Premier chapitre

Message 1, par Elzen

§ Posté le 25/09/2011 à 12h 26m 10

I.


Ma septième année d'enseignement commençait, et mon cours, malgré la grande salle de conférence mise à ma disposition par l'université, n'avait jamais attiré plus d'une vingtaine d'étudiants. La criminalistique, discipline relativement nouvelle, n'attirait pas encore les foules, et l'absentéisme avait toujours été conséquent. Cette année encore, sur les quarante-deux inscrits, seuls seize s'étaient effectivement présentés.

Mais en contrepartie, tous étaient très intéressés, et s'étaient présentés en avance à ce premier cours. Aussi fus-je surpris d'entendre, au bout de quelques temps, la porte s'ouvrir. Je levais aussitôt les yeux de mes notes et détaillait rapidement du regard le nouvel arrivant.

Brun, essoufflé – s'il feignait avoir traversé le bâtiment en courant, il était excellent comédien –, son regard dénotait une certaine curiosité, mais également un aspect assez distrait, que confirmaient son absence de coiffure et sa tenue négligée. Les vêtements eux-mêmes, d'une relativement bonne qualité, le désignaient comme appartenant aux classes moyennes de la société.

Je jetais un coup d'œil à la pendule accrochée au mur et, avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer un mot, lui adressais, d'un ton qui laissait faussement entendre que j'attachais une grande importance à la ponctualité, « Ce cours est commencé depuis trente-quatre minutes. »

Il s'avança vers le bureau en rougissant. « Excusez-moi… une roue du fiacre a cassé sur la route, le temps que le chauffeur fasse une réparation de fortune… »

En six ans, on m'avait sorti toutes sortes d'excuses pour les retards, mais il fallait reconnaître que celle-ci était inédite. Ses signaux corporels semblant indiquer qu'il disait la vérité – qui aurait inventé pareille histoire ? –, je lui adressais un bref sourire compréhensif, avant de désigner d'un geste le tableau.

« Eh bien, vos camarades ont eu une demi-heure pour réfléchir à ce petit problème… je ne peux vous en laisser autant, mais peut-être pouvez-vous le lire et nous donner votre avis immédiat dessus ? Nous partirons de vos premières idées pour trouver la solution. »

Je le laissais lire les données du problème que j'avais choisi pour présenter à mes élèves la matière sur laquelle nous allions travailler. J'en étais assez fier.



Les faits.


Mi-mars, une grande propriété isolée à quelques distances de la ville. Le maître des lieux, la quarantaine, veuf depuis quelques temps, est retrouvé assassiné dans son cabinet de travail. D'après les premières constatations du médecin légiste, il serait mort la veille au soir entre vingt-deux heures et minuit.

Depuis la mort de la maîtresse de maison, seules quatre personnes habitaient les lieux : la victime, ses deux frères et le majordome. L'aîné des deux frères, dépensier notoire, a été déshérité précisément le soir du crime au profit du second.

Avantage majeur : à la surprise générale, car cela ne se produit habituellement plus à cette période de l'année, la neige est tombée en abondance en début de soirée, permettant de repérer sans ambiguïté les traces laissées à l'intérieur de la propriété.

Si l'on excepte celles des agents de police venus inspecter les lieux, cinq traces de pas ont été relevées : trois se dirigeant vers la propriété et deux en repartant. Une sixième trace, semblable à celle laissée par un bicycle, joignait la porte à la route sans qu'il soit possible de dire dans quel sens elle avait été faite.


Les témoignages.


Le plus jeune des deux frères affirme n'avoir pas quitté sa chambre de la soirée ni de la nuit, et n'avoir rien entendu d'anormal. Néanmoins, il était – dit-il – légèrement souffrant, et a passé la soirée alité, en la seule compagnie de ses livres. Il se serait assoupi à plusieurs reprises, à des horaires indéterminés, et suppose que le crime a été commis au cours de l'un d'eux, sans qu'il puisse entendre quoi que ce soit.


L'autre frère a passé la majeure partie de la soirée dans une salle de jeux, en ville, qu'il aurait quitté suite à un malaise – dû à son état d'ébriété avancé – aux alentours de vingt-deux heures quinze. Il a alors prit place à bord d'une mancelle pour rentrer directement à son domicile. Les quelques autres occupants de la salle de jeu qui ont été retrouvés ont confirmé sa version, de même que le chauffeur du véhicule, qui a pu fournir l'avis de prise en charge indiquant explicitement un départ à vingt-deux heures et dix-sept minutes et la distance parcourue, de quatorze kilomètres.

Le chauffeur ajoute que son passager, qui, selon lui, semblait nerveux, pâle, mais pourtant relativement sobre, lui a demandé de rouler à vitesse maximale, prétextant que le vent et la vitesse le remettraient de sa crise. Cela semble avoir fonctionné, car celui-ci n'a eu besoin d'aucune aide pour franchir la distance entre la route et l'entrée de la propriété, malgré la neige qui venait de cesser de tomber. Le doute né de ce témoignage a conduit les agents à faire analyser les résidus d'alcoolémie de cet individu, qui se sont cependant révélés cohérents avec ses déclarations.

De retour à son domicile, le frère de la victime indique avoir simplement remarqué la lumière filtrant sous la porte fermée du cabinet de travail, preuve que cette dernière s'y trouvait encore, et être allé lui aussi se coucher sans y prêter davantage attention ni cherché à entrer en contact avec qui que ce soit.


Le majordome indique avoir achevé ses tâches quotidiennes, incluant notamment une inspection sommaire des lieux à la recherche d'un éventuel maraudeur, vers vingt-et-une heures, avant de rejoindre lui aussi une soirée, cette fois dans une auberge toute proche. Là encore, les participants confirment, et témoignent qu'ils l'ont vu pratiquement sans interruption de vingt-et-une heure trente à une heure du matin, heure à laquelle il s'est écroulé de fatigue dans l'une des chambres libres de l'auberge.

Il affirme ensuite être venu reprendre son service, comme à l'ordinaire, à neuf heures du matin précises – là encore, l'aubergiste et quelques clients confirment son départ de l'auberge quelques minutes plus tôt. Remarquant alors que la lumière était encore allumée dans le cabinet de travail, il est entré et a découvert le corps. Après s'être assuré de la mort de son employeur, il a aussitôt téléphoné aux services de polices.

Interrogé sur la propreté impeccable de sa tenue, alors qu'il disait avoir touché le corps maculé de sang, il a répondu ne pas avoir supporté de porter des habits tachés, et être allé immédiatement se changer dans ses quartiers en attendant la venue de l'autorité. Les deux frères ont eux aussi mentionné – en des termes moins graves que les siens – la tendance prononcée du majordome à l'extrême propreté le conduisant à changer de tenue plus souvent que n'importe qui d'autre.


Enfin, contacté un peu plus tard, le notaire a pu restreindre encore l'incertitude autour de l'heure de la mort, ainsi que fournir un possible mobile. En effet, rendez-vous avait initialement prit lors de l'ouverture du testament de la défunte pour réactualiser celui du veuf mais ce dernier avait par la suite demandé au notaire, en le croisant lors de l'enterrement, à en avancer la date.

Il s'était donc rendu chez la victime le soir du meurtre, alors que la neige commençait à peine à tomber, c'est-à-dire vers vingt-et-une heure trente. Le temps d'établir les nouvelles clauses et de remplir les formalités d'usage, le document officiel avait été signé très exactement à vingt-deux heures trente-sept, après quoi le notaire avait reprit son propre véhicule pour rentrer chez lui.

Pour justifier l'avance du rendez-vous et l'urgence à traiter la question du testament, la victime avait évoqué le fait que l'aîné de ses frères, dans une situation financière des plus délicate, aurait été susceptible de recourir à des actions insensées – chose que l'enquête de voisinage a effectivement laissé apparaître comme plausible.




« Alors, qu'en dites-vous ?

– Hmm, laissez-moi une seconde… »

J'aurais même été prêt à lui accorder toute une minute, mais, à ma grande surprise, il ne lui fallu qu'à peine la moitié de ce temps avant de déclarer « Je pense que j'ai trouvé le coupable. »

J'esquissais un petit sourire amusé. « Alors nous écoutons votre raisonnement. »

Il était toujours debout, son sac à l'épaule, et ne semblait pas vouloir aller s'asseoir avant qu'on l'y ait invité.

« Eh bien, commençons par le cas du majordome : puisqu'il faut, semble-t-il, plusieurs minutes pour rejoindre le domicile à pied, les témoignages lui fournissent un alibi jusqu'à une heure du matin : le crime a été commis au plus tard une heure plus tôt. Il semble donc hors de cause, ou du moins, n'a sans doute pas commis ce meurtre lui-même.

Néanmoins, il n'a sans doute pas dit toute la vérité : une personne aussi maniaque quant à la propreté n'aurait sans doute pas supporté de porter deux jours de suite la même tenue. Sa nuit à l'auberge n'ayant pas été prévue, pas plus que la découverte du corps l'ayant conduit à se changer une seconde fois, il est probable qu'il ait préféré repasser le faire avant de reprendre son service. Cela s'est nécessairement produit au cours de la nuit, d'autres témoignages indiquant qu'il a quitté l'auberge à l'heure normale, et non en avance.

Il doit donc être responsable de trois des traces de pas : un aller et un retour dans la nuit, pour changer de costume, puis son trajet “officiel” pour rejoindre la propriété au petit matin. »


Hmm, jusque là, il ne se débrouillait pas mal du tout, mais ce n'était que la partie la plus simple du raisonnement. Je l'encourageais d'un signe de tête, et il poursuivit.

« Continuons sur les traces : il en reste donc deux de pas, plus cette mystérieuse trace de bicycle. La trace de pas allant vers la propriété est sans doute celle du frère aîné revenant chez lui, et celle en repartant appartient sans doute au notaire, qui est arrivé quand la neige commençait à peine à tomber et reparti alors qu'elle s'installait – je reviendrai sur la chronologie de ces traces ultérieurement.

Si la trace de bicycle appartenait à un éventuel intrus, il faudrait admettre l'un ou l'autre de ces trois points : soit il est arrivé avant que la neige ne tombe, soit il est parvenu à arriver et à repartir en ne laissant qu'une seule trace, soit il est demeuré sur place. La troisième hypothèse paraît difficile à croire, la maison ayant sans doute été fouillée par la police. La seconde également : cela demande, si c'est possible, énormément d'habileté de passer très exactement dans une trace déjà existante. Je suppose que tous ceux qui ont un bicycle ont déjà essayé.

On pourrait donc en déduire que l'intrus est arrivé plus tôt. Cependant, l'inspection du domestique rend la chose plutôt douteuse : l'homme aurait certes pu se dissimuler lui-même, mais son bicycle aurait été plus dur à cacher. Certes, le majordome aurait tout de même pu être complice, mais dans ce cas, il sans doute prévu de rester à l'auberge pour parfaire son alibi, et n'aurait probablement pas eu à faire cette visite nocturne pour changer de tenue.

Il est donc bien plus probable, au contraire, qu'il n'y ait eu aucun intrus, et que le coupable soit l'une des personnes déjà identifiée comme ayant été sur place au moment du crime. »


Une fois admis la partie précédente, celle-ci semblait en effet couler de source. Je commençais néanmoins à être impressionné par le nombre de possibilités qu'il avait réussi à envisager en si peu de temps : tout son langage corporel indiquait qu'il exposait des informations déjà présentes à son esprit. S'il avait improvisé au fur et à mesure, je ne dis pas que je l'aurais nécessairement su, mais j'ai assez de prétention pour croire que j'aurais eu davantage de doutes.

« Et d'où vient cette trace, alors, selon vous ?

– Eh bien, je pense qu'elle démontre l'innocence d'un autre menteur. »

Ses camarades commençaient, eux aussi, à le regarder d'un air particulièrement surpris. Il reprit :

« La présence du plus jeune des deux frères dans la maison m'apparaît assez douteuse, au vu des circonstances. Certes, son explication tient la route, mais même légèrement souffrant, il me semble trop flou pour être crédible : la lumière sans doute restée allumée en continu pour sa lecture, n'avait-il aucune horloge, dans sa chambre, pour n'avoir absolument aucun semblant d'idée des heures auxquelles il était endormis et de celles durant lesquelles il veillait ?

Outre le crime, d'autres faits ont pu causer du bruit dans la maison au cours de cette soirée. Le retour du troisième frère, par exemple, n'a probablement pas été des plus discret, l'homme étant passé, j'imagine, à proximité de sa chambre tout ayant été ou ayant prétendu être aviné. On peut supposer qu'entre le crime et cet événement particulier, le temps écoulé soit faible, et qu'un seul sommeil, lourd, ait pu masquer les deux, mais ce ne l'aurait pas empêché de donner d'autres détails sur le déroulement de la soirée.

Je pense donc qu'il n'était pas présent, mais préférait dissimuler son absence pour une autre raison. Une affaire de cœur, par exemple, avec une demoiselle qu'il ne devrait pas fréquenter. Certes, l'absence d'un bicycle devait être aussi évidente que la présence d'un bicycle en trop, mais j'imagine beaucoup plus aisément le majordome complice d'une cachotterie amoureuse que du meurtre. »


Cela commençait à devenir plus que remarquable. Son raisonnement – opéré en moins de temps que je n'estimais qu'il m'en aurait fallu à moi – coïncidaient, jusque là, très exactement avec ce que j'avais imaginé. Si exactement que j'aurais pu soupçonner qu'il ait consulté mes notes… s'il y avait eu des notes à consulter, car j'avais conçu cette partie du problème pour l'essentiel dans mon esprit, et que le reconstituer depuis mes papiers aurait été plus délicat que depuis ce tableau.

Il continuait, cependant, sans hésiter, sûr de son fait. « Nous en arrivons maintenant au cas du second frère, qu'apparemment tout semble accabler. Il était présent sur les lieux au moment supposé des faits, dispose au moins d'un mobile pécunier, et son seul alibi, l'éthylisme, aurait pu être aisément contrefait – j'imagine qu'il n'aurait pas eu grande difficulté à avaler un verre d'alcool fort au petit matin pour faire remonter son taux d'alcoolémie. Néanmoins, je ne pense pas qu'il soit coupable.

– Pourquoi cela ?

– La chronologie des événements. Une mancelle parcourt aisément dix lieues de l'heure, ce qui fait, si j'ai bien compté, approximativement vingt-et-une minutes pour parcourir les quatorze kilomètres. Il a donc pu arriver sur place une minute après la signature du testament, et c'est moins qu'il n'en faut, je pense, au notaire pour prendre congé de son client et disparaître hors de vue. J'en déduis que notre homme a eu tout lieu de constater que le testament était déjà signé, et qu'il était donc trop tard pour espérer que le meurtre lui rapporte.

Bien sûr, s'il avait eu un mobile autre que l'argent, cela ne l'aurait pas dérangé, mais dans ce cas, l'urgence à commettre le meurtre n'aurait, je suppose, pas été suffisante pour l'empêcher d'attendre de meilleures circonstances – par exemple, un soir où la neige n'empêcherait pas de supposer la présence d'un intrus. »


Les regards tournés vers lui avaient exprimé d'autant plus de surprise au moment du calcul. Peu de mes étudiants, je crois, connaissaient la vitesse d'une mancelle – ou auraient eu l'idée de se servir ainsi de ces données dont la précision rendaient l'intérêt si évidente à mes yeux comme, manifestement, aux siens. Je n'envisageais moi-même de fournir ce détail que plus tard dans le déroulement de la séance.

Mais même pour ceux qui avaient pensé à faire le calcul, sa vivacité d'esprit avait surpris : le résultat n'était pas particulièrement délicat à trouver de tête, mais la vitesse à laquelle il l'avait obtenu, surtout au milieu de ses autres réflexions, avait effectivement de quoi impressionner.

« Il donc semble que vous veniez d'innocenter notre dernier suspect…

– Pas exactement. Aucun intrus ne pouvait être présent, mais il restait une personne sur place. »

Touché. J'avais fait mon possible pour que l'on ne pense pas à l'imaginer comme suspect, et cela semblait avoir marché pour certains de nos apprentis détectives, mais une fois tous les autres éliminés, sa culpabilité devenait d'autant plus évidente.

« Vous en concluez donc ?

– Que le coupable est très probablement le notaire. Il vient à titre officiel et fait signer le testament pour justifier sa présence sur les lieux d'une manière qui semble le mettre hors de cause, profite des quelques minutes aux cours desquelles personne ne le dérange pour frapper la victime à mort, puis referme le cabinet de travail, et s'en va comme si de rien n'était, sans savoir, lui, que la neige était suffisamment tombée pendant ce temps pour accuser les personnes présentes sur place.

– Une idée du mobile ?

– Rien ne permet de l'indiquer… néanmoins, nous savons que la victime a rencontré son notaire lors de l'enterrement de sa femme. Puisqu'il est, à ma connaissance, relativement rare de convier le notaire à l'enterrement alors que le testament a déjà été ouvert, je suppose qu'il n'est pas venu à titre professionnel. S'il connaissait la défunte, il est possible qu'il ait tenu la victime pour responsable de sa mort et ait décidé de la venger. »


Un silence suivit… puis seize paires de mains se mirent spontanément à applaudir. Manifestement gêné, l'étudiant semblait vouloir minimiser son succès, mais sans savoir quoi dire. Quand le silence revint, j'esquissais un sourire.

« Eh bien, il semble que vous ayez été convaincus par les suppositions de votre camarade… qui semblent tout-à-fait cohérentes, en effet. Mais il ne s'agit pour l'instant que de présomptions : une telle base peut servir à aiguiller l'enquête, mais celle-ci ne s'y résume pas. Nous allons désormais étudier plus en détail les indices et vérifier si cette brillante théorie correspond ou non à la réalité. »

Avisant que le nouveau venu était resté debout devant la porte, son sac à la main, depuis sa surprenante entrée, j'ajoutais « N'hésitez pas à prendre un siège, Victor, je pense que la suite vous intéressera également. »

Ce fut son tour de me regarder surpris. Je répondis à sa question avant qu'il ne l'ait formulée.

« Vous n'êtes pas le seul à savoir tirer parti des indices, mon cher. En l'occurrence, j'avais remarqué le nom de Victor Tollen dans la liste des étudiants inscrits à ce cours, et j'étais d'ailleurs curieux de poser les yeux sur vous. Voyez-vous, j'ai plusieurs fois rencontré votre père, et la filiation est évidente à qui observe vos deux visages. »

Il y eut quelques rires pendant qu'il s'installait, puis nous reprîmes le déroulement du cours.

Message 2, par golgoth

§ Posté le 29/09/2011 à 21h 25m 11

très sympathique :)


quelques légères lourdeurs me semble-t-il, mais j'aime bien

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