[Zelda] A link between worlds

Message 1, par Elzen

§ Posté le 22/08/2014 à 0h 56m 52

Allez, un de plus dans ma série d'articles sur Zelda qui compte déjà ces deux articles.


Encore grâce à mit qui m'a prêté, cette fois, non seulement le jeu, mais également la console(1), j'ai donc pu jouer à A link between worlds, le petit dernier.

Au cours de la première partie du jeu, et comme le nom le laissait présager, on a l'impression de faire face à une nouvelle version de l'histoire de A link to the past : la carte est à première vue très semblable, et Yuga semble, au premier abord, une version plus excentrique du sombre Aghanim.

Toutefois, le deuxième de ces deux mondes n'est pas une Terre d'Or pervertie, mais un second royaume, Lorule, reflet de celui d'Hyrule, et doté de sa propre princesse, Hilda, qui s'avère une importance cruciale là où Zelda tient malheureusement une fois encore le rôle de la demoiselle en détresse.


Si les cartes sont assez semblables, elles n'en présentent pas moins quelques différences notables, avec un palais supplémentaire apparu dans une zone qui était jusque là plutôt vide (cela est cependant “compensé” par une disparition, le nombre restant donc identique) ; ou encore le fait que la classique Montagne de la Mort devienne, à Lorule, couverte de neige, ce qui tranche avec les volcans rocailleux habituels.

Même en connaissant bien le jeu précédent, il y a donc de quoi redécouvrir ; d'autant que le jeu se voit enrichi, par rapport au précédent, de personnages supplémentaires, dont ceux devenus depuis les classiques de la série (Impa, nourrice de Zelda, et Igor, le fossoyeur).


Ce jeu est plus simple que son prédécesseur : la plupart des palais sont courts et sans trop de casse-têtes ; une jauge d'endurance, unique et se rechargeant lentement sans aide extérieure, dispense de devoir collecter bombes, flèches et magie ; et surtout, un système de « location » permet, assez tôt dans le jeu, de récupérer la plupart des objets qu'il fallait auparavant récolter de palais en palais ; quelques autres, comme les gants, étant simplement offerts dès qu'on sait où aller les chercher.

Pour autant, cela ne gâche pas autant la découverte que ce que j'aurais craint ; d'autant que, cette fois encore, le second niveau de bracelet de force, qui arrive pour sa part beaucoup plus tard dans le jeu (et bel et bien en fouillant un palais), trouve une vraie utilité.

La plupart des objets de cet opus sont des rééditions des précédents (baguettes de feu et de glace, boomerang (assez peu utile ici, notamment à cause des modifs que l'arc et lui subissent), et également la baguette des sables apparue dans Spirit Tracks). Toutefois, Link se voit également en cours de partie doté d'un tout nouveau pouvoir qui s'avérera bien vite indispensable…


Quoique le jeu soit, dans l'ensemble, assez chouette, j'aurais quelques petits regrets au niveau scénaristique ; mais ne lisez pas la suite de ce message si vous ne voulez pas de mauvaises surprises avant d'avoir fini ce jeu, pas plus d'ailleurs que Twilight Princess.


Car ces deux jeux et celui qui fut le troisième opus de la saga sont en effet trois versions différentes d'une même histoire(2)(3) : vaincu par le héros et banni d'Hyrule par les sept sages(4), Ganon est néanmoins toujours porteur du fragment de la Force ; et de sombres pouvoirs issus d'un autre monde s'infiltrent dans celui d'Hyrule pour tenter de reformer la Triforce et de s'en emparer.

À y regarder plus attentivement (car c'est contraire à la prime apparence), c'est plutôt Twilight Princess qui se rapproche le plus de A link to the past, puisque dans les deux cas, c'est Ganon lui-même qui tire les ficelles dans l'ombre en espérant revenir. La surprise venant, dans cet opus, du fait que ce « lien avec le passé » n'est révélé que tardivement.

Pas mal de joueurs avaient d'ailleurs été plutôt déçus, me semble-t-il, que le personnage de Xanto, impressionnant dans la première partie et très prometteur, ne s'avère finalement qu'un bouffon sans grande envergure une fois le véritable ennemi dévoilé.


Ici, c'est exactement la surprise et la déception inverses : c'est Ganon qui n'a aucune envergure et n'existe pour ainsi dire pas. À peine Yuga, après avoir collecté ses huit tableaux, lance-t-il le sort pour le ressusciter, qu'il est aussitôt absorbé, et ce que nous affrontons ensuite est un truc bizarre ayant l'apparence d'un Ganon légèrement « Yugaïsé », les pouvoirs de Ganon (ceux de Yuga ne sont presque plus utilisés) et la volonté de Yuga seul.

Triste fin pour ce monstre manipulateur qui était parvenu, dans l'opus d'origine, à renvoyer en Hyrule(5) un « alter-ego » ayant acquis la confiance du Roi avant de l'assassiner ; ou, dans l'autre variante de l'histoire, à manipuler complètement Xanto. On ne trouve d'ailleurs aucune trace des multiples serviteurs qui, dans la plupart des autres opus, tentent de le faire revenir à la vie.

Il aurait été, je pense, beaucoup plus intéressant de voir Ganon (tout de même porteur du fragment de la Force, ce qui n'est pas rien) résister à son équivalent(6) « lolien »(7) ; et cela aurait pu, pourquoi pas, donner lieu à un combat où Link et Ganon auraient eu à faire front commun(8) contre Yuga et Hilda, ou bien à un combat à trois où Link, Ganon et Yuga auraient combattu « chacun pour soi »…


Hilda, malgré son importance cruciale dans l'histoire et ses interactions utiles tout au long de la seconde partie, se révèle au final quelque peu décevante également : dans son assez impressionnante entrée en scène, elle semblait posséder, malgré son manque de Triforce, un pouvoir nettement supérieur à tout ce dont Zelda semble capable durant toute la saga ; mais elle reste pourtant sans bouger pendant la première phase du combat final, avant de se retrouver ensuite changée en tableau à son tour sans opposer la moindre résistance.

Si ses véritables objectifs et sa façon de les dissimuler sont plutôt bien rendus tout au long de l'aventure, son trop brusque revirement à la fin, après seulement quelques mots qui auraient pu lui être tenus bien plus tôt, et le fait que Link et Zelda se mettent aussitôt à lui faire autant confiance laissent également un petit arrière-goût de bâclé.

Par ailleurs, il y a quelques légères incohérences temporelles : elle raconte que la Triforce de Lorule a été détruite par ses ancêtres ; pourtant, pas mal d'autres dialogues (notamment ceux de la région du sanctuaire) laissent entendre que la déchéance de Lorule est plutôt récente…


Enfin, Lavio semble souffrir d'un léger dédoublement de personnalité : le personnage lâche, mais plutôt sage et aux nobles objectifs qu'il se révèle être finalement colle-t-il réellement avec cet être excentrique et avide de rubis qui ne quitte pas son sac pendant toute la scène finale ? D'ailleurs, ce sac mis à part, son comportement n'y a pas grand chose à voir avec celui du reste du jeu.

Si son objectif avait toujours été de trouver et d'encourager le héros d'Hyrule, pourquoi a-t-il loué sa baguette des sables à Asphar ? Celui-ci se prenait, certes, pour le héros avant de découvrir qu'il “n'”était “qu'”un sage, mais Lavio était censé être bien placé pour savoir ce qu'il en était…

D'ailleurs, tous ces objets, d'où sont-ils censés sortir ? Il était déjà curieux qu'un drôle de marchand ambulant dispose d'un tel stock ; mais que ce soit une version lâche de Link l'est encore plus.


Bref, il me semble que l'épisode aurait pu être encore plus réussi en profitant davantage des possibilités offertes par l'invention de Lorule, qui d'ailleurs semble bien, malgré leur ressemblance, totalement indépendant de celui d'Hyrule (je ne me souviens d'aucun cas où modifier quelque chose dans l'un ait un effet sur l'autre, au contraire de ce qui se passe dans les autres opus à deux mondes).

Le vœu final de Link et de Zelda est de recréer la Triforce de Lorule, comme il se doit. Certes, ça conclue à peu près efficacement l'affaire. Néanmoins, il aurait peut-être été plus intéressant de contribuer plutôt à la « reconstruire », par exemple en éveillant sept sages « loliens »(7) en même temps que l'on secourait les sages hyliens (la voleuse que l'on secoure au village aurait fait une bonne candidate), et en incitant le héros de ce monde à participer lui aussi à la quête(8).

Et puis, tiens, cela soulève une question : pourquoi est-ce toujours ce schéma pris dans ce sens ? Un méchant vient du monde des ténèbres, s'avère suffisamment puissant pour vaincre toute défense dans le monde de la lumière, à l'exception d'un héros qui, après quelques péripéties dans son propre monde, débarque dans l'autre pour y régler tous les problèmes…

Peut-être serait-il intéressant, un jour, d'incarner un Link issu du monde des ténèbres. Par exemple, son adversaire y serait initialement trop puissant pour être vaincu, mais présumerait de ses forces en tentant d'asservir également le monde de la lumière, ce qui permettrait au héros d'y chercher des alliés pour sauver son propre monde tout en protégeant l'autre. La même trame de fond, mais orientée bien différemment…


En tout cas, on peut reconnaître une chose à cette saga : que ce soit par ses côtés franchement réussis ou par ses côtés plus mitigés, elle stimule l'imagination. En plus de faire passer des moments assez sympas.


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