Le calendrier grégorien

Recueil de trucs sur le temps qui passe

Message 1, par Elzen

§ Posté le 11/11/2011 à 1h 00m 05

Avertissement :

ceci n'est pas un article au sens où je les fais habituellement, mais plutôt un groupement de détails d'importance très variable, donnés dans le désordre et qui n'ont pour seul point commun que d'être vaguement rattachés à ce calendrier ; et dont certains sont aussi agrémentés de quelques notes sans grand rapport avec le sujet. En clair, tout ça vous est livré autant en bazar que ça l'est dans ma tête. Vous êtes prévenus.


Le calendrier julien

Prédécesseur de notre calendrier (et qui est encore utilisé dans certaines régions, bien que la plupart des pays qui l'avaient conservé (parce que ne vivant pas sous l'influence des papes, voir plus bas) l'aient abandonné au cours du XXe siècle), il tire son nom de Jules César(1) qui en fit le calendrier officiel de la république(2) romaine.

Il ressemble en fait beaucoup au nôtre, la différence notable résident dans le fait que les années bissextiles arrivaient tous les quatre ans, sans exceptions, ce qui faisait, par rapport au soleil, approximativement trois jours en trop tous les quatre cent ans.


Les noms des mois

Janvier vient du nom de Janus, dieu romain des passages.

Février vient du nom de Februa, dieu étrusque de la mort.

Mars vient (évidemment) du nom de Mars, dieu romain de la guerre.

Avril vient du nom d'Aphrodite, déesse grecque de la beauté et de l'amour.

Mai vient du nom de Maïa, déesse grecque de la croissance.

Juin vient du nom de Junon, reine des dieux dans la mythologie romaine.

Juillet vient de Iulius, le nom de famille de Cæsar.

Août vient de August, le surnom d'Octave.

Septembre, Octobre, Novembre et Décembre ne sont initialement pas des noms, mais des numéros : sept, huit, neuf et dix, qui ne correspondent pas aux numéros actuels parce qu'à l'époque, l'année commençait en mars et finissait en février.

Notez d'ailleurs qu'avant d'être renommés en l'honneur des dirigeants romains, les mois de Juillet et d'Août s'appelaient plutôt Quintilius et Sextilius.


Le jour de l'an

À l'époque romaine, l'année commençait le premier mars, précédent un peu le printemps nouveau (l'équinoxe de printemps tombe aux alentours du vingt-et-un mars, voir tout en bas). Ce fut en 1622 que le pape Grégoire XV (un successeur de celui qui instaura le calendrier grégorien, voir ci-dessous) décida de faire en sorte que, dans tout le monde catholique de l'époque, l'année débute le premier janvier. Comme son prédécesseur dont je reparlerai un peu plus bas, il avait pour but de simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

Auparavant et depuis la chute de l'empire romain, le début de l'année pouvait varier dans le temps (par exemple en suivant une fête religieuse comme Pâques) et différer selon les régions, y compris au sein d'un même pays. Le premier janvier pour tout le monde, c'est plus simple, en effet (et on ne pouvait pas encore le savoir à l'époque, mais c'est le jour de mon anniversaire, en plus, ce qui ne gâche rien).


Le début de l'année dépend énormément du calendrier, aussi fête-t-on certains « jours de l'an » à une date qui paraît se déplacer dans notre calendrier. Le nouvel an Chinois, par exemple. Cependant, dans les calendriers qui, comme le nôtre, sont basés sur le cycle des saisons dans les régions tempérées, les dates sont à peu près fixe. Le Samhain, par exemple, début de la saison sombre dans la tradition celtique (dans laquelle l'année compte deux « saison », une sombre correspondant à l'automne et à l'hiver, puis une claire correspondant au printemps et à l'été), a lieu lors de notre premier novembre(3).

On note que le calendrier républicain (voir un peu plus bas) s'est sur ce point rapproché de la tradition celtique, puisqu'il plaçait le début de l'année au premier jour de Vendémiaire, soit au solstice d'automne.


Noël

Cette fête est censée symboliser, parmi les fêtes chrétiennes, un événement assez particulier, puisqu'il s'agit de la naissance de Jésus. Censée seulement, parce qu'il semble en fait que sa naissance ait été initialement célébrée en mars, mais que l'on ait ensuite décidé de déplacer la fête en décembre, histoire de prendre la place des fêtes « païennes(4) ».

Noël fut alors associée au personnage de Saint Nicolas (ou « Santa Claus »), dont la fête avait déjà été placée en décembre (le six, exactement) pour à peu près les mêmes raisons, et que l'imaginaire a chargé de distribuer des cadeaux dans son grand manteau bleu ou vert. Il fallu attendre une campagne de pub' de The Coca-Cola Company pour que lui soient définitivement associés(5) le grand manteau rouge et l'air jovial qui caractérisent aujourd'hui le Père Noël.


Puisqu'on va par là, je précise au passage que les événements célestes censés s'être déroulés au moment de naissance de Jésus (éclipse ou je ne sais plus trop quoi) n'ont pas eu lieu en l'an 1 du calendrier « chrétien ». Si l'on suppose que ces événements ont bien eu lieu lors de sa naissance, cela fait remonter celle-ci, astronomiquement parlant, aux alentours de l'année 28 avant lui-même, si je me souviens bien(6).


L'année civile, l'année tropique et l'année sidérale

On l'a évoqué plus tôt : un décalage peut se faire entre l'année civile et l'année solaire réelle (ou « année tropique »). Pourquoi donc ?

Parce que le temps que met la Terre à faire un tour complet du Soleil ne « tombe » pas sur un nombre de jours complets. Elle met en fait trois cent soixante cinq jours, cinq heures et un peu moins de quarante-neuf minutes pour revenir à la même position par rapport à lui. C'est à peu près un quart de jour par année, d'où la décision initiale de rajouter un jour de plus tous les quatre ans. Mais c'est en fait un peu moins qu'un quart de jour, ce qui fait qu'en rattrapant un jour tous les quatre ans, on se retrouve à rattraper du temps « en trop », d'où le passage au calendrier grégorien développé juste en dessous.


Comme le Soleil lui-même n'est pas fixe au centre de l'Univers, mais se déplace aussi au sein de notre galaxie, lorsque la Terre rattrape sa position par rapport au Soleil, elle ne rattrape pas tout-à-fait sa position par rapport aux étoiles. Ce qui fait que, de notre point de vue, le Soleil ne semble pas tout-à-fait à la même position par rapport au reste du ciel qu'il ne l'était exactement une année (tropique) avant.

La différence entre les deux est quand même assez faible : une année « sidérale » (par rapport aux étoiles, donc) dure trois cent soixante cinq jours, six heures et un peu plus de neuf minutes. Étant donné que notre étoile à nous nous importe beaucoup plus que toutes les autres réunies, les vingt minutes de décalage n'ont pas d'influence sur notre calendrier.


La décision du pape Grégoire XIII

Le calendrier julien ayant, comme on l'a vu, un décalage par rapport à l'année solaire d'approximativement trois jours tous les quatre cent ans, le pape Grégoire XIII, fervent astronome, remarqua au XVIe siècle que des problèmes allaient finir par survenir dans le rythme des fêtes religieuses, certaines d'entre elles étant par exemple fixées en fonction de la date, et d'autres de la saison.

Afin d'éviter ce problème, il décida tout d'abord de supprimer les jours acquis en trop depuis l'an I, ce qui fit, cette année de 1582, un « saut » de dix jours. Cela ne se produisit pas à la même date dans tous les pays, en raison du temps mis par les différents royaumes catholiques pour appliquer la décision du pape. Pour le Vatican, ce fut du quatre au quinze octobre ; en France, on passa du neuf au vingt décembre.

Ensuite, pour prévenir la répétition du problème, il instaura un nouveau calendrier, ce calendrier grégorien que nous utilisons actuellement. Puisque l'on gagnait trois jours de trop tous les quatre cent ans, il suffisait de supprimer trois années bissextiles sur cette même période, d'où la règle définie juste en dessous.


Bien sûr, tous les pays de l'époque n'étaient pas sous l'influence du pape (certains étaient même plutôt en opposition face à l'église catholique), et le calendrier julien fut conservé dans de nombreux pays. Lorsque ceux-ci décidèrent de passer au calendrier grégorien (aujourd'hui à peu près internationalement utilisé), il fallu leur supprimer quelques jours supplémentaire, histoire de rattraper le décalage supplémentaire acquis depuis 1582.


Année bissextile ?

Résumé des épisodes précédents : pour rattraper le retard pris sur le soleil, on ajoute un jour tous les quatre ans. Cependant, cela nous donne cette fois un peu d'avance : trois jours tous les quatre cent ans. Pour éviter de prendre cette avance, on choisit donc de ne pas ajouter trois des jours supplémentaires. Le plus simple était de choisir pour cela les années de fin de siècle… hormis le fait que ça ferait, pour quatre cent ans, quatre jours de moins. Il fallait donc en laisser un : on choisit celui des années multiples de quatre cent.


La règle pour savoir si l'année en cours est bissextile ou non est donc la suivante : une année est bissextile dans le cas où son numéro est multiple de quatre, mais pas multiple de cent, à moins qu'il ne soit aussi multiple de quatre cent. Est-ce que c'est à peu près clair ? ^^"

Par exemple, l'an 2000, multiple de 400, était bissextile, de même que les années 2004, 2008, 2012, etc., jusqu'à 2100 qui, multiple de cent mais pas de quatre cent, sera une année « normale ». 2200 également, de même que 2300, mais de nouveau, 2400 sera bissextile, et on recommencera pour quatre cent ans.

Si on n'a pas changé de calendrier d'ici-là, bien sûr.


Le numéro du jour

Il existe trois manières de numéroter un jour : dans le mois, comme on le fait usuellement, dans la semaine, et dans l'année. Le numéro du jour dans l'année est très facile à déduire, il suffit d'ajouter au numéro du jour dans le mois le nombre total de jours dans les mois précédemment écoulés. Attention aux années bissextiles pour les jours situés après février.

Pour le numéro du jour dans la semaine, il existe une formule mathématique, baptisée du nom de celui qui l'a découverte au XIXe siècle : la congruence de Zeller.

Si on note q le numéro du jour dans le mois, K le numéro de l'année dans le siècle (comprenez : 82 pour 1982 et 04 pour 2004), J le numéro du siècle (comprenez : 19 pour 1982 et 20 pour 2004), et si m est le numéro du mois dans l'année, à partir de 3 pour mars et en comptant janvier et février comme les mois numéros 13 et 14 de l'année précédente (désolé, j'n'y suis pour rien !), on obtient le numéro du jour dans l'année en réalisant la somme :

h = q + [13× (m +1) ÷5] + K + K÷4 + J÷4 - 2×J

Où h vaudra zéro pour samedi, un pour dimanche, deux pour lundi, et ainsi de suite.


Le numéro de la semaine

Il s'obtient tout simplement en comptant le nombre de semaines (c'est-à-dire le nombre de fois sept jours) écoulées depuis le début de l'année. Ou presque : comme le premier janvier ne tombe pas toujours un lundi, c'est un poil plus compliqué de s'y retrouver.

En fait, on compte le premier jour de l'année comme étant dans la première semaine si au moins quatre jours de la semaine dont il fait partie appartiennent à la nouvelle année. Dans le cas contraire, on considère qu'il fait partie de la dernière semaine de l'année précédente.

En clair, si le premier janvier tombe un lundi, c'est le début de la semaine 1. S'il tombe un mardi, mercredi ou jeudi, le début de la semaine 1 se fait le lundi précédent. S'il tombe un vendredi, un samedi ou un dimanche, le début de la semaine 1 se fait le lundi suivant.


Notez que l'année compte, au total, cinquante-deux(7) semaines.


Heures solaires, heures légales

L'heure qu'il est change en fonction de l'endroit où l'on se trouve sur la planète : comme le Soleil ne peut en éclairer qu'une partie à la fois, s'il fait jour d'un côté, il fait nuit de l'autre. Du coup, ça peut parfois être difficile de synchroniser les montres. On a donc décidé de fixer un unique temps « de référence », histoire de s'y retrouver un peu. Du coup, l'heure qu'il est n'importe où sur la planète peut être donnée en fonction de l'heure qu'il est dans ce temps de référence.

Cette heure de référence est celle qu'il est, d'après le Soleil, sur le méridien de Greenwich (une petite ville anglaise qui n'a, ce me semble, rien de spécial, à part le fait qu'on l'ait choisi comme point de repère universel). On dit ensuite qu'on se situe à GMT+1 pour dire que l'heure légale retarde d'une heure par rapport à celle de Greenwich, ou à GMT-2 pour dire qu'au contraire elle avance de deux heures (vous aurez reconnu un acronyme anglais : « GMT » signifie « Greenwich Mean Time »).

Attention : je dis bien l'heure légale, qui n'est pas nécessairement l'heure solaire. Nous autres, en France, par exemple, malgré notre changement d'heure, nous ne sommes jamais réglés sur l'heure solaire. La raison est la même que celle pour laquelle nous changeons d'heure, d'ailleurs : pour adapter l'ensoleillement à notre activité plutôt que d'adapter notre activité à l'ensoleillement (et ce, avec un succès, disons… mitigé).

Alors que notre heure légale être, à peu de choses près (quelques minutes, en fait, le méridien de Greenwich passant à proximité de celui de Paris, qui aurait sans doute été utilisé comme référence si des dirigeants français avaient eu à se prononcer, car pour nombre de dirigeants français, la France se limite presque à Paris…) le GMT, nous nous retrouvons donc à GMT+1(8) en hiver, et à GMT+2 en été.


Oh : en fait, on utilise maintenant plutôt l'UTC (ou Temps Universel Coordonné) à la place du GMT. Mais en fait, les deux sont à la même heure, l'UTC est « seulement » calculé super-rigoureusement en laboratoire. Et puis ça en jette plus de parler de « temps universel » que de « heure de Greenwich », même si ça ne donne que l'heure qu'il est au Soleil à Greenwich.


Les mois lunaires

Si la Terre tourne autour du Soleil, la Lune tourne autour de la Terre. Et cela peut servir à marquer le temps qui passe également. Il existe ainsi plusieurs calendriers basés sur les phases de la Lune, principalement utilisés dans les régions du monde où les saisons sont assez peu marquées : les régions tropicales et équatoriales où il fait de tout façon chaud toute l'année.

Il existe également des calendriers luni-solaires, tentant de concilier les deux. Ce qui n'est pas évident, car la durée des lunaisons ne correspond pas franchement à quelque chose d'applicable à l'année solaire. En effet, la lune met vingt-huit jours à revenir dans la même position par rapport à la Terre. Mais cela ne suffit pas, car la phase de la Lune (ce à quoi on se repère) dépend également de la position par rapport au Soleil, car c'est la lumière du Soleil qui nous permet d'observer la Lune. Comme la Terre a bougé entre temps, il faut encore un jour et demi pour que la Lune nous redonne l'aspect qu'elle avait précédemment.

Et bien sûr, quand on additionne des phases de 29,5 jours, on ne retombe pas pile sur 365(,5) : 12×29,5 font 354 et 13×29,5 font 383,5…

C'est la raison pour laquelle nos mois font 28 à 31 jours, et ne suivent donc pas la durée des lunaisons. C'est aussi la raison pour laquelle les événements dépendant de mois réellement lunaires, comme le ramadan ou le nouvel an chinois, ne surviennent pas toujours au même moment de notre calendrier.


Autres mouvements célestes

D'autres planètes tournent également autour de notre Soleil. Sept, pour être exact : Mercure et Vénus, qui sont plus proches de lui que nous, et Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune qui sont plus lointaines. Il y a aussi un certain nombre d'autres corps célestes, mais voyez plutôt par là pour ça.

Comme elles tournent autour de nous chacune à sa vitesse particulière, notre position par rapport à elles change tout le temps. Plus une planète est proche du Soleil, plus elle tourne vite. Les deux premières n'arrêtent ainsi pas de nous « doubler », et nous n'arrêtons pas de « doubler » les suivantes. Vue de la Terre, Mars semble donc « reculer » au moment où nous la rattrapons.

C'est à cause de ces mouvements bizarres qu'on a fini par supposer, il y a un peu plus de quatre cent ans(9), que c'était la Terre qui tournait autour du Soleil et pas l'inverse.


Notez aussi que la position des étoiles par rapport à la Terre change elle-même au cours du temps, notamment en raison d'un phénomène appelé « précessions des équinoxes ». Et certaines étoiles, qui sont situées dans le plan autour duquel nous évoluons autour du Soleil, indiquent aussi où nous nous trouvons dans l'année, l'espace et le temps étant intimement liés. Sauf, bien sûr, quand on continue de parler du temps d'aujourd'hui en utilisant un calendrier périmé depuis des centaines d'années, mais j'ai déjà évoqué tout ça dans un autre article.


L'écriture de la date, au format court

Nous autres francophones, nos écrivons usuellement la date en mettant le numéro du jour dans le mois, le numéro du mois, et les deux derniers chiffres du numéro de l'année, séparés par des barres obliges (« slash » en jargon informatique). Quand on veut faire « propre », on rajoute un zéro devant le numéro du jour et/ou le numéro du mois si celui-ci est inférieur à 10, pour que ça fasse toujours deux chiffres, et on met l'année complète, à quatre chiffre.

Les anglophones font un peu comme nous, mais ils utilisent plus souvent des tirets que des barres obliques, et surtout, ils mettent le numéro du mois en premier, et celui du jour en second. Parfois même, ils prennent l'ordre entièrement inverse du nôtre : d'abord l'année, ensuite le mois, et le jour en dernier. Cette dernière manière d'écrire présente l'avantage de faire correspondre l'ordre alphabétique(10) à l'ordre chronologique, donc pour des noms de fichiers, par exemple, ça peut être plus pratique.


Les timestamps et le format standard de date

En informatique, on utilise fréquemment, pour représenter les dates, un timestamp, c'est-à-dire un nombre. Dans le monde Unix (et plus généralement, dans la norme POSIX(11), qui est aussi utilisée par des systèmes non-Unix), ce nombre représente le total de secondes écoulées depuis le premier janvier 1970 à minuit, qui est considéré comme le début de l'« ère Unix(12) ».


Partout où un timestamp n'est pas nécessairement le plus parlant à utiliser (du genre, quand il s'agit de préciser en plus sur quel fuseau horaire on se place, information qui n'est pas précisée dans un simple entier), il existe un format standard (défini par la RFC 822) pour indiquer les dates. Par exemple, sur un flux RSS, c'est ce format que l'on utilise. Par exemple, à l'heure où je termine cet article, la date, selon ce format standard, s'écrit « Fri, 11 Nov 2011 00:59:21 +0100 »

Bien sûr, ces deux représentations donnent plus de précisions que le simple numéro du jour, puisqu'ils fournissent aussi l'heure, la minute et la seconde (et parfois même plus précis, si on utilise un nombre à virgule). Quand on ne s'intéresse qu'au jour, en général, on indique minuit.


Le faux bug de l'an 2000 et le vrai bug de l'an 2038

Le fameux « bug » dont on a parlé un peu avant l'an 2000, vous vous en souvenez peut-être, n'a finalement pas provoqué la fin du monde. Et pour cause : en fait, il ne correspondait, informatiquement parlant, à rien du tout. L'idée était que si l'on représentait les années sur deux chiffres, on allait finir par « revenir en arrière » (98, 99, 00). Sauf que si cette représentation est humainement « parlante », elle ne représente absolument pas la réalité informatique, où l'année n'est pas stockée seulement sur deux chiffres, et surtout n'est pas stockée en base dix, mais en binaire(13).


En revanche, un vrai problème de ce genre risque de survenir en l'an 2038. Plus précisément, le 19 janvier, et encore plus précisément, à trois heures, quatorze minutes et sept secondes. C'est en effet à cette date que le timestamp évoqué plus haut sera « rempli » : entièrement constitué de 1(14), il occupera tout l'espace qui lui est habituellement fourni. Du coup, une seconde plus tard, la taille débordera, et ça risque de poser des problèmes.

Pas de panique, cependant : nous sommes actuellement déjà en train de migrer des ordinateurs « 32 bits » aux ordinateurs « 64 bits ». C'est une caractéristique du processeur qui, concrètement, fait que la taille réservée sera automatiquement plus importante, rallongeant le délai avant un nouveau « bug » de ce genre de quelques milliards d'années.

D'ici 2038, les processeurs 64 bits se seront probablement suffisamment imposés pour que ce problème ne nous concerne plus(15).


Le calendrier républicain

Après la révolution française, on tenta de mettre en place un calendrier « républicain », dont l'an I correspondait à l'année suivant la mise en place de la République. Ce calendrier se voulait universel, mais était pourtant intimement lié au cycle des saisons tel que ressenti en France métropolitaine (qui était, je le rappelle, la seule France de l'époque, l'empire colonial étant arrivé bien plus tard).

Voulant s'affranchir des traditions chrétiennes qui marquaient le calendrier grégorien, celui-ci redécoupe les mois non plus en semaines, mais en décades. Le premier jour de l'année tombait au moment de l'équinoxe d'automne, et les mois suivaient donc les saisons. Ces mois s'appelaient Vendémiaire, Brumaire, Frimaire, Nivose, Pluviose, Ventose, Germinal, Floréal, Prairial, Messidor, Thermidor et Fructidor. Des jours supplémentaires, qui ne faisaient partie d'aucun mois, étaient ensuite ajoutés pour conserver la correspondance avec l'année tropique.

En remplacement des noms de saints, chaque jour de l'année portait le nom d'un fruit, d'une fleur ou d'un animal.


Ce calendrier fut abrogé par Napoléon le 22 fructidor an XIII.


Les limites des saisons

Les deux solstices et les deux équinoxes correspondent à une position précise de la Terre sur son orbite autour du Soleil. Ils correspondent donc également à un moment précis de l'année tropique, puisque l'espace et le temps vont de paire. Mais comme l'année civile varie quelque peu par rapport à l'année tropique (on fonctionne par décalage-rattrapage), leur position dans notre calendrier varie quelque peu selon les années. Ils surviennent donc entre le vingtième et le vingt-troisième jour de leur mois.

Aux équinoxes, les jours et les nuits durent très exactement la moitié du jour chacun. Aux solstices, ils atteignent leurs positions extrêmes : l'un des deux, soit le jour, soit la nuit, dure sa durée maximale, et l'autre sa durée minimale. Entre les deux, ça varie : la durée des jours diminue entre le solstice d'été et celui d'hiver, puis augmente entre le solstice d'hiver et celui d'été.

Bien sûr, la saison change selon l'hémisphère de la planète où nous nous trouvons. Dans l'hémisphère nord, l'équinoxe de printemps arrive en mars et celui d'automne en septembre. De l'autre côté, c'est l'inverse. Traditionnellement, nous considérons que la saison commence lors de son équinoxe ou de son solstice (et donc, contrairement à ce que l'on entend fréquemment, début septembre, c'est l'été)

Je ne sais pas si ça a déjà été envisagé, mais il me semblerait tout aussi normal, un peu plus parlant au niveau de la durée de l'ensoleillement, et relativement compatible avec le climat, de considérer plutôt que ces dates arrivent aux milieu de leurs saisons. Mais bon, de toute façon, ce ne sont que des points de repères.


Message 2, par grim7reaper

§ Posté le 11/11/2011 à 13h 21m 31

Article intéressant, d’autant plus que, comme tu l’auras peut-être remarqué sur le Topic des Codeurs, j’implémente actuellement (enfin quand j’ai le temps) divers calendrier en Haskell et le prochain sur ma liste c’est justement le grégorien ^^.



Citation (Elzen)

Notez d'ailleurs qu'avant d'être renommés en l'honneur des dirigeants romains, les deux mois précédents s'appelaient Quintilius et Sextilius.

Si j’ai bien suivi, les deux mois précédents dont tu parles sont mars et février. Tu dis donc qu’ils s’appelaient Quintilius et Sextilius avant d’être renommés en l’honneur des dirigeants romains. Or, je ne pense pas que Mars et Februa soit des dirigeants romains.

Donc soit j’ai raté une marche, soit la phrase contient une coquille.


Citation (Elzen)

de nouveau pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

Le « de nouveau » fait bizarre ici, car je ne crois pas que tu aies parlé avant d’action destinée à simplifier le calendrier des fêtes religieuses (ou si c’est le cas, ce but n’était pas explicité).


Citation (Elzen)

une année est bissextile si son numéro est multiple de quatre, sauf s'il est également multiple de cent, à moins qu'il ne soit également multiple de quatre cent. C'est clair ? ^^

Pas trop (en tout cas pour moi ^^), j’aurais plutôt dit quelque chose comme ça :

Citation (/me)

une année est bissextile si son numéro est multiple de 400 ou s'il est multiple de 4 mais pas de 100


Pour la partie sur les timestamp, tu aurais pu mentionner la notion d’epoch. Tu y fais bien référence, mais tu mentionnes pas le mot. D’ailleurs, ce concept d’epoch est aussi présent dans les calendriers (car, contrairement à ce que peut faire croire la Wikipédia francophone, ça ne se limite pas aux systèmes d’exploitation).


Citation (Elzen)

D'ici 2038, les processeurs 64 bits se seront probablement suffisamment imposés pour que ce problème ne nous concerne plus.

Nous, possesseurs de machines de bureau ou de serveurs, oui.

Par contre, je ne suis pas sûr que l’on ne soit pas concerné quand même. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’informatique embarquée et que, à l’heure d’aujourd’hui (heure du 32 et 64 bit), on y trouve encore pas mal d’archi’ sur 16 voire 8 bit. Donc ça m’étonnerait que le 32 bit disparaisse si vite.


Citation (Elzen)

Des jours supplémentaires, qui ne faisaient partie d'aucun mois, étaient ensuite ajoutés pour conserver la correspondance avec l'année tropique.

C’est ce que l’on appelle des jours épagomènes (juste pour la culture, j’ai découvert ce mots en implémentant le calendrier egyptien).

Message 3, par Elzen

§ Posté le 12/11/2011 à 0h 26m 04

Citation (grim7reaper)

Article intéressant, d’autant plus que, comme tu l’auras peut-être remarqué sur le Topic des Codeurs, j’implémente actuellement (enfin quand j’ai le temps) divers calendrier en Haskell et le prochain sur ma liste c’est justement le grégorien ^^.

Bon, alors ça a servi à quelque chose, au moins :D

Citation (grim7reaper)

Si j’ai bien suivi, les deux mois précédents dont tu parles sont mars et février. Tu dis donc qu’ils s’appelaient Quintilius et Sextilius avant d’être renommés en l’honneur des dirigeants romains. Or, je ne pense pas que Mars et Februa soit des dirigeants romains.

Donc soit j’ai raté une marche, soit la phrase contient une coquille.

Précédents par ordre chronologique, donc juillet et août. Ç'vrai que j'aurais pu être plus précis, je tâcherai de remanier ça.

Citation (grim7reaper)

Le « de nouveau » fait bizarre ici, car je ne crois pas que tu aies parlé avant d’action destinée à simplifier le calendrier des fêtes religieuses (ou si c’est le cas, ce but n’était pas explicité).

Ouaip, j'disais ça par ordre chronologique, mais en fait, l'épisode d'avant et relaté après. J'vais tenter de réordonner (comme je l'ai dit, c'est aussi en bazar que dans ma tête).

Citation (grim7reaper)

Pas trop (en tout cas pour moi ^^), j’aurais plutôt dit quelque chose comme ça :

Ça se en effet, mais je trouvais plus logique de commencer par le cas « simple », puis l'exception, puis l'exception de l'exception.

Citation (grim7reaper)

Pour la partie sur les timestamp, tu aurais pu mentionner la notion d’epoch. Tu y fais bien référence, mais tu mentionnes pas le mot. D’ailleurs, ce concept d’epoch est aussi présent dans les calendriers (car, contrairement à ce que peut faire croire la Wikipédia francophone, ça ne se limite pas aux systèmes d’exploitation).

Ouaip, je comptais le faire au début, et puis j'ai refait ce bout-là en trois ou quatre fois, et du coup j'ai oublié.

Bon, 'suis un peu fatigué et occupé pour cause d'UP, mais je tâcherai de faire des modifs pour prendre en compte tes remarques dans la semaine prochaine. Et j'en profiterai aussi pour déplacer ça dans discussions plutôt que dans conférences, j'me suis planté en postant (Ça va poser problème pour le flux RSS, que je modifie le lien d'une entrée a posteriori ?)

Citation (grim7reaper)

Nous, possesseurs de machines de bureau ou de serveurs, oui.


Par contre, je ne suis pas sûr que l’on ne soit pas concerné quand même. Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’informatique embarquée et que, à l’heure d’aujourd’hui (heure du 32 et 64 bit), on y trouve encore pas mal d’archi’ sur 16 voire 8 bit. Donc ça m’étonnerait que le 32 bit disparaisse si vite.

Y en a encore ? :o Lesquelles ?

Bah je doute que la plupart des machines actuelles, y compris dans l'embarqué, tiennent encore en 2038, plus de vingt-cinq ans de longévité, ç'n'est quand même pas l'objectif de construction, je pense. Mais c'est sûr que s'ils ne se décident pas à y passer plus ou moins rapidement, ça finira par poser problème…

Citation (grim7reaper)

C’est ce que l’on appelle des jours épagomènes (juste pour la culture, j’ai découvert ce mots en implémentant le calendrier egyptien).

Je l'ignorais. Donc merci pour l'instant culture ^^

Message 4, par grim7reaper

§ Posté le 12/11/2011 à 19h 53m 40

Citation (Elzen)

plus logique de commencer par le cas « simple », puis l'exception, puis l'exception de l'exception.

Plus logique, oui. Après, plus clair ce n’est pas sûr (peut-être que formulé autrement…)


Citation (Elzen)

(Ça va poser problème pour le flux RSS, que je modifie le lien d'une entrée a posteriori ?)

Je ne sais pas, je ne l’ai jamais fait.


Citation (Elzen)

Y en a encore ? :o Lesquelles ?

Du 16 bits oui, du 8 bit ça doit quand même pas courir les rues.

Après c’est pas forcément problèmatique, si les traitements qu’ils font ne nécessite pas de timestamp.

Message 5, par Elzen

§ Posté le 15/11/2011 à 1h 42m 43

Voilà, c'est rectifié en tenant compte de tes remarques (j'en ai profité pour corriger pas mal de coquilles)

Message 6, par grim7reaper

Juste pour dire qu’il n’y a pas eu de problèmes dû au déplacement du sujet : le flux RSS a été réémis avec les bonnes URL.



Tu as retiré des coquilles, mais tu en as inséré d’autres ^^

Citation (Elzen)

il avait pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

Je crois qu’il manque le mot « but ».

Message 7, par Elzen

§ Posté le 15/11/2011 à 11h 02m 56

J'ai un nombre de coquilles absolument effarant, actuellement ^^" Corrigé, merci.

Message 8, par Mezaudren

§ Posté le 19/07/2013 à 14h 45m 48

Pour illustrer le début de cet article, rappelons que la date du 23 avril 1616 est gravée sur les pierres tombales de deux des plus célèbres écrivains du monde occidental : William Shakespeare et Miguel de Cervantès. Il s'agit, sans contestation possible, de la date de décès des deux illustres auteurs. Pourtant, il est tout aussi certain que Cervantès est décédé 11 jour après Shakespeare. Erreur de transcription, coquille, approximation hasardeuse ? Aucunement .......

Explication (en latin dans le texte) "Cujus regio, ejus religio". Cette maxime permit la signature de la Paix d'Augsbourg en 1552, entre luthériens et catholiques. En fait elle fut prononcée bien plus tard.

Johannes Kepler préféra lui la formule "Plutôt avoir tort avec le soleil que raison avec le Pape"

Message 9, par Elzen

§ Posté le 19/07/2013 à 15h 06m 23

Anecdote intéressante 😊


Cependant, d'après Wikipédia, le 23 avril est la date de l'enterrement de Cervantès, et non pas de sa mort.

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