« Linux » : Les systèmes d'exploitation de type GNU/Linux

Message 1, par Elzen

§ Posté le 24/10/2008 à 13h 59m 00

Après avoir défini les principes du Logiciel Libre, Richard Stallman a voulu faire en sorte qu’il soit possible d’utiliser un ordinateur uniquement avec des logiciels Libres. Lui et son équipe ont donc entreprit la création d’un système d’exploitation entièrement libre. Ils ont donné à leurs travaux le nom de “projet GNU” (GNU étant un acronyme récursif signifiant “Gnu is Not Unix”, Unix étant le système d’exploitation qui était le plus utilisé à l’époque, et qui était en grande partie sous licence privative(1). Ce nom se pronnonce en anglais comme l’animal gnou, qui devint la mascotte du projet).


En 1991, le projet GNU était presque terminé. Il ne manquait en fait qu’un seul logiciel. L’ennui, c’est que ce logiciel était le plus important, celui sans lequel rien ne peut tourner : le noyau. Or, il se trouve que cette même année, un étudiant finlandais du nom de Linus Torvalds a créé pour son propre usage un début de noyau qu’il a eu la bonne idée de publier sous licence Libre(2). Rapidement, ce noyau est devenu fonctionnel, et compatible avec le projet GNU, avec lequel il était parfaitement complémentaire.

Jouant sur le prénom de son auteur et sur le nom du système Unix dont, comme le projet GNU, il s’inspirait, on a proposé pour ce noyau le nom de "Linux", et comme il s’agissait d’un Logiciel Libre, cela a rendu possible l’existence de systèmes d’exploitation entièrement Libres, constitués du noyau Linux et des logiciels du projet GNU. Ce sont ces systèmes qu’on appelle souvent, par raccourcis, “Linux”, même si le terme “GNU/Linux” (GNU sur Linux) serait plus adapté.


Comme il s’agit de Logiciels Libres, n’importe qui pouvait s’en servir pour créer autre chose, et la réunion du projet GNU et du noyau Linux n’a pas été faite par une équipe, mais par plusieurs. On a donc vu apparaître plusieurs systèmes d’exploitation différents basés sur les mêmes éléments. On les a baptisé distributions(3).

L’une des distributions les plus anciennes et les plus célèbres se nomme Debian. Elle a apporté énormément au monde GNU/Linux, en particulier l’invention du système de “paquets” : Un paquet, dans la terminologie de Debian, est un fichier d’archive, de taille variable, contenant soit un logiciel ou un morceau de logiciel, soit des éléments dont un logiciel a besoin pour fonctionner. les développeurs de Debian ont donc répartis les logiciels qu’ils avaient testés et qui fonctionnaient correctement sur leur système en paquets, puis les ont rendu disponibles sur leur site Internet.

Ce système présente un double avantage : d’une part, il y a une considérable économie de place, puisque si deux logiciels différents ont besoin des mêmes éléments, un gestionnaire de paquets centralisé leur permet de les partager, tandis que sur les systèmes dépourvus de gestion de paquets, il faut souvent installer la totalité des éléments nécessaires autant de fois que l’on installe de logiciels les utilisant. D’autre part, les logiciels présent dans “les dépôts” (la partie du site Internet contenant les paquets) ont tous été testés et l’équipe en charge du système nous donne donc sa garantie qu’il ne présentent pas de risques.

Des logiciels spécialisés appelés « gestionnaires de paquets » ont également été créés : ces logiciels proposent la liste de tous les paquets disponibles et permettent, par quelques opérations simples (quelques clics pour un gestionaire graphique) de sélectionner plusieurs logiciels, de les récupérer et de les installer (ou de les désinstaller en cas de besoin). Pas besoin, donc, de parcourir de nombreuses pages Internet à la recherche de nombreux installateurs séparés. Ce système ayant été, bien sûr, placé sous licence Libre, les autres distributions l’ont incorporé.


Une autre distribution connue que l’on peut mentionner se nomme Red Hat. Apparue plus tardivement que Debian, elle est l’une des premières à présenter la particularité de n’être pas gérée par une équipe de développeurs indépendants, mais par une entreprise. Car en effet, il est parfaitement possible pour une entreprise d’être économiquement viable en produisant uniquement du Logiciel Libre (Linus Torvalds est d’ailleurs actionnaire de Red Hat Entreprise, me semble-t-il).

Un peu plus récemment encore, plusieurs distributions sont apparues pour être dédiées au grand public, le monde GNU/Linux ayant la réputation (erronée) de n’être accessible qu’aux seuls informaticiens. On peut citer notamment Ubuntu(4), qui est considéré comme le système GNU/Linux le plus utilisé à ce jour.


Ces différents systèmes sont pour la plupart disponibles gratuitement sur Internet, il suffit de télécharger un iso de cdrom et de le graver, puis de suivre une procédure d’installation assez simple, et l’on dispose du système. Pour ceux qui souhaiteraient tester l’un de ces systèmes sans l’installer, il existe également des “Live CD”, permettant de démarrer l’ordinateur sur le système en question sans toucher au disque dur.

Bien sûr, si vous êtes habitués à l’utilisation de Windows ou de MacOS, les deux systèmes les plus utilisés actuellement(5) (tous deux étant sous licence privative), il ne faut pas vous attendre à retrouver exactement la même chose. Ce sont des systèmes différents, et donc, il y a des différences, et il faudra peut-être passer du temps à s’y habituer. Il faut également garder à l’esprit qu’aucun système n’est parfait. Bien que les différents GNU/Linux soient globalement très fiables, il est possible que celui que vous testerez ait quelques petits problèmes, cela arrive.

Mais si vous êtes conscients de ceci, vous pourrez vous sentir particulièrement à l’aise sur un système de type GNU/Linux. Car puisque ces systèmes sont Libres, cela signifie aussi que vous pourrez y faire ce que vous voulez. En particulier, vous pourrez choisir votre environnement graphique parmi plusieurs existants, tous hautement personnalisables, qui vous permettront d’avoir un système qui peut véritablement s’adapter à vos envies et besoins.

Bien sûr, ces systèmes n’ont pas le même type de fonctionnement que Windows, les logiciels ne sont donc pas forcément compatibles. Les jeux les plus récents, par exemple, seront pour la plupart à oublier. Cependant, il existe un logiciel en cours de développement permettant de faire tourner autant que possible des applications Windows sous un système de type GNU/Linux, avec plus ou moins de succès (le code source de Windows n’étant ni accessible, ni réutilisable, l’élaboration de ce logiciel se fait par tatonnement et n’est donc pas extrêmement rapide). Et si cela ne suffit pas, rien ne vous empêche d’avoir plusieurs systèmes d’exploitations différents installés sur votre machine, il suffira de choisir au démarrage celui que vous voulez lancer.

Et, si vous êtes déjà habitués à utiliser sous Windows des logiciels Libres tels que OpenOffice.org, Mozilla Firefox, VLC, The GIMP..., vous pourrez les retrouver sous un système GNU/Linux, car ils ont été pour la plupart soit traduits pour GNU/Linux, soit créés pour GNU/Linux puis traduit pour Windows.


Aborder ce sujet me tenait particulièrement à cœur en tant qu’enseignant, car, une partie de ce travail est d’apprendre à mes élèves à être capables de penser par eux-mêmes et d’avoir un esprit critique sur la société, et je crois que cela commence par ne pas se laisser entraîner dans la croyance selon laquelle l’utilisation de l’outil informatique dépendrait en grande partie du bon vouloir d’une société commerciale comme Microsoft.

Une dernière chose : si vous désirez essayer, les utilisateurs des différents GNU/Linux font généralement preuve d’un esprit communautaire appréciable : consultez les forums sur Internet (je vous conseille celui de la communauté francophone d’Ubuntu, l’un des plus fréquentés), parlez-en à ceux de vos connaissances qui ont fait l’expérience, vous en trouverez toujours plus d’un prêt à partager son expérience et à vous aider.


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