En effet, « la » sortie des eaux, unique et définitive, est globalement un mythe. Même si l'on ne regarde que les tétrapodes, pas mal de formes de vies vont rester assez longtemps amphibies, passant une partie de leur vie de chaque côté, et plusieurs lignées terrestres retourneront vivre dans l'eau au fil du temps. Puisqu'on est aussi #VendrediLecture, (Jean-)Sébastien Steyer parle très bien de ça dans le très chouette « La Terre avant les dinosaures », fort joliment illustré par Alain Bénéteau.
Mais le nom de « Carbonifère » nous parle, étymologiquement parlant, de fabrication du charbon. En effet, une très grande partie des gisements de houille que nous devrions arrêter d'exploiter proviennent de la lente décomposition des forêts de cette période. Au cours des périodes suivantes, des champignons acquièrent la capacité de se nourrir de ce bois mort, rendant ce phénomène beaucoup plus rare (et diminuant le taux de feux de forêts, jusque là facilités aussi par l'oxygène plus abondant).
En revanche, le taux d'oxygène dans l'air augmentera fortement à la période suivante, le Carbonifère, jusqu'à atteindre près de 30% de la composition de l'atmosphère à certains moments (contre ≃21% aujourd'hui, même si les taux au cours du Carbonifère ont en fait été pas mal plus variables qu'on ne l'a cru pendant un certain temps). Le taux de CO₂, également, était beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.
Plus loin de nous dans l'arbre du vivant, c'est aussi au Dévonien qu'apparaissent les premières grandes lignées de plantes terrestres, et que donc la vie multicellulaire s'installe durablement hors de l'eau (les brontoscorpio du Silurien ne faisaient que passer d'un milieu à l'autre). Les lichens, qui sont des symbioses plante/champignon, étaient sans doute là depuis un moment, mais ils se fossilisent très mal.
On appelle « gnathostomes » les vertébrés dotés d'un tel organe permettant de croquer ou de mâcher, et si le fait de parler de mâchoire et de vie aquatique vous évoque un film, dites-vous que c'est aussi à la fin du Silurien que la lignée des gnathostomes va se séparer en deux : d'un côté ceux qui vont développer un véritable squelette en os, dont nous ferons partie, et de l'autre ceux qui ne garderont que du cartilage, comme les requins.
Mais la vie, elle, continue, et c'est donc au cours Silurien que des pattes ont pour la première fois marché hors de l'eau. Il s'agissait encore d'un arthropode, le brontoscorpio, une sorte de scorpion mesurant environ un mètre et qui a été l'une des premières formes de vies dotées de poumons.
En effet, pendant tout le Cambrien, puis pendant la période suivante, l'Ordovicien (la transition entre les deux se fait il y a environ cinq cent millions d'années), la vie animale va rester exclusivement aquatique, et globalement beaucoup se diversifier. Mais la fin de l'Ordovicien, il y a ≃445 millions d'années marque la dernière apparition d'un certain nombre de formes fossiles : on estime qu'environ 85% des espèces qui vivaient alors disparaissent lors de la transition vers la période suivante, le Silurien.
L'évolution, vous le savez, se fait par l'apparition ou la transformation de caractères. Et parfois, un même caractère apparaît, de façon indépendante, à plusieurs endroits dans l'arbre du vivant. C'est vraisemblablement le cas pour un organe assez utile apparu précisément au cours du Cambrien : l'œil, celui des arthropodes et le nôtre ayant une structure différente, mais les deux datant semble-t-il de la même période.
Évidemment, c'est utile pour admirer des spectacles comme celui de la semaine dernière : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B2aHexHt733eTL9N32
Nous voici donc au Cambrien, période géologique où l'on commence à retrouver beaucoup plus de variété dans les fossiles que dans les couches précédentes. Une diversité d'ailleurs assez surprenante par rapport à nos habitudes actuelles, car les animaux les plus gros de l'époque sont des arthropodes (la branche des insectes et des araignées) ou des cousins très proches d'eux.
Ça ne veut pas dire que ce n'était rien pour autant : on a déjà mentionné que ces formes de vies ont, dès l'Archéen, eu suffisamment d'influence sur leur environnement pour modifier lentement, mais sûrement, la composition de l'atmosphère de notre planète, avec de grandes conséquences au niveau climatique.
Mais tout ça, donc, c'était dans le dernier thread de cette série, il y a deux semaines : https://fadrienn.irlnc.org/notice/B2LuuVzTLtGtHpY252
Sauf que l'histoire de la vie sur Terre étant évidemment pas mal touffue, et c'est pour ça que c'est cool, on ne va pas pas rentrer à fond dans le détail, mais plutôt consacrer les seize pouets du jour à poser quelques points de repères plus ou moins utiles, à partir desquels on pourra éventuellement creuser ensuite.
Par contre désolé d’être chiant encore, mais des termes comme « souveraineté numérique » que je vois passer tout le temps c’est quand même vachement questionnable, parce que euh ça sous-entend que le problème ce serait que les grandes entreprises capitalistes américaines qui collectent nos données sont américaines. 😐
Alors que bon, OK les grandes entreprises américaines sont vendues au fascisme de Trump et ses copains, et c’est un danger mortel à court terme pour nous tou·te·s, mais c’est pas parce qu’elles sont américaines mais parce que c’est des capitalistes sans scrupules, et donc si c’est pour confier au contraire nos données à des entreprises capitalistes ✨ européennes ✨🥰 hé ben désolé mais ça changera que dalle parce qu’elles ont absolument pas plus de scrupules et seront tout aussi prêtes à soutenir le fascisme dès qu’elles considéreront que ça devient profitable, et beaucoup le font déjà d’ailleurs. 😬
Et nos gentils États européens d’ailleurs sont pas moins complaisants avec le fascisme que les USA l’étaient avant la réélection de Trump hein, et c’est pas parce que le fascisme est pas encore arrivé officiellement au pouvoir ici que c’est pas ce qui se prépare un peu partout.
Vraiment il faudrait prendre du recul sur les concepts pétés comme la « souveraineté » ceci-cela, parce que ça repose entièrement sur des sous-entendus implicites nationalistes/patriotiques qui essentialisent, et expliquent finalement ce qui se passe aujourd’hui un peu partout comme si c’était des tendances qui seraient spécifiques à certains pays, alors que c’est pas du tout le cas. 😬
Mon taff, c'est de faire en sorte que les gens aient des étoiles plein les yeux <3
Or, comme mentionné dans le thread sur Max Planck, au niveau atomique, l'énergie est quantifiée : elle ne peut varier que par sauts successifs d'un niveau à l'autre, et pas de façon continue. La fréquence précise de chaque photon émis par ce processus dépend de la répartition des électrons autour de l'atome, qui elle-même dépend du nombre de protons dans le noyau et donc de l'élément chimique dont il s'agit.
Et la fréquence d'un photon, c'est ce que notre système visuel interprète comme étant une couleur, comme j'en parle dans la vidéo sur le sujet dont je vous ai plusieurs fois donné le lien. Donc chaque élément chimique convenablement excité va émettre une lumière d'une couleur précise. C'est d'ailleurs aussi ce qui nous permet d'avoir les couleurs des feux d'artifice.
Chaque fois que je passe devant, je me dis qu'il aimerait bien réussir sa vie, être aimé, être beau, gagner de l'argent…
De manière générale, je préférerais que les entreprises et les institutions arrêtent d’utiliser le courrier électronique comme système de notification et recommencent à l’utiliser comme un système de *courrier*.
« Oui mais c’est pas sécurisé ! »
Et alors ? La moitié de ses structures fait fuiter mes données personnelles tous les six mois de toute façon.
Jadis, mon chemin de prof a croisé celui d'une gamine. Pas très longtemps. C'était une brindille, diaphane et sage, oh si sage !
Elle est morte de faim parce que sa mère la nourrissait de croquettes pour chats, quand elle la nourrissait.
J'ai connu aussi une autre fillette, elle était parait-il insupportable dans les autres cours, mais chez moi c'était une image d’Épinal. Un jour, je lui avais demandé pourquoi, vu que je n'étais pas le meilleur prof du monde non plus, ça je n'y ai jamais cru. Elle m'a répondu. "Vous savez le premier jour ? Vous nous avez raconté Tristan et Iseult, et moi je ne crois pas aux histoires qui finissent bien. Alors j'ai su que vous me diriez la vérité". Son père venait de sortir de prison, pour violences conjugales et viol de la sœur aînée ; il était revenu vivre avec sa femme. La même avait 14 ans.
Sans compter les deux miens, ni ceux adoptés en route, en 35/38 ans de carrière (ça dépend si vous comptez ou non mes années de pionne), j'ai connu environ 7000 enfants, à raison de 200 à 250 par an, voire plus.
Je n'ai jamais rencontré d'enfant roi.
J'ai surtout rencontré des gosses abandonnés.
Ou surprotégés, jusque dans leurs conneries, (ce qui revient souvent au même) oui, mais ils n'étaient pas des enfants-rois. Ils étaient les enfants de gens qui, y compris pour eux-mêmes, rejetaient systématiquement la faute de tout le reste sur tous les autres.
Je suis même tombée sur l’adorable gamin génial de l’ignoble femme stupide dont le but dans la vie était clairement de camper le modèle iconique de la Karen à la française.
Elle nous a tout fait, dénigrer les gamins noirs ou arabes de la classe et exiger que son génie (tout mignon, on oubliait fort heureusement pour lui qu’il était d’elle.) soit dans un groupe de bons (entendre blancs) écrire au rectorat chaque mois pour dénoncer l’ensemble de l’équipe pédagogique au fur et à mesure pour finalement gifler une AED (noire).
J'ai connu aussi des enfants très sages, qui étaient battus comme plâtre à la maison, ou violés, ou les mêmes, ingérables pour les mêmes raisons. J’ai rencontré deux garçons angéliques (pas la même année ni au même endroit, mais c’était bizarre comme ils se ressemblaient avec leur tronche de bébé du Village des damnés) qui faisaient au collège leurs premiers pas dans la collectivité et qui trébuchaient partout comme Bambi au début du film.
J’ai enseigné à des générations d’une secte qui s’appelle « La Famille » (allez voir sur Wikipédia) . (Et ceux-là, ils filaient droit, vous pouvez me croire). Mais ils étaient quasiment tous malades, fantomatiques, d’une tristesse infinie.
Je me souviens parmi ceux-là surtout de Y. qui à la fin de l’année, alors que ses camarades me confiaient « leurs projets secrets pour l’avenir », nous a dit à tous et à plat « Je vous envie. Vous avez des rêves, moi, j’ai même pas le droit d’en avoir ».
Bref, des gens.
JE N'AI JAMAIS RENCONTRE D'ENFANT ROI.
Jamais.
Des gamins aussi mal élevés que leurs vieux oui, des enfants-roi non. L'enfant-roi est un mythe, un mythe épouvantail, un mythe qui tente de camoufler qu'on regrette le temps où on pouvait assommer son môme à coups de baffes, un mythe qui permet toujours plus de sanctions, toujours plus d'interdictions, jamais de dialogue, jamais de discussions, jamais surtout d'espace de contestation.
Aux côté de l'enfant roi, il y a évidemment les parents ou les profs laxistes.
Ça non plus, ça n’existe pas.
J’ai connu des profs méchants (ceux-là n’étaient pas laxistes dans cette acception du mot) des profs dépassés ou en train de découvrir que l’agrégation à 21 ans ne protège pas d’une classe REP dans 93 (et j’ai fait classe la porte ouverte entre nos classes pour empêcher qu’il se fasse casser la gueule par les 3° techno), des fainéants, des qui collaient leurs échecs sur le dos des mômes, des surinvestis qui craquaient au bout de 3 ans, des investis raisonnables qui survivaient, bref des gens.
Le prof laxiste, c’est l’autre personnage du même théâtre réactionnaire. Le prof laxiste, c’est celui qui « laisse tout passer ». Celui qui aurait renoncé. Celui qui ne sanctionne plus parce qu’il est faible, ou idéologue, ou complaisant, voire les trois à la fois. Ou qui achète la paix sociale à coups de bonnes notes. C’est la version scolaire de ce vieux fantasme national : de l’autorité démissionnaire.