXuPUnovbc
Tous ces éléments le mènent donc à postuler que les continents ont bougé au fil du temps, et que les terres émergées que nous connaissons actuellement ont dû autrefois former un seul et même super-continent, que Wegener va baptiser « pangaea ». Un nom latin, forgé à partir de deux racines grecques (πᾶν et γαῖα), à la façon dont les biologistes nomment les espèces, et que l'on traduira en français par Pangée.
En revanche, à partir de la période géologique suivante, qu'on appelle le Trias, les fossiles trouvés à ces endroits vont commencer à présenter des différences plus marquées… ce qui nous permet au passage de dater le moment où la séparation entre les deux continents a dû débuter.
(∗) C'était ce thread-là, qui faisait suite à un autre sur la convergence évolutive qu'il pourrait être intéressant d'aller lire aussi : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B4SNAs3P90U7c9lUcy
Si on trouve, à deux endroits différents dans le monde, des fossiles ne présentant que des caractéristiques identiques, il est donc raisonnable de supposer qu'elles ont une histoire commune, et que ces deux endroits du monde étaient donc autrefois reliés entre eux.
Au fait, si c'est la première fois que vous entendez parler de Wallace ou que les notions de base de l'évolution ne vous sont pas familières, voyez là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/AybcCRXAswcqPg6ZLE
Les travaux de Darwin et Wallace, au cours du dix-neuvième, ont permis de rendre les choses un peu plus claires en comprenant un peu mieux la lente évolution du vivant, et la façon dont les formes fossiles sont des marqueurs de temps.
(∗) C'était là, mais ça causait principalement de dinosaures : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B3zFiy7Wf66B3dbRj6
Là encore, il n'était pas le premier : un géologue américain nommé Frank Bursley Taylor avait proposé la même hypothèse quatre ans plus tôt, amorçant déjà l'idée d'une « dérive des continents », mais les travaux de Wegener sont beaucoup plus complets et comptent pas mal d'exemples complémentaires.
L'idée communément admise à l'époque était que ce refroidissement, n'étant pas uniforme, avait conduit à la formation des montagnes, et au contraire des zones assez basses pour être ensuite remplies par l'océan, à la façon dont une pomme se ride en vieillissant.
(∗) Comme d'hab, si vous avez manqué le thread en question, c'était celui-ci : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B27P3TpYpnveRphhxI
Abraham Ortelius, cartographe anversois, est probablement le premier à avoir avancé cette idée dans un ouvrage intitulé « Thesaurus geographicus » ; mais d'autres noms plus célèbres l'ont repris dans les années qui suivirent, dont notamment Francis Bacon. Sur ce point-là, donc, Wegener n'était pas le premier.
Qu'est-ce qui justifie Wegener à penser ça ? Son premier argument n'est pas vraiment géologique, mais disons plutôt géographique : sur une carte de notre planète, on constate plutôt facilement que les côtes de l'Afrique et celle de l'Amérique du Sud, par exemple, sont curieusement complémentaires.
Néanmoins, Wegener va présenter le 6 janvier 1912 à la Société de Géologie de Francfort des travaux qu'il a démarré lors d'expéditions au Groenland quelques années plus tôt et qui se trouvent mobiliser des connaissances issues de plusieurs domaines différents. Son exposé était intitulé « les translations horizontales des continents ».
C'est donc bien sur Terre que nous allons partir en voyage ce coup-ci ; mais si vous vouliez visiter la galaxie, le thread de la semaine dernière est là : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B5rJPaHc0C2xmKgUmu
Alors, puisqu'on est de nouveau #VendrediVulga, on va au moins pouvoir consacrer vingt-et-un pouets à détailler un peu ce cas-là en particulier, ce qui va nous permettre de parler de connaissances scientifiques et de la façon dont elles évoluent avec le temps. C'est parti ?
Dans le domaine de l'étude de la navigation (dans le sens de : capacités d'un individu à s'orienter dans l'espace ou trouver son chemin) c'est un peu la tarte à la crème de parler des différences mâles/femelles.
Je ne me suis jamais intéressé à ce point là car 1) j'avais un peu du mal à y croire et 2) au fond, ça ne m'intéressait pas du tout. Donc bref : mais si j'entendais le truc revenir souvent, je ne me tenais pas trop au courant des avancées dans le domaine.
Voilà que je lis dans le chouette papier d'état de l'art de Yavuz & Spears (2026, Nature Reviews Psychology) que (traduction paraphrasée par moi-même) les différences genrées de capacité à trouver son chemin et à intégrer ses déplacements, estimées chez des ressortissant.e.s de 57 pays différents, sont très fortement corrélées à l'index de l'écart de genre (gender gap index) de ces pays. Ce qui veut dire que plus une société est inégalitaire entre hommes et femmes sur des variables telles que l'éducation ou la prise en charge de la santé, plus les différences homme-femme sur ces capacités à naviguer sont grandes.
Bon à savoir pour le prochain repas de famille avec le tonton (ou le neveu) mascu.
Je n'peux vivre sans elles,
Sans l'idée d'une idylle
Dans les yeux d'une belle ! ♫♪
Et pareil pour ton auto-éval, on croise les doigts 🤞
J'étais plutôt satisfait de mes exposés et de l'entretien pédagogique, par contre je me suis pas mal viandé sur l'entretien d'option. Je me souviens être ressorti de là en me disant que j'avais de bonnes chances d'avoir le concours, mais que je serais sûrement dans le bas du classement, avec dans les deux cent candidats mieux classés que moi… et j'ai été admis en 201ème position sur 208.
L'amour existe tel
Qu'on le dit dans les îles :
On dit qu'il donne des ailes ! ♫♪