Boucle d'Or et les trois ours

Message 1, par Elzen

§ Posté le 25/12/2014 à 3h 20m 38

Il était une fois une petite fille aux cheveux blonds. Si blonds qu'on l'avait baptisée « Boucle d'Or ».


Un jour, en se promenant dans la forêt, Boucle d'Or tomba sur une drôle de petite maison qu'elle ne connaissait pas. Curieuse, elle s'approcha, poussa la porte, et pénétra à l'intérieur.

Dans l'entrée de la maison se trouvaient trois clous pour accrocher des manteaux, et trois casiers à souliers. Mais ni souliers dans les casiers, ni manteaux aux clous : les occupants des lieux n'étaient pas chez eux.


Boucle d'Or s'avança dans la maison, et trouva d'abord une grande table. Sur cette grande table, trois assiettes pleine de soupe étaient disposées, une grande, une moyenne et une petite. La jeune fille, qui, après sa longue promenade, avait faim, décida de goûter la soupe.

Dans la grande assiette, elle était si chaude que, ouille !, Boucle d'Or se brûla presque. Dans l'assiette moyenne, la soupe était moins chaude, mais, pouah !, elle était trop salée. La soupe de la petite assiette, en revanche, était juste comme il faut, et Boucle d'Or la mangea tout entière.


Elle continua ensuite de regarder autour d'elle, et découvrit trois fauteuils, eux aussi de tailles différentes. Comme elle avait beaucoup marché, elle décida de s'installer un moment dans l'un de ses fauteuils, pour se reposer. Elle essaya d'abord le premier, mais il était beaucoup trop grand : elle ne parvint pas à monter dessus.

Elle put se hisser sur le second fauteuil, mais elle ne s'y sentait pas vraiment bien non plus. Aussi essaya-t-elle le petit fauteuil. Il était juste à sa taille, mais, crac !, il ne résista pas et se brisa sous son poids.


Après s'être relevée et comme elle était toujours fatiguée, Boucle d'Or continua son chemin jusqu'à la chambre, où elle découvrit, là encore, trois lits. Elle décida donc de se reposer quelque peu.

Elle essaya d'abord le plus grand des trois lits, mais il était beaucoup trop dur : une vraie pierre. Cela revenait à dormir par terre. Elle essaya alors le moyen lit, mais celui-ci avait exactement le problème inverse : elle s'y enfonçait tellement qu'elle ne pouvait pas s'allonger correctement.

Elle se dirigea finalement vers le petit lit qui, lui, était juste comme il fallait. Boucle d'Or, une fois allongée, ne tarda pas à s'endormir.



Pendant ce temps, les occupants des lieux, qui étaient partis se promener en attendant que leur soupe refroidisse, revenaient vers leur maison. Ils y pénétrèrent et défirent leurs manteaux et leurs souliers : il s'agissait de trois ours, un grand, un moyen et un petit.


Les trois ours ne tardèrent pas à rejoindre leur table, pour manger finalement cette soupe. Mais…

« Quelqu'un a touché à ma soupe ! », fit le gros ours, de sa grosse voix.

« Quelqu'un a goûté à ma soupe ! », fit le moyen ours, de sa moyenne voix.

« Quelqu'un a tout mangé ma soupe ! », fit le petit ours, de sa petite voix.


Ils commencèrent alors à fouiller la maison, pour regarder ce que l'intrus venu déranger leur soupe avait bien pu toucher d'autre. Bientôt,

« Quelqu'un a déplacé mon fauteuil ! », fit le gros ours, de sa grosse voix.

« Quelqu'un s'est assis dans mon fauteuil ! », fit le moyen ours, de sa moyenne voix.

« Quelqu'un a cassé mon fauteuil ! », fit le petit ours, de sa petite voix.


Leurs pas se dirigèrent alors vers la chambre, qu'ils commencèrent chacun à examiner.

« Quelqu'un a grimpé sur mon lit ! », fit le gros ours, de sa grosse voix.

« Quelqu'un s'est allongé sur mon lit ! », fit le moyen ours, de sa moyenne voix.

« Quelqu'un est en train de dormir dans mon lit ! », fit le petit ours, de sa petite voix.


Les deux autres ours s'approchèrent donc du lit pour regarder qui était leur mystérieux visiteur. Boucle d'Or, réveillée par les voix, vit donc se pencher sur elle ces trois têtes d'ours… elle eût la peur de sa vie et prit aussitôt ses jambes à son cou, se promettant que, plus jamais, elle ne visiterait ainsi les demeures des gens pendant leur absence.



Librement adapté du conte de Robert Southey, lequel ne parle d'ailleurs pas d'une petite fille, mais une vieille et méchante femme. D'autres versions auraient, d'après Wikipédia, comporté un renard. Comme quoi, les contes populaires révèlent parfois des surprises…


Peut-être tâcherai-je un jour de me procurer l'œuvre de l'auteur initial, et de remanier ce texte-ci d'une manière qui me satisfasse davantage. Il y a plein de détails qui me chiffonnent, dans la version actuelle, mais je m'y suis pris à la dernière minute, et je n'ai pas le courage de faire mieux cette nuit. En attendant, donc, Joyeux Noël !

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